₪ atelier de création ₪
AccueilAccueil  PortailPortail  FAQFAQ  RechercherRechercher  S’enregistrerS’enregistrer  ConnexionConnexion  
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet
 

Loin des faiblesses, plus près des hurlements [Libre]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : Précédente  1, 2, 3, 4  Suivante
AuteurMessage
Malak Rochaël
Chef des Égorgeurs Sombres
Chef des Égorgeurs Sombres


Sexe:Masculin
Age : 19
Inscrit le : 02 Nov 2007
Messages : 88
Âge du personnage : 35 ans
Fonction : Chef des Egorgeurs Sombres
Né à : Oui

MessageSujet: Re: Loin des faiblesses, plus près des hurlements [Libre]   Lun 5 Nov - 18:39

"Te combattre ? Dit-il avec une légère exclamation. Je suis peut être audacieux, mais pas pour autant suicidaire. Nous entretuer n’arrangerait pas nos affaires si celles d’Hanka. Les successions sont toujours … délicates. "

Pour une fois, Malak pouvait parler en connaissance de cause. Il ne se souvenait pas qu’une seule fois un passage de pouvoir entre deux mains se soit passé dans un calme et une légitimité presque banale. Hanka était trop indomptable, imprévisible, et tellement primitive pour cela. S’imposer dans un tel endroit, c’est avant tout faire face aux personnes capables de défier son propre fort. L’on trouve toujours plus fier, plus fort, plus froid que soi, l’important est seulement de toujours démonter sa valeur comme supérieure, même si elle demeure bel et bien factice. Toute vie n’était bâtie que par l’illusion, pour Malak, il ne faisait pas exception non plus. Son pouvoir n’était qu’artifice, tout comme sa grandeur, sa cruauté, et autre. En réalité, Malak, comme Diane, était une sorte de divinité à lui seul. Tout simplement parce que l’on croyait en lui et en ce qu’il était, suivant ce qu’il avait affirmé ou fait auparavant. Terrible récurrence.

"Certainement, répondit-il. Les grands de ce monde savent de quoi est fait leur force. Je ne sais pas qui tu es, mais toi, tu en sais bien plus sur moi que tu ne peux encore le voir. Malak Rochaël se résume à sa vanité et à sa cruauté. Au-delà, toi et moi savons qu’il s’agit bien d’autre chose. Tu en sais déjà trop, murmura-t-il en conclusion."

Un élan de sincérité, sans aucun doute. Autant il pouvait essayer d’en apprendre sur elle, autant il se dévoilait par la même occasion. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’ils avaient plus de points communs que l’un ou l’autre ne pouvait le savoir, ou même le comprendre. Quand Diane était froide et distante, Malak était suffisant et cruel. Toutes les aspirations du chef des Egorgeurs Sombres n’étaient ainsi pas dénuées de sens, dans leur totalité. S’il désirait Diane, c’était bien pour ce sujet de complémentarité, et d’inaccessibilité. Pour quoi d’autre ? Si elle n’était pas si différente, décalée, puissante, et tellement similaire la désirerait-il autant ? L’homme a toujours désiré ce qu’il ne pouvait obtenir, Malak avait pourtant toujours obtenu ce qu’il avait désiré. Diane sonnait peut être la fin de ses victoires. Probablement même.

"Si nous sommes si semblables, reprit-il paisiblement, pourquoi ressens-tu le besoin d’être si détachée ? "

Malak s’était habitué à la proximité qu’il entretenait avec Diane, néanmoins, il avait tendances à reculer, dans un mouvement à peine perceptible. Il se savait conduit et ainsi égaré par son désir pour elle, si bien qu’il tenait cette conversation avec difficultés, entre lucidité et envie. Il avait fini par gagner un peu de distance de retrait,
Revenir en haut Aller en bas
Diane Sanchez
Briseuse d'Âmes
Briseuse d'Âmes


Sexe:Féminin
Age : 21
Inscrit le : 03 Juil 2007
Messages : 415
Âge du personnage : 33 ans
Fonction : Maitresse des Briseurs d'âmes/Membre du Conseil Noir
Né à : New-York

MessageSujet: Re: Loin des faiblesses, plus près des hurlements [Libre]   Lun 5 Nov - 19:05

"C'est vrai, les successions, tu en sais certainement plus que moi à ce sujet, chez nous, il suffit de rester là pour égorger celui qui ne nous inspire pas assez de respect. "

N'étaient-ils donc que des images l'un et l'autre que les hommes aimaient à se forger et dont ils s'emprisonnaient alors pour s'y perdre. C'était une sorte de néant où plus rien ne semblait évident mis à part le fait d'espérer parvenir à saisir une main pour vous en échapper l'espace de quelques secondes, et c'était bien ce qui se passait alors, par ses élans, elle se sentait peut-être juste elle et n'avait nul besoin de se cacher sous des responsabilités et obligations qu'ils partageaient l'un et l'autre. Elle qui imaginait à son arrivée un cruel moment ou une simple joute verbale sans réel intérêt, elle avait fait fausse route et se voyait affaiblie certainement par ses questions.
Mais qu'importe, en cet instant, peut-être se faisait-elle plus forte qu'elle n'avait voulu le penser auparavant, bien sur elle cacherait cette femme face à tous, mais pas en cet instant où seul les cadavres pouvaient observer et entendre leurs paroles, superbe cadre d'ailleurs pour ce genre de révélations.


"Je doute en savoir trop, et je ne doute pourtant pas que tu connaisses bien des choses sur ce que je suis que je ne veux soupçonner."


Etait-ce sa façon de le rassurer? Que lui arrivait-elle donc? Elle avait cette sensation d'être peut-être douce et hésitait entre détester cette sensation ou chercher à la connaitre un peu plus. Mais y était-elle réellement dans ce panel d'émotions? N'était-ce pas un peu de lucidité que de savoir que celui qui la déboussolait tant depuis maintenant plus d'une bonne heure en savait plus sur elle qu'elle ne se l'avouait? Et pourquoi lui dire qu'elle en savait tant à son propos? Après tout, elle n'avait guère eu le temps d'être vraiment lucide mais commençait à voir en lui un homme différent, une partie d'un gosse, d'un adulte peut-être trop blasé, bref, des fragments apparaissant à chaque instant sous ses yeux.
C'était comme observer un prisme et découvrir enfin la façon de décrypter les mots luisants sur lui. Décoder, voilà ce qu'elle tentait en chaque instant et qu'elle parvenait mieux à faire. Il y avait là comme un besoin impérieux de tout connaitre.

"Détachée? Je n'ai pourtant jamais été aussi proche quand tu te replis, que me reproches-tu donc encore?"

Il était difficile de comprendre pour une novice, puisqu'elle l'était bien, une femme découvrant doucement la nature humaine, de comprendre en quoi elle était si détachée quand pour une fois elle laissait chaque chose s'exprimer en elle et prendre doucement son corps et sa voix. Certes, elle conservait doucement cette fierté impérieuse, mais celle-ci semblait faire bel et bien partie d'elle, on ne retire pas sa prestance à un corps trop noble, même lacéré, torturé, blessé ou en plein changement.
_________________
Revenir en haut Aller en bas
Malak Rochaël
Chef des Égorgeurs Sombres
Chef des Égorgeurs Sombres


Sexe:Masculin
Age : 19
Inscrit le : 02 Nov 2007
Messages : 88
Âge du personnage : 35 ans
Fonction : Chef des Egorgeurs Sombres
Né à : Oui

MessageSujet: Re: Loin des faiblesses, plus près des hurlements [Libre]   Lun 5 Nov - 19:39

"Les successions … Doux massacres, vertueuses abominations, délectables souffrances, et quête d’une vie stupidement assouvie. Tu ne sais pas la chance que ta naissance t’a offerte, souffla-t-il plus pour lui que pour elle."

On pouvait dire ce que l’on voulait de lui, de son accession au pouvoir, de tout ce qu’il était, et de tout ce faisait sa vie, Malak avait toujours cette amertume dans le fond de son cœur, cette même amertume qui ne cessait jamais de parcourir le sang souillé de ses veines, le consumant de l’intérieur. Peu de personnes pouvaient savoir ce qu’il vivait, encore moins pourrait le comprendre, mais le fait était là : Malak était né pour un but, il n’était que l’instrument d’une vengeance, et une fois celle-ci assouvie, il fallait prendre conscience qu’il n’était qu’une pure désutilité. Jay Rochaël avait fait le pire affront que l’on pouvait concevoir, et avait accablé son fils de la pire des malédictions : Malak ne pouvait pas exister par lui-même. Cruel destin, et même s’il s’évertuait à garder un peu de dignité et de pouvoir, même s’il occultait devant les autres cette faiblesse, il était parfaitement incapable de se jouer de lui-même. Pourquoi ne faisait-il que profiter de la vie ? Tout simplement parce qu’il rattrapait toutes les années qu’on lui avait lâchement volé, et que bien qu’il s’applique de tout son être, il sait qu’il n’y parviendra jamais réellement. Malak taisait depuis toujours sa rancœur, mais elle n’en était pas moins absente.

Il laissa échapper un léger soupir, dans l’espoir que son tourment s’envole avec lui. Vain espoir, il en était tellement conscient. Il se concentra sur le propre de leur conversation, faisant du mieux qu’il le pouvait pour être détaché à son tour. Il sentait Diane plus disposée à écouter, à comprendre et apprendre. Elle avait sans doute autant à apprendre de lui, qu’il en avait à apprendre d’elle. Le souci était bien que Malak tendait à voir le côté parfaitement bénéfique de cet entretien, quand il la pensait complètement opposée à une telle chose. Il en arrivait à éprouver un certain malaise au fond. Pourquoi demeurer près d’une femme qui semblait néanmoins s’ouvrir à lui mais qui campait sur de solides positions qu’il voyait comme erronées ? Diane pourrait presque être son anti-thèse, alors pourquoi Diable était-il encore là ? La fascination, sans doute, ce désir également ardent et insatiable, et ce petit quelque chose qu’il ne discernait pas encore.

"Je soupçonne ma connaissance à ton sujet sur les points que je crois similaires entre nous, reprit-il. Nous ne sommes guère différents, et pourtant, il existe un fossé entre nos deux mondes. L’ennui … c’est que je ne suis pas prêt à le franchir pour toi, et réciproquement."

Un autre ennui, Malak disait bien trop ce qu’il pensait. Il avait beau se vouloir aussi détacher et distant que possible, il se laissait sottement entraîner dans le fil des évènements et de leurs échanges. Il avait beau penser et dire ce qu’il voulait, rien ne semblait pouvoir l’arrêter. Il avait besoin de franchise. Comme quoi, il pouvait être l’essence du vice, de la débauche et de la perversion de tout genre et de tout temps, il en était pas moins quelqu’un de relativement sincère. Une qualité ? Foutaise ! Il n’en était pas à ce genre de choses.

"Il ne s’agit pas de reproches, je suis conscient du privilège que tu me fais, dont j’ignore la raison d’ailleurs, mais …"

L’on pouvait appeler cela comme l’on voulait, audace, suicide, profonde connerie tout simplement, ou même hardiesse, mais Malak se convint seul qu’il ne s’agissait rien de plus que la conclusion de sa lutte personnelle entre désir et raison, envie et indécision. Il osa un instant porter sa main au visage de Diane, effleurant à peine sa joue du bout des doigts. Le simple fait de sentir le contact de sa peau le laissa dans un frisson qu’il ne comprit pas. Il gardait son regard planter dans celui de cette femme d’envergure, mais il se sentit plus vulnérable que jamais. Son audace laissa doucement sa main redescendre le long de sa joue …

"Je ne te sens pas du même monde."
Revenir en haut Aller en bas
Diane Sanchez
Briseuse d'Âmes
Briseuse d'Âmes


Sexe:Féminin
Age : 21
Inscrit le : 03 Juil 2007
Messages : 415
Âge du personnage : 33 ans
Fonction : Maitresse des Briseurs d'âmes/Membre du Conseil Noir
Né à : New-York

MessageSujet: Re: Loin des faiblesses, plus près des hurlements [Libre]   Lun 5 Nov - 20:11

"Chaque naissance possède malheureusement son lot de malheurs et d'obligations."

Bien sur, elle ne savait pas grand chose des histoires de successions dans son clan, elle n'avait put qu'en entendre parler par ses hommes ou des curieux prenant un malin plaisir à raconter quelques détails à droite à gauche, mais elle en avait tiré quelques explications pour enfin comprendre que le jeu des pirates n'avait pas été un réel plaisir pour lui, loin de là, surtout à l'heure actuelle, c'était même plutôt complexe de garder l'esprit libre quand ce genre de choses vous tourmente.
Il n'avait donc rien de sa famille celui qu'elle avait pensé absolument similaire à son père à son entrée au Conseil Noir, au moins, elle avait gardé un rien de raison en le considérant comme neutre et non comme un terrible ennemi. Mais peut-être l'était-il pourtant, l'ennemi de sa façade puisqu'il ne se voulait de toute évidence qu'allié à ce qui consumait les chairs de Diane Sanchez.

Et ce soupir qu'il avait alors laisser s'échapper, un quelque chose de terriblement humain qui le rendait toujours différent, il était un véritable changement à lui seul, toujours ce quelque chose pour vous dérouter et vous mettre sur une autre piste, toujours, et puis ce soupçon de fatalité qu'il semblait accorder à chaque chose.
Quand à parler d'un fossé, il était bien creusé en effet, et bien innommable, c'était le lot à subir quand chacun se prédestine seul à un avenir différent. Mais pourquoi restait elle donc plantée là si une chose si énorme les séparait? Peut-être de la curiosité, mais surement cette intuition étrange brulant doucement son foie que ce fossé serait une chose importante de leur avenir, d'une façon ou d'une autre, en bien ou en mal, et il fallait bien la connaitre pour se persuader du destin qu'elle allait proposer.


"Certainement, on ne franchit pas une telle barrière aux trop grands secrets de cette façon."


Elle en avait esquissé un sourire, peut-être trouvait-elle plus d'intérêt à cet homme pour cette inconnue qui l'attirait toujours plus, il y avait un regain d'intérêt dans ce visage à chaque mot et chaque geste, elle semblait épier et se nourrir de chaque réaction, comme pour observer différemment, être tout autre.
Pour un peu, elle l'aurait remercié, mais cette quête qu'il avait implicitement mise en place la faisait simplement sourire, oui il y avait là quelque chose à trouver, c'était un peu plus délicat, oui, de la délicatesse, une autre chose qu'elle n'utilisait pas souvent voir absolument jamais sauf pour quelques sacrements et dont elle faisait alors preuve.


"Faut-il donc une raison à tout..." Non, ce n'était pas une question, pour elle chaque chose méritait encore sa part de mystère.

Jusqu'à un sursaut prouvant un rien de surprise face à sa main posé sur sa joue, le regard directement posé sur celle-ci, la sienne vint vite la rejoindre pourtant partagée entre l'idée de brutalement la retirer de cette place et de l'y laisser, pour finalement fermer un instant les yeux et sentir cette délicate sensation et s'en imprégner un moment.
Les yeux fermés, le visage de Diane prenait certainement là un aspect totalement différent, comme naturel, sans être tout aussi crispé par la fierté. Voilà que le toucher de cette main s'appréciait avant de la laisser s'enfuir, il y avait là puissance et douceur mêlé en un subtil mélange, dans un rien d'audace. Puis apprécier à nouveau ce regard brutal mais offrant parfois la sensation de se perdre.


"Tout l'intêret est peut-être là, nous ne sommes pas du même monde."

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Malak Rochaël
Chef des Égorgeurs Sombres
Chef des Égorgeurs Sombres


Sexe:Masculin
Age : 19
Inscrit le : 02 Nov 2007
Messages : 88
Âge du personnage : 35 ans
Fonction : Chef des Egorgeurs Sombres
Né à : Oui

MessageSujet: Re: Loin des faiblesses, plus près des hurlements [Libre]   Lun 5 Nov - 21:25

"C’est seulement moi qui aie besoin d’être raisonné, lâcha-t-il."

Malak se sentait destitué de toute force, de toute volonté. Aucun sentiment de puissance ou de supériorité ne voulait encore avoir l’affront d’exister maintenant. Ce cadre aux allures presque hostiles, sombres et sobres effaçait sa noirceur comme ses certitudes. Rien ne subsistait hormis ses questions, ses doutes. Il ne manquait plus que Diane, et là, il se sentait complètement abandonner, tout simplement parce qu’il n’arrivait pas à s’y retrouver. Qui était-elle ? Non, lui, qui était-il ? Si Malak avait su ébranler ne serait-ce qu’une seconde les convictions de la grande Briseuse d’Âmes, lui était certain que ses tourments s’étaient étendus bien plus loin encore qu’il n’aurait osé le craindre. Il avait besoin de contrôler la situation, or, cette manœuvre était tout à fait exclu en de telles circonstances. La concentration et le détachement seraient ses plus précieux alliés, et malheureusement pour lui, les deux lui faisaient cordialement défaut.

Dans son accès d’audace, de folie ou de connerie, Malak n’avait pourtant pas eu l’ombre d’une hésitation, et s’était quasiment lancé à corps perdu dans son geste. Il avait effleuré l’idée de bien des alternatives à une telle hardiesse, et pourtant, chacun des scénarios qu’il avait su créer ne semblait en aucune façon lui convenir ou coller à la situation et aux protagonistes. Il se posait sans doute bien trop de questions, mais, il se savait cruellement vulnérable, si bien que le peu de secours qu’il trouvait sur son chemin faisait l’objet de sa nouvelle et démesurée convoitise. Il lui fallait soit de la raison, soit une échappatoire, et dans les deux, il en était encore tellement dépourvu. Plus que de sentir la peau de Diane sous ses doigts, il eut le contact perturbant de sa main. Peut être s’était-il attendu à une gifle, ou même pire, mais non, ce n’était que la douceur de sa main, la chaleur émanant de son corps, un sentiment insatiable en engendrant d’autres dans le corps et le cœur de l’Egorgeur. La main de Malak finit néanmoins par redescendre lentement, jusqu’à quitter cette peau qui lui faisait tant envie. Il se sentit encore une fois dépourvu et déconcerté, mais il tenta d’en démontrer le moins possible sa faiblesse. Une nouvelle question naissait : pourquoi ne l’avait-elle pas encore une fois repoussé ?

"Je ne vois pas l’intérêt quand je sais le feu qui m’anime, murmura-t-il."

Encore une fois, il s’agissait plus de paroles qu’il s’adressait avant tout à lui-même qu’à Diane. Malak avait le don pour cela, que ses mots dépassent sans cesse sa pensée. Au début, l’on pouvait croire à une manœuvre volontaire, néanmoins, il s’agissait surtout de sa spontanéité native mais aussi maladive. Dire tout haut ce qu’il pensait tout bas, triste réflexe quand on y pensait. Le temps n’était plus aux propos vains, surtout qu’il n’avait plus aucune notion de temps. Depuis combien de temps était-il ici, à converser avec elle ? Aucune idée, et en un sens, il s’en moquait profondément. Le simple fait qu’il ait apposé sa main sur la joue de Diane lui donnait plus de tourments qu’il n’aurait su le soupçonner. Il ne savait pas vraiment s’il devait plus le regretter vis-à-vis d’elle, ou vis-à-vis de lui-même.

"Excuse moi, termina-t-il dans un souffle. "
Revenir en haut Aller en bas
Diane Sanchez
Briseuse d'Âmes
Briseuse d'Âmes


Sexe:Féminin
Age : 21
Inscrit le : 03 Juil 2007
Messages : 415
Âge du personnage : 33 ans
Fonction : Maitresse des Briseurs d'âmes/Membre du Conseil Noir
Né à : New-York

MessageSujet: Re: Loin des faiblesses, plus près des hurlements [Libre]   Lun 5 Nov - 21:56

Seulement lui? Se raisonner? Soit, elle pouvait le comprendre, c'était certainement tout aussi complexe pour lui que pour elle, voir les choses se présenter ainsi, c'était assez troublant, particulier et déconcertant, changer du tout au tout en quelques secondes, elle avait finit par ne plus prêter attention à ses paroles pour simplement prendre conscience de sa main sur son visage encore un peu avant que cette dernière ne reparte un peu trop vite certainement. Puissante et douce, c'était tout ce qu'elle parvenait à en dire, mais le contact avait été si particulier, quand sa main avait hésité entre se faire violence ou non, il avait comme le don d'apaiser ses questions pour la laisser étudier la situation.
C'était d'ailleurs plutôt horrible de se retrouver à calculer chaque chose mais c'était une façon d'espérer les comprendre.
Il semblait si troublé, ailleurs après tout, alors pourquoi ne pas s'en abreuver un instant pour oublier d'autres sensations? Il y avait un rien d'étrange, encore.

Un feu l'animant, un feu, un brasier aurait-elle put dire, s'en sentant tout autant parcourut avant d'à son tour poser une main sur son cou et son visage, comme pour le maintenir à sa portée, pour maintenir ce regard qu'elle cherchait tant à comprendre sur l'instant, et histoire de faire passer sa curiosité pour un geste de puissance, comme toujours. Pourtant, ses doigts s'imprégnant du contact de sa peau et la frolant lentement ne trompaient certainement pas, c'était bien du contact qu'elle avait eu envie, et elle appréciait sa peau, sa petite barbe négligée, et le contact particulier qu'offrait cette scène.
Il ne voyait donc pas d'intérêt à franchir une barrière? Pourtant, il y en avait tellement mais il était certainement préférable de se taire, ses raisons lui étaient absolument personnelle, comme toujours quelque chose à garder au fond de soit.



"Il te faut donc un intérêt et une raison pour toi, serais-tu pire que moi?"

En tout les cas, elle reprenait certainement des forces en tentant de faire un brin d'humour avec un peu moins de trémolo dans sa voix, elle était surement plus sure d'elle, un peu plus habituée à ce qui commençait à se passer en elle. Oh bien sur, elle était humaine avec un autre, mais il y avait quelque chose de différent là, et dont elle commençait à s'accommoder et à apprécier. Un nouveau frisson en retirant à son tour sa main pour trouver l'excuse de ne pas le regarder un moment dans les yeux en pressant encore une fois ses cheveux bien plus secs que tout à l'heure.
Une façon de penser à autre chose pour entendre d'étranges excuses, mais de quoi s'excusait-il donc? Surtout ce genre de mots dans cette bouche, elle ne put que ne pas réellement en comprendre le sens.


"Et de quoi? Au moins j'aurai entendu une fois un Egorgeur sombre s'excuser."
_________________
Revenir en haut Aller en bas
Malak Rochaël
Chef des Égorgeurs Sombres
Chef des Égorgeurs Sombres


Sexe:Masculin
Age : 19
Inscrit le : 02 Nov 2007
Messages : 88
Âge du personnage : 35 ans
Fonction : Chef des Egorgeurs Sombres
Né à : Oui

MessageSujet: Re: Loin des faiblesses, plus près des hurlements [Libre]   Lun 5 Nov - 22:38

Pour une fois dans sa vie, Malak se sentait presque battu sur son propre terrain. Après tout, c’était lui qui était venu jusqu’à elle, qui avait cherché ce contact, cette approche, cette conversation, et pourtant, il se sentait plus désarmer que jamais. Oh, il était loin d’être totalement vaincu, loin de là, bien heureusement, mais malheureusement, car il y en avait toujours un, il se sentait rapidement perdre pieds, tout contrôle. Lui qui ne supportait pas devoir plier devant l’adversité, se sentait vulnérable voir abattu sous certains aspects. C’était sans doute pour lui le moment ou jamais de prendre la bonne décision, de passer son chemin, et de se trouver une échappatoire providentielle, avant de commettre une erreur qu’il ne finirait jamais de payer. Bien entendu, tout était toujours plus facile à dire qu’à faire, et en l’occurrence, Malak était profondément déstabilisé entre ce qu’il pensait, et ce qu’il arrivait concrètement à réaliser.

"Je suis sans aucun doute pire que toi sur tous les plans, lâcha-t-il. Plus vil, plus cruel, plus pervers, plus sadique et plus débauché que tu nous pourras jamais le prétendre, et bien plus compliqué, termina-t-il en arquant légèrement un sourcil."

Il manquait un brin de convictions à ses mots, surtout sur certains points très particuliers, néanmoins, il n’y avait pas que du faux dans tout ce qu’il disait. Il sentait toujours le contact de la main de Diane sur sa nuque, et plus que jamais, il se savait consumer par cet ardent brasier que son regard de feu ne faisait qu’attiser s’il en existait seulement la possibilité. Là où il essayait de se faire détacher, et de prendre du recul, il se sentait constamment ramener à elle, et en réalité, il savait que ce n’était rien de plus que ce qu’il voulait. Après tout, il apparaissait comme inutile de lutter, lui aussi avait ses faiblesses, et Diane les connaissait sans aucun problème. Faiblesse de cœur ou d’esprit, il lui avait présenté des excuses, ce qui relevait son quota d’excuses au même niveau que celui d’amour qu’il portait à son père, soit quasiment nul. Quitte à devoir commettre la pire erreur de son existence, il entendait le faire dans les règles de l’art, mais avant cela, il laissa tomber un pesant silence, ne la quittant pas des yeux, mijotant son effet.

"Juste de ça, murmura-t-il."

Les secondes qui succèdent à ces mots passèrent au ralenti pour le chef des Egorgeurs, qui se voyaient pris dans sa passion, et son accès de faiblesse, en quelques sortes. Malak fit moins d’un pas en avant, sa main glissa lentement le long de la taille de Diane, tandis que l’autre revenait effleurer doucement sa joue. Il pressa le corps de la Briseuse d’Âmes contre le sien, sentant maintenant le feu dévorer sa chair comme il l’avait fait avant avec son esprit. Il finit par joindre ses lèvres aux siennes, et commença un langoureux et passionné baiser. S’il avait craint un seul instant ce qui devait se passer, il ne sut rien faire de mieux que profiter de l’instant présent, encore une fois. Il laissa un frisson le parcourir, ses membres en tremblant, et il prit la décision de mettre un terme à ce baiser après seulement quelques secondes. Il prenait bien assez de risques comme cela. Il laissa échapper un léger soupir, entièrement de contentement. Sa main effleura encore une fois la taille de Diane, pour se retirer, tandis que la seconde abandonnait sa joue dans une dernière caresse. Pour le moment, il goûtait et savourait encore son instant de paradis.
Revenir en haut Aller en bas
Diane Sanchez
Briseuse d'Âmes
Briseuse d'Âmes


Sexe:Féminin
Age : 21
Inscrit le : 03 Juil 2007
Messages : 415
Âge du personnage : 33 ans
Fonction : Maitresse des Briseurs d'âmes/Membre du Conseil Noir
Né à : New-York

MessageSujet: Re: Loin des faiblesses, plus près des hurlements [Libre]   Lun 5 Nov - 23:07

Comme il l'avait prit sur la défensive, comme il avait eu cet instant à cracher une bile qu'il avait perdu quelques heures auparavant, inutile de le préciser, Diane en fit un léger pas en arrière pour finir par voir son visage se braquer à nouveau en cette expression trop froide et fière qu'on lui connaissait bien plus que les attitudes précédentes. Après tout, comme certaines plantes, si après s'être ouverte elle se sentait menacée, il était simple de bien vite se refermer sur elle-même pour prévoir et ne rien lacher, ne pas se laisser toucher par ce genre de mots, non, elle en était certainement loin. Pourtant, sous une augure particulière, elle laissa tout de même en un souffle et un regard désapprobateur retomber la barrière qu'elle avait bien vite érigée à nouveau précédemment.
Inutile de polémiquer sur des choses inutiles quand d'autres mots bien plus importants se présentent à vous, quand des regains de vie semblent vous posséder.

Un contact en entraine-t-il un autre? En tout les cas, une sorte de ronde semblait lancée où aucun maître ne se voyait alors définissable, sa main, la sienne, et cet instant au silence lourd.
Que se passait-il donc en lui pour qu'il reste ainsi à ne rien dire? Cherchait-il la façon la plus simple de déguerpir et d'oublier l'instant si particulier qu'ils partageaient? Oui, à ce sujet, à l'instant, Diane éprouvait une certaine crainte de ne pas aboutir sur une conclusion qu'elle envisageait réellement. On ne fait pas fondre un glacier pour trop vite s'en éloigner après tout? Du moins, l'expérience était plutôt de tailler le glacier pour en observer l'intérieur.
Resterait-il donc une fissure? Elle avait bien le temps de se poser cette question avant d'entendre son "Juste de ça", c'était comme cette sensation de se retrouver devant un film à la coréenne qu'elle pouvait dévorer étant gamine.
A peine le temps d'ouvrir la bouche, de tenter de laisser échapper des mots à peine réfléchit pour mieux se taire et s'étonner.

Cette main sur sa hanche, un regard la suivant simplement comme dans un ralentit grotesque pour laisser son regard se poser sur son visage s'approchant un peu plus du sien en se laissant entrainer contre ce corps puissant. Impossible d'en décrire le tout, une boule au ventre simplement attisant certainement plus le brasier un peu assouvit, c'était la seule chose qu'elle ressentait alors, pas même une pensée digne de traverser cette étrange situation.
Les mains presque automatiquement passée autour du cou de Malak et voilà qu'en un instant ses certitudes volèrent en éclat pour ne plus laisser qu'un doute dans un baiser suave et passionné auquel elle offrit la même réponse avant de se laisser détacher de lui.
Inutile de prononcer un mot, le sentiment de trop peu l'envahissait déjà, comme déjà adepte de cette sensation inconnue nécessitant de comprendre pourquoi à cet instant même l'esprit se voit débarrassé de toute pensée hasardeuse ou douloureuse, de toute crainte pour se laisser envahir par une puissante sensation. Impossible de parler sur le moment, impossible... Pour dire quoi de toute façon? Quand on ne connait pas ce genre de jeux, les mots manquent vite.

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Malak Rochaël
Chef des Égorgeurs Sombres
Chef des Égorgeurs Sombres


Sexe:Masculin
Age : 19
Inscrit le : 02 Nov 2007
Messages : 88
Âge du personnage : 35 ans
Fonction : Chef des Egorgeurs Sombres
Né à : Oui

MessageSujet: Re: Loin des faiblesses, plus près des hurlements [Libre]   Lun 5 Nov - 23:27

Qui l’aurait cru ? Certainement pas lui, et encore moins un autre homme sur cette terre. Qui aurait seulement eu l’audace d’imaginer un tel baiser réalisable ? Qui aurait eu la folie d’envisager un échange si passionné, si unique et si puissant ? Quand les grands de ce monde se rencontrent pour autre chose que s’affronter, il existe une sensation et un impact parfaitement indescriptible et innommable. Là où tous, ou presque, aurait pu y voir un mirage, un rêve ou un cauchemar, Malak sentait ce doux parfum de réalisme l’effleurer au point qu’il en perçoive une étrange et pesante satisfaction. Etrange car il sentait enfin ses lourdes incertitudes s’évader, et pesante, car il les pressentait leur retour imminent mais aussi accablant. Peu importait, il verrait par ensuite, le moment ne se prêtait qu’à une seule chose, la tendre fascination et contemplation que son regard exprimait devant une Diane qui lui apparut troublée.

Il ne décrivait par le nœud qui s’était formé au creux de son estomac, comme il ne prononçait pas les émotions qui étaient nées en lui plus vite qu’il n’aurait pu le penser. Tout n’était que dans le silence, le regard, et encore ce calme. Ce mutisme était sans aucun doute plus respecté par Malak que n’importe quel dieu de cette île. Il s’était excusé par avance d’un tel geste, et loin de le regretter, il l’avait seulement fait auparavant vis-à-vis d’elle. Comme quoi, il n’était pas totalement dépourvu de considération valable pour les autres, et encore moins pour elle. Il n’en soufflerait mot, se laissant seulement aller à la compréhension des sentiments qui pouvaient bien habiter dans cette divine enveloppe charnelle. Il essayait sans aucun doute de saisir l’insaisissable, néanmoins, il ne voyait plus ses tentatives comme vaines désormais.

Le plus troublant pour lui n’était pas tant ce désir assouvi, mais bien ce sentiment qui était né il y a peu et qu’il commençait doucement à comprendre et apprendre. De sa fascination et de sa détermination étaient né quelque chose de sensiblement différent, de plus profond. C’était sans conteste la plus grande crainte de Malak en réalité, et il en était encore ébranlé. Son tourment avait pris un virage, mais pour se tourner vers quelque chose de bien plus pesant encore. Il ne se sentait pas en droit d’avoir de telles émotions. Partager une telle discussion avec Diane, pour en venir à pareille conclusion avait éveillé en lui des choses qu’il ne se connaissait pas. S’interdisant fermement de se perdre ainsi, il tenta d’aligner quelques mots, dans l’espoir sot de passer lui-même à autre chose.

"Alors, dit-il faiblement. M’excuse-tu ? "

Il laissa vaguement un souffle grotesque s’échapper d’entre ses lèvres, mais il demeurait en tout point fixer sur elle. La grande question existentielle demeurait : et après ? Malak n’en avait strictement aucune idée, et en réalité, il s’en remettait presque à Diane pour clore un tel rêve. Peut être attendait-il simplement qu’elle remette les choses dans l’ordre ? Que tout reprenne cette triste place qui était la sienne, ou bien qu’elle les fasse avancer, car il manquait cruellement de perspective. Malak était partagé entre sa rage quant à ce nouveau sentiment, et sa satisfaction quant à ce que l’on pourrait presque appeler sa précédente victoire. Ce n’était pas tellement cela, en réalité, il ne voyait plus ainsi.
Revenir en haut Aller en bas
Diane Sanchez
Briseuse d'Âmes
Briseuse d'Âmes


Sexe:Féminin
Age : 21
Inscrit le : 03 Juil 2007
Messages : 415
Âge du personnage : 33 ans
Fonction : Maitresse des Briseurs d'âmes/Membre du Conseil Noir
Né à : New-York

MessageSujet: Re: Loin des faiblesses, plus près des hurlements [Libre]   Lun 5 Nov - 23:54

Voilà ce que les choses pouvaient parfois mener à faire, devenir des personnes différentes en un instant, quelques secondes sans jamais changer aux yeux des autres. C'était résumer le bruit des vagues en leur rencontre: se brisant pour mieux se rejoindre par la suite, voilà simplement ce qu'il lui semblait être à l'instant. Comme tout était étrange, tout était différent. Elle était différente, elle se trouvait désormais triple alors qu'avant, elle n'était que double avec son cher frère. Comment comprendre cette sensation qui la taraudait alors? Et surtout comment réagir par la suite? Que signifiait donc tout cela? Certainement pas une mascarade, juste un tournant à négocier de façon plus que convenable pour ne pas chuter. Surtout ne pas chuter... Ce serait entrainer trop de choses, d'une façon ou d'une autre!

Elle n'était pas juste la roc de glace pour lui désormais, elle avait l'impression d'être une sorte de livre ouvert par chacun de ses regards qu'elle pouvait lui offrir, l'impression d'être vivante et trop simplement découverte, mais pourquoi son esprit et son corps refusaient-ils donc ainsi de se fermer à nouveau? Le flot d'émotions toujours plus puissant manquait encore de la faire chanceler pour finir par le simple fait de s'agripper alors à Malak dans un instant de faiblesse pour mieux rester ensuite contre lui en se dressant à nouveau. Au moins, il y avait un rien qui faisait avancer les choses mais dans un sens un peu trop particulier et trop inconnu pour que cette fois elle possède les réponses nécessaires afin de réagir de la bonne façon.
On ne peut pas être douée pour toute chose, et elle était même plutôt mauvaise quand il s'agissait de ce genre de choses, d'ailleurs comment le nommer?

Lui redemander de l'excuser, c'était une question bien étrange certainement pour reprendre un peu de contenance, quand à elle, elle tentait de les peser les uns après les autres afin de ne pas faire la moindre erreur, pour ne pas se perdre ou les perdre en une phrase stupide. Comment ne pas le ressentir? C'était bien le seul instant où il lui fallait trouver la solution, ce qui les ménerait vers cet inconnu, vers un rien de danger ou d'étrange, de toute façon, il était clair qu'en ces simples contacts, les choses seraient différentes.

"Je... Je n'ai pas à excuser ce qui ne m'a pas offensée. "

Elle lui avait offert une victoire en tous les cas par sa façon de bien vite la percer à jour, il l'avait découverte et troublée, que pouvait-elle ajouter de plus? Pour autant, elle ne s'en sentait pas plus faible, pas plus perdante, pas le moins du monde.
C'était plutôt une sensation inverse qui se répétait en elle, comme si il y avait là une source de pouvoir trop inconnue, et comme si cette enfant qu'elle était cherchait alors à y gouter de nouveau sans oser.

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Malak Rochaël
Chef des Égorgeurs Sombres
Chef des Égorgeurs Sombres


Sexe:Masculin
Age : 19
Inscrit le : 02 Nov 2007
Messages : 88
Âge du personnage : 35 ans
Fonction : Chef des Egorgeurs Sombres
Né à : Oui

MessageSujet: Re: Loin des faiblesses, plus près des hurlements [Libre]   Mar 6 Nov - 0:16

Dans sa hardiesse et sa nouvelle aspiration, Malak s’était aventuré jusqu’ici, auprès d’elle, dans un endroit fait pour le recueillement ou le tourment selon la raison de sa présence ici. Lui qui était venu en quête d’assouvissement de désirs charnels, de passion démesurée pour la grandeur, de fascination sans précédent et sans bon sens, n’était plus qu’un impuissant parmi tant d’autres, totalement incapable de savoir ce qu’il voulait maintenant, incapable de savoir où il allait à présent. Non, elle l’avait perdu en chemin, cette femme avait pris possession de ses sens, de ses sentiments et de son corps. Malak avait en lui la plus grand faiblesse que l’homme ait su nourrir au fil du temps, et le plus terrible pour lui était bien de savoir qu’il soumettait presque de bon gré.

Sa seule crainte était encore qu’elle ne sache en jouer, et malheureusement, il osait croire en la sincérité de ce qu’il avait découvert d’elle. Et après ? Cela l’empêchait-elle de redevenir de marbre et de glace ? De fondre son cœur et son corps dans un océan glacial qui sonnerait le glas de Malak et de sa tentation ? Personne n’atteignait de quelques façons Malak Rochaël, personne. Quand on y regardait de plus près, un instant de plus, plus précisément, l’on discernait la brèche qui faisait son état, cette infime faille en lui qui n’était en d’autres lieux qu’en son cœur. Oh, Diane avait su percer sa curiosité, puis son désir presque animal, mais des suites de cette conversation enrichissante, Malak avait eu la sottise propre à l’homme de voir plus loin et plus profondément. Une erreur ? Evidemment, elle n’était pas encore réveillée, au grand jour, néanmoins il la sentait se révéler lentement, encore terrée mais pour peu de temps désormais. Les alternatives étaient simples : soit Diane l’achevait elle-même de bon gré, soit il n’aurait plus qu’à vivre avec ses regrets et oublier. Dans les deux cas, il déplorait les perspectives qu’il s’était lui-même créé. Il combattait avec fermeté ses sentiments, seulement tout homme sait avec pertinence que s’il est quelque chose qu’on peut combattre mais que l’on ne peut vaincre, il s’agit sans détour des sentiments.

Leurs discours s’étaient considérablement amenuis d’un côté comme de l’autre. Malak savait qu’il avait peur de prononcer le mot de trop, et il pensait Diane dans une indécision. Mais quelle indécision ? Plus de questions qui ne faisaient qu’en animer d’autres, dans un cercle vicieux qui consumait le feu de l’âme de l’Egorgeur. Son tourment n’avait de cesse de croître, tant les secondes défilaient sans qu’il n’en prenne vraiment conscience. Il fallait un arrêt à cette situation, et même si la réponse de Diane lui tira une certitude comme une certaine satisfaction, il reconnaissait n’être guère plus avancé qu’auparavant. Un peu d’audace et moins de délicatesse était sans doute de rigueur, et Malak s’y résolut brièvement :

"Et maintenant, reprit-il. Qu’attends-tu de moi ?"

Il n’aurait su répondre à cette question. Après tout, il était partagé quant à elle. D’un côté, il savait toujours le désir complété qu’il avait pour elle, mais il se sentait pris au risque de ressentir quelque chose de plus profond encore et de tellement plus douloureux. Tout était bien nouveau, car il semblait avoir trouvé quelqu’un qui lui ressemble, quelqu’un qui vaille la peine qu’il s’y reprenne à deux fois avant de passer son chemin. Ce terrain inconnu l’effrayait réellement. Il s’agissait de Diane, tout était trop compliqué.
Revenir en haut Aller en bas
Diane Sanchez
Briseuse d'Âmes
Briseuse d'Âmes


Sexe:Féminin
Age : 21
Inscrit le : 03 Juil 2007
Messages : 415
Âge du personnage : 33 ans
Fonction : Maitresse des Briseurs d'âmes/Membre du Conseil Noir
Né à : New-York

MessageSujet: Re: Loin des faiblesses, plus près des hurlements [Libre]   Mar 6 Nov - 0:35

Quel terrain horriblement glissant, et quelle scène risible pour une personne extérieur. Et c'était à elle de prendre une décision à cet instant? C'était plutôt complexe et il lui fallait peser le pour et le contre, puisque ce genre de choses ne se décident pas à la légère, surtout quand rien ne présage de savoir. En résumé, c'était soit continuer à avancer vers l'inconnu en admettant l'idée qu'un jour il découvre ce secret rongeant les murs de sa demeure, soit faire face tout de suite et ne pas se laisser aller à quoique ce soit. Mais voilà le soucis, l'attrait de la nouveauté ne peut se dissiper facilement.

Encore un pas à faire, et la parole à prendre, laisser les mots s'échapper pour une fois sans rien peser puisque la question si directe l'avait plutôt bousculée pour la rendre plus embarrassée et plus concentrée que jamais sur le pourquoi, sur les possibilités diverses et variées qui s'offriraient à eux, puisqu'elle ne pouvait sincèrement pas penser que les choses tourneraient d'une façon pour l'un et pas de la même pour l'autre, elle était tout de même assez lucide pour le saisir. On peut bien ignorer des choses mais pas à ce point!

"Je dirai que je n'ai pas spécialement envie de couper court à tout cela, quoique... je n'en ai même pas du tout envie."

Au moins, elle avait le mérite d'être sincère et d'écouter son envie, mais il n'en était pas moins difficile de répondre à sa question, ce qu'elle attendait de lui... A celle qui n'avait jamais rien attendu des hommes, c'était là une question bien étrange. Elle avait cette sensation d'avoir recu cette question par crainte qu'elle ne la pose, une sorte de cercle vicieux qui prenait toujours ce genre d'instant, du moins, à ce qu'elle en avait vu dans ses films, mais là, les choses étaient différentes et les réponses les mêmes, il est plutôt rare de voir une histoire à l'eau de rose basée sur les deux "méchants" de l'histoire à vrai dire!
Comme quoi, elle n'avait pas imaginer ce dénouement! Et Irwin alors? Imaginait-il là que sa soeur l'abandonnait? Voilà que le remord risquait doucement de s'insinuer en elle, alors autant ne pas trop réfléchir, arrêter de perpétuellement "penser" et chercher trop de réponses.


"Peut-être de me laisser continuer à découvrir ce qui est si nouveau pour moi, c'est bien la seule réponse que je possède, comprends-moi c'est un peu...étrange.
Mais je pourrais bien te retourner la question?"


Et voilà que le piège s'était tourné dans l'autre sens pour les englober tous les deux, on se protège bien dans des silences mais cette fois, il était absolument impossible de se taire. Ha si les choses avaient été plus simples, mais forcément, ce n'est jamais le cas. Pour une fois elle espérait pouvoir se reposer un peu sur ses épaules, sur les épaules de quelqu'un pour une fois dans sa vie, pour voir la suite arriver.
_________________
Revenir en haut Aller en bas
Malak Rochaël
Chef des Égorgeurs Sombres
Chef des Égorgeurs Sombres


Sexe:Masculin
Age : 19
Inscrit le : 02 Nov 2007
Messages : 88
Âge du personnage : 35 ans
Fonction : Chef des Egorgeurs Sombres
Né à : Oui

MessageSujet: Re: Loin des faiblesses, plus près des hurlements [Libre]   Mar 6 Nov - 11:11

Pour le moment, Malak voyait deux grands problèmes se poser devant lui, avec force et résignation : le tout premier commençait doucement à s’éclaircir et à lui procurer un goût amer. Il avait toutes les peines du monde à résoudre son cœur et son esprit à une telle faiblesse, et pourtant, il se savait déjà cruellement atteint. Le principe du chef des Egorgeurs Sombres reposait avant tout sur une indépendance totale quant à tout. Il ne devait en aucun cas se rattacher à quoi que ce soit, faute de quoi, il se mettait lui-même et « l’autre » en question dans une sorte de danger. Certes, Diane n’était pas n’importe qui, mais elle-même était un point de pression désormais, au moins pour un temps, et il détestait cette idée qui demeurait néanmoins irréfutable. Le second résidait dans leur position respective : Oui, il existait quelque chose entre eux, rien d’exceptionnel, certes, mais présent tout de même. Et alors ? Où tout cela allait bien les conduire ? Malheureusement, Malak savait ce qu’il attendait d’elle, bienheureusement, il ignorait la réciproque. Elle-même le savait-elle ? Trop de questions inutiles. Rien ne saurait exister et prospérer entre deux grands d’Hanka. La logique voulait que tout s’arrête dès maintenant, avant qu’il ou elle, ou même ils, ne commette l’irréparable. Malak sentait néanmoins qu’il avait déjà été trop loin pour renoncer.

"Etrange, oui, souffla-t-il."

Voilà qu’elle lui retournait la question, et il fallait reconnaître qu’il s’y était attendu. Dans la légitimité des choses, il était parfaitement normal qu’il s’y voie à un moment ou à un autre confronter. L’ennui était bien qu’il n’avait aucune réponse capable de sortir de bon gré. Il pouvait dire ce qu’il voulait soit que son désir n’avait guère changé du premier, ce qui serait mensonge, ou alors il pouvait se trahir lui-même, reconnaître sa faiblesse, l’accepter, la vivre jusqu’au bout, aux risques de le payer cher, et de le regretter amèrement pour un temps indéterminé, voir interminable. En un sens, le pirate qu’il était n’avait que quelques mots presque sarcastiques à dire, mais Diane l’avait repoussé vers des retranchements nettement plus complexes, et en un sens, bien plus attrayant. Fasciné par l’inconnu, mais terrifié par l’hostilité qui allait de paire, Malak demeura un bon moment parfaitement muré au silence. Il essayait presque de trouver une réponse dans le regard de Diane, qui reflétait un néant imperturbable mais tellement prenant. Que valait-il, lui, dans ce regard ? Ce n’était pas que vis-à-vis d’elle qu’il se voyait méfiant, tout ce que son père avait su bâtir en lui par le passé submergeait sa passion comme sa raison.

"Qu’adviendra-t-il de cet instant une fois que nos chemins se seront séparés ? Demanda-t-il après un instant. J’ai la sottise d’honnêteté de t’avouer que ce moment me sera cher, néanmoins, je me sens prisonnier de bien des incertitudes. Où allons-nous au juste ? Qu’ignore-tu que je sache ?"

Plus d’interrogations qu’il ne devait en souffler, sans aucun doute. Tout était plus fort que lui. Il avait ce besoin de toujours extérioriser ses pensées, même quand elle se voyait intime. Quelque part, tout serait bien plus simple s’il pouvait lui révéler tous les songes qu’il nourrissait avec ardeur depuis un moment maintenant, mais c’était radicalement impossible. Il était loin de pouvoir se permettre d’être à sa merci, et encore une fois, sa fierté faisait une bonne partie du travail à sa place.
Revenir en haut Aller en bas
Diane Sanchez
Briseuse d'Âmes
Briseuse d'Âmes


Sexe:Féminin
Age : 21
Inscrit le : 03 Juil 2007
Messages : 415
Âge du personnage : 33 ans
Fonction : Maitresse des Briseurs d'âmes/Membre du Conseil Noir
Né à : New-York

MessageSujet: Re: Loin des faiblesses, plus près des hurlements [Libre]   Mar 6 Nov - 12:41

Il trouvait donc cela étrange? A dire vrai elle aussi, elle avait du mal a concilier ces sensations à son statut, comment tout cela risquait donc de se passer une fois confrontés l'un et l'autre dans Hanka? Que feraient-ils des conséquences de leurs actes? Encore trop de questions, inutiles puisqu'elles faisaient certainement parties de ces choses que l'on garde jusqu'à advenir au moment propice de l'affrontement avec la réalité. Il y avait bien une solution: fuir d'Hanka mais ni l'un ni l'autre ne devait en avoir l'envie! C'était bien trop nouveau, trop pour y comprendre quoique ce soit, mais ce qu'elle savait bien c'était ce feu brulant qui ne la lachait plus le moins du monde.Etait-ce donc un genre de drogue? Le genre de choses qu'elle n'avait jamais désiré, où l'on devient vite dépendant des sensations offertes, oui, c'était certainement le cas.
Chaque parcelle de son corps réclamait de cesser de réfléchir et d'agir encore, mais pour l'instant, elle était bien plus apte à écouter sa raison et ses milliers de questions. Comment faire? Un secret de plus parmi les siens, ce n'était pas grand chose après tout, elle commençait à s'habituer, mais si tout se voyait révélé? C'était le risque de tout perdre en une fraction de seconde: son rang, sa notoriété, sa place ici.
Est-ce que tout cela valait bien le coup de prendre ce genre de risques?

Elle le sentait, ses questions étaient certainement tout aussi similaires que les siennes, étrange pour elle puisqu'elle le pensait expérimenté dans ce domaine, celui qui se targuait d'être roi du vice était-il donc atteint là d'un autre mal que celui de la chair? Pour Diane, il était difficile de cerner si il n'y avait guère pour elle que cela, ce n'était pas l'attrait de la nouveauté, à vrai dire, elle avait connu la chair bien avant et en était dégoutée, mais il y avait là un autre chose. De là à le nommer, elle attendait plutôt que ce soit lui qui pose un nom sur cette inconnue. En tout les cas, le vent commençait à devenir plus puissant, les vagues atteignaient déjà les rives de cette île, il était clair qu'il ne fallait plus tarder, mais pour aller où? Pour retourner sur Hanka sans réponse ou s'aventurer sur le "continent" pour continuer à réfléchir à ces choses?
Il fallait bien trouver une solution mais surtout ne pas rester ici, vu le bruit des vagues sur les bungalows pourtant lointain, la nuit n'allait pas être de tout repos.


"J'ai tout autant d'incertitudes que toi, crois moi, pourtant il nous faut choisir maintenant si nous rentrons tout de suite ou si nous prenons le risque d'aller sur le continent, les vagues sont de plus en plus fortes et j'ai peur qu'elles submergent l'ile."

En effet, fort heureusement, c'était un temple en ruine bien avant la lune rouge, le cas échéant il aurait certainement été broyé par les vagues, c'était encore une autre décision à prendre et dans l'urgence cette fois, un genre d'ultimatum posé par les flots.

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Malak Rochaël
Chef des Égorgeurs Sombres
Chef des Égorgeurs Sombres


Sexe:Masculin
Age : 19
Inscrit le : 02 Nov 2007
Messages : 88
Âge du personnage : 35 ans
Fonction : Chef des Egorgeurs Sombres
Né à : Oui

MessageSujet: Re: Loin des faiblesses, plus près des hurlements [Libre]   Mar 6 Nov - 13:04

Dans la quasi naturelle découverte qu’il venait de faire face à Diane, Malak n’avait pas vraiment réfléchi au plus improbable de la situation : il avait tout de même découvert une partie de ce que cette surface glaciale dissimulait, ce qui n’était pas rien ! Il avait observé et vécu ce moment avec une légitimité impressionnante, néanmoins, il prenait doucement conscience de la problématique de cette situation. En seulement quelques temps, il en avait appris plus sur elle que bien d’autres en des années, et réciproquement. En quelques sortes, confronter à Hanka, que resterait-il donc de ces mises à nu ? Malak était ainsi encore plus sceptique qu’auparavant. Cet instant s’effacerait-il donc une fois leur route séparer ? Chacun rejoindrait son clan respectif, les choses rentreraient dans l’ordre, le cours dit « normal » des choses reprendrait ses droits. Cette idée déchirait réellement le cœur de l’Egorgeur et pourtant, une infime partie de lui jurait qu’il s’agissait là du plus sage et logique des choix. Pourtant, tout le reste le sommait, en revanche, de n’écouter que sa passion, son cœur, et la folie de son esprit, de tenter quelque chose, quoi que cela puisse être. Une fureur irraisonnée combattait ardemment la providentielle sagesse qui émanait de son pouvoir. Les Egorgeurs Sombres et les Briseurs d’Âmes n’avaient rien à faire ensemble. Mais, car il en existait toujours dans son esprit complexe, Diane et lui n’étaient pas que cela. Et après ? Trop d’interrogations pour son pathétique esprit simpliste !

Lui qui était pris entre sa fascination et son incertitude reconduite par l’indécision n’avait guère guetter l’arrivée des déferlantes. Cela avait été profondément sot de sa part, néanmoins, il ne le regrettait qu’à moitié. Oui, il avait fait la découverte la plus fascinante de toute sa vie, mais, il y avait bien un moment où des problèmes devaient s’y insinuer. Pour une fois, il aurait aimé que sa vie devienne d’une grande facilité, comme lorsqu’il n’avait rien à dirigé, que tout lui était dicté. Cette idée n’effleura son esprit qu’une demi seconde, car son amertume pris rapidement le pas sur un désir qui n’était toujours pas le sien. Les vestiges du passé avaient tendances à revenir quand il le voulait le moins. Il eut un regard pour l’horizon, puis pour les vagues qui semblaient déjà assaillir avec violence le pitoyable îlot vulnérable. Quelles foudres avaient donc engendré Sedna ? Il revint poser les yeux sur Diane.

"Si cruelle soit ma décision, je suis prêt à te suivre jusque dans les pires hostilités du continent. Je ne peux plus résoudre à te laisser seule ... A mon grand damne, je te l'accorde."
Revenir en haut Aller en bas

Loin des faiblesses, plus près des hurlements [Libre]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 2 sur 4Aller à la page : Précédente  1, 2, 3, 4  Suivante

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Les Exilés du Monde :: ₪ LES EXILES DU MONDE : L'HISTOIRE ₪ :: TOME I : LA MARCHE DES IDRAZITS :: Interludes-
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet