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Andrew Kant

 Age : 21 Inscrit le : 03 Sep 2007 Messages : 1110 Âge du personnage : 35 ans Fonction : Chef de Lydée Né à : Lydée
| Sujet: Re: 01 - Quand sonne Winowa. Mar 1 Avr - 16:00 | |
| Laë, jusqu'ici n'avait jamais montré le moindre signe d'hostilité. Elle se contentait de regarder dans le vide, l'air visiblement remué par ce qui s'était produit. L'espace d'un instant, elle avait eu peur... très peur. Mais entendre Jewel la traiter de meurtrière lui était de plus en plus insoutenable. Il faut dire que depuis leur rencontre, elle avait encaissé les coups les uns après les autres, sans pour autant défaillir. Cependant, son regard n'y trompait pas, elle était de plus en plus exaspérée par l'attitude la jeune femme et lorsque cette dernière lui sauta dessus pour l'étriper, la colère de la reine apparut d'une bien étrange façon. Elle fronça ses sourcils finement dessinés et articula :
- No'mhas il té !
Presqu'aussitôt, Jewel et elle basculèrent dans le noir total. Une petite lumière avança et bientôt, elles se retrouvèrent toutes deux dans la pièce de l'infirmerie, quelques instants plus tôt. Ni l'une ni l'autre ne pouvait bouger, ni même parler. Les deux femmes subirent alors la scène, celle durant laquelle l'esprit entra. C'était un souvenir, c'est pour ça que Jewel pouvait le discerner. Elle voyait ce qu'il s'était passé par les yeux de Laë. Lorsque l'esprit disparut, tout devint noir à nouveau un court instant. Puis, Jewel percuta la Reine et toutes deux, tombèrent au sol.
C'était comme si le temps s'était mis en pause. La vision avait duré un petit millième de secondes, pas assez pour stopper l'élan de la lydéenne. Mais maintenant, elle avait vu la vérité et Laë se dégagea avec une rapidité surprenant en roulant sur le côté. Quelques secondes lui suffirent pour se remettre debout et elle plongea son regard bleu dans celui de son agresseuse.
- Tu as vu ce que j'ai vu. Tu as entendu ce qu'il s'est passé. Maintenant, à toi de jouer avec la vérité, de la déformer pour qu'on me voit comme une meurtrière ! Après tout, tu sais si bien le faire ! Mais tu vivras avec le souvenir que tu savais tout et que tu n'as bien voulu croire que ce qui t'arrange ! C'est une situation qui t'arrange bien de fuir la réalité... parce qu'elle perturbe ton quotidien, qu'elle remet en cause plein de choses, comme ta véritable place. Sans effort, tu ne pourras jamais avancer, tu resteras une femme aigrie, une mégère qui préfère s'aveugler que de croire à la réalité de la vie.
Andrew, alerté par les bruits de vaisselle brisée, sortit de la pièce et demanda :
- Qu'est-ce qui se passe ?
- Absolument rien qui vous intéresse, c'est l'heure du pugilat, c'est tout. Mais la victime n'est pas sous votre protection.
Cinglante et sincèrement agacée, Laë n'était plus la même. Elle plaqua un regard méprisant sur Jewel et dit :
- Je ne m'abaisserais pas à ce niveau pitoyable de combat inutile. Ni même aux insultes que tu prononces envers Kirion. Fais ce que tu veux, mais, ne me traites pas de meurtrière. Si j'avais voulu tuer quelqu'un pour laisser Logan survivre ce soir, aies confiance, c'est toi que j'aurais choisi ! Elle était d'accord, mais si ça n'avait pas été le cas, je l'aurais laissé me prendre à sa place. Hais-moi autant que tu le souhaites, je m'en contre-fiche ! La réalité c'est que nous sommes dans le même camp et que tu refuses de l'admettre.
Dans un silence glacial, elle tourna le dos et s'éloigna de toute cette agitation pour se diriger vers Kant. Helen retenait Jewel avec l'aide de Kodo. Alcin était sur le pas de la porte, visiblement rassuré. Il dit à Andrew :
- Il semble aller mieux... sa respiration est plus rapide que d'habitude.
Laë était arrivée au niveau du chef de Lydée et lui mit sans ménagement dans la main le morceau de papier. Sans le regarder et la voix tendue, elle se contenta de dire :
- Alice m'a donné ceci avant de mourir. Elle voulait que ce soit vous qui le lisiez. Je ne voudrais qu'en plus de m'accuser de meurtre et de trahison, on tente de m'égorger en me prenant pour une voleuse ! Sur ce, je ne crois pas avoir autre chose à ajouter, je vais dormir pour partir à l'aube demain. Peut-être nous croiserons-nous sur la route.
Avant qu'il n'ait pu dire un mot, Laë sortit du Grand Hall sous les murmures de quelques personnes. Andrew serra le papier dans son poing et rentra à nouveau pour se mettre au chevet d'un Logan qui recouvrait des couleurs. Jewel était maintenant debout. Elle pourrait très bien s'élancer à la suite de la reine pour l'insulter à nouveau. Malgré la vision, et le choc en tombant, elle n'avait rien de cassé. Un léger coup de tonnerre ouvrit le bal à quelques gouttes. Le ciel s'était couvert, comme s'il semblait trouver cette fête infiniment lamentable... et ratée. _________________
Slave of his destiny |
|  | | Koah Lang

 Age : 24 Inscrit le : 04 Juil 2007 Messages : 1230 Âge du personnage : 26 ans Fonction : Esclave d'Ayreb Né à : Lydée
| Sujet: Re: 01 - Quand sonne Winowa. Mar 1 Avr - 19:07 | |
| C'est toi que j'aurais choisi !
Ces mots firent échos dans le crâne de Jewel, se gravant profondément dans sa mémoire à grand coup de rancœur. Loin de l’avoir apaiser, cette vision imposée par magie par la reine Laë lui laissait un amer goût dans la bouche. Jewel la haïssait. Elle la haïssait pour tant de raison, trop pour être raisonnablement énumérées. Cette garce étrangère ne comprenait rien. Elle se pavanait dans sa supériorité comme si elle se croyait en territoire conquis. Elle semblait oublier qu’elle fut imposer ici par un dieu cruel qui n’avait pas hésiter à rabaisser son âme et son peuple.
De plus, le fait que cet esprit la connaissait ne faisait que renforcer son sentiment d’hostilité à son égard. D’une voix emportée et terriblement outrée, Jewel expliqua sans qu’on ai besoin de le lui demander, ce qu’elle avait vue et vécue en une fraction de seconde. Elle raconta sans peser ses mots, les larmes aux yeux, la discussion à laquelle elle avait assisté et la manière plutôt respectueuse que cet esprit, esprit qui avait tué Alice, s’était adressé à la reine. Il ne faisait aucun doute que cette garce de reine apportait avec elle, bien plus de tourments que de bonne chose. Qu’avait-elle à proposer et à apporter à la communauté ? Elle ne servait à rien. Pourquoi ne retournait-elle pas dans son royaume afin de reprendre le commandement de ses horribles sbires ?
Encore une fois, une houleuse discussion s’éleva dans le Grand Hall. Jewel mordait qui osait défendre la reine. Ce fut Meecham et Helen qui subirent le courroux de la jeune femme. De longues et interminables minutes, le brouhaha de la disputent résonna, faisant d’horrible échos. Des mots, secs et tranchants, le genre de mots qui faisait mal, volèrent dans les airs. A cet instant, jamais Jewel ne s’était sentie aussi seule. En pleure, elle s’en alla, refusant que Meecham – qui tentait de s’expliquer – la suive.
Le calme revenu dans le Grand Hall, seulement briser par la pluie qui tombait drue en dehors du palais. Alcin partit s’occuper à nouveau des vivres pour le voyage des guerriers demain matin, alors que chassée par Helen, les alliées de Jewel furent priées de s’en aller. Rapidement, la rumeur de cette dispute fit le tour de Ténolas. Beaucoup de murmures d’indignation à l’encontre de Laë se faisaient entendre parmi la population Lydéenne. Même si Jewel ne se comportait pas dignement face à l’étrangère, elle était fille de Lydée et jouissait ici de bien plus de droit que n’en aurait jamais la reine exilée.
D’un pas lourd, Gurkan entra dans le dortoir des malades accompagné de Kodo. Il avait eut vent de l’affrontement qui opposa les deux femmes par le Qwel et cherchait désormais Jewel. Il espérait qu’elle se trouverait ici et qu’Andrew ait pu calmer sa peine. Mais apparemment, la jeune femme s’était bien cachée car personne ne la trouvait. Après s’être accroupit près d’Andrew, Gurkan dit d’une voix basse :
« Il a l’air d’aller un peu mieux… c’est rassurant. Tu vas pouvoirs partir le cœur léger. » Il regarda le Chef de Lydée droit dans les yeux, puis il laissa échapper un léger sourire. « Je crois que c’est une bonne chose d’emmener avec nous Laë. Si nous voulons retrouver Ténolas intacte lorsque nous reviendrons, il vaut mieux les séparées. Elles vont finir par se faire du mal. »
Il fit une légère pause puis reprit d’un air plus solennelle : « Les hommes sont prêts. Ils se rassembleront demain à l’aube devant les portes de la palissade. Nous partirons après les funérailles d’Alice. Karl souhaite absolument venir avec nous. Malgré son jeune âge, c’est un gars qui à plein de ressource. Il nous propose d’utiliser quelques centauris… » Un roulement d’yeux. « Je n’ai jamais monté ce genre de bestioles… mais Karl assure que c’est assez facile une fois qu’on s’y est fait… »
Meecham s’approcha également discrètement, le visage étonnamment sombre. Il ne faisait aucun doute que l’altercation avec Jewel lui pesait sur le moral. En se penchant vers Andrew, il demanda d’une voix neutre : « Ecoutez, pour cet esprit... elle m'en avait parler et je pense sincèrement que si elle avait pu faire quoique ce soit pour le chasser, elle l'aurait fait. Laë est de notre côté, tout comme je le suis entièrement. Il faut simplement lui faire confiance. Vous êtes archaïques - et je ne vous en blâme pas - dans votre façon d'aborder certaines choses qui vous dépasses. Que cela vous plaise ou non, le peuple de Laë maîtrise des sujets occultes qui dépassent votre entendement. Sur ces points, nous devons lui faire confiance. Laë est la seule personne capable de vous éclairez sur des sujets occultes comme celui que nous avons vêcu ce soir. »
**********
Sous la pluie, Jewel marchait à travers l’allée de son potager à l’extrême nord de Ténolas. Il n’y avait qu’ici qu’elle éprouvait un semblant de joie, au milieu des légumes qu’elle faisait pousser. La jeune femme avançait calmement. Elle tenait entre les mains le cerf en bois de Koah. Elle réfléchissait à sa vie. A cette vie qui ne lui convenait pas. A cette vie qui la faisait pleurer. A quoi bon se battre ? Tout était perdu d’avance. Tout allait de travers. Personne ne pourrait arrêter leur descente aux enfers.
Le sentiment de solitude qui la submergeait était épais et constant. Sans arrêt, elle vivait dans ses souvenirs. Lydée et ses parents lui manquaient, mais plus que tout, Koah manquait à sa vie. Il l’aurait soutenu. Koah aurait tenu tête à cette sorcière, et plus encore à Kirion. Aujourd’hui plus que tout autre jour, elle avait froid au cœur.
Lasse, Jewel se laissa tombée contre le muret qui entourait le potager, puis elle se mit à pleurer de longs et de longues minutes, seulement accompagnée par cette pluie diluvienne qui semblait partager sa douleur. Elle n’avait même plus la force, ni l’envie de pleurer. A mesure que les journées passaient, et plus elle perdait la foi. Qui veillait sur eux ? Personne.
Lentement, Carline s’approcha de Jewel. Elle était dégoulinante de pluie et le bas de sa robe couvert de boue. Elle murmura d’une voix amicale : « Je savais que tu serais ici à traîner au milieu de la gadoue. »
Il ne fallu qu’un regard à Jala pour que Jewel se mette à sangloter d’avantage : « Il me manque. Il me manque tellement. » Et elle s’élança dans les bras ouvert qui la serrèrent fort. « Sans lui, je me sens si seule. Il m’aurait défendu. Il m’aurait défendu contre elle. »
Carline caressa les cheveux de la jeune femme, la berçant lentement. « Je n’en doute pas une seconde. Vous avez toujours fait front ensemble... même lorsque vous aviez tors. Ca semblait être une question de principe. Mais aujourd'hui, nous te défendons aussi Jewel. Tu fais partie de nous. Nous savons que tu ne l’aime pas et crois bien que nous faisons tout ce qui est en notre pouvoir pour te prouver que malgré sa présence, notre affection pour toi est toujours belle et bien présente. Je ne peux prétendre comprendre ta rancœur à son égard car je n’étais pas avec vous au Pic des Ténèbres, mais pour le bien de tous, pour le bien de notre communauté, fait un petit effort. Cette femme est importante pour la survie de notre monde. Elle est là pour nous aider. »
Elle laissa passer un moment avant de reprendre d’un ton toujours aussi doux : « Même si Koah aurait été encore en vie, et s’il éprouvait tout autant que toi de la colère contre cette femme, il aurait su s’effacer pour le bien de notre communauté. Tu sais que c’est vrai. »
D’un ton boudeur, Jewel dit : « Elle a dit qu’elle m’aurait tué. »
Carline sourit : « Heureusement, tout le monde se contre-fiche de son avis. De tous les amis de Koah, tu as toujours été la favorite des Lang. Crois-tu que nous laisserions cette reine exilée toucher ne serait-ce qu'à un de tes cheveux ? » _________________

 C'est bien fini, je rentre au pays. Où est ce paradis que j'ai tant cherché. La tête à l'Est, à l'Ouest. Comme une vraie girouette.
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|  | | Andrew Kant

 Age : 21 Inscrit le : 03 Sep 2007 Messages : 1110 Âge du personnage : 35 ans Fonction : Chef de Lydée Né à : Lydée
| Sujet: Re: 01 - Quand sonne Winowa. Mer 2 Avr - 23:30 | |
| Andrew, durant le bref instant où Gurkan le regarda dans les yeux, oublia définitivement la petite rancoeur qui était née à cause de ses propos, quelques instants plus tôt. Le guerrier avait raison. Eloigner Laë de Jewel serait une décision sage et vitale... A force, l'une aurait tué l'autre. Mais même s'il n'aimait pas la reine, il devait bien admettre, grâce au récit de la lydéenne qu'elle avait empêché la mort de son fils. Lorsque Meecham, s'approcha, Kant l'écouta. Lorsqu'il eut terminé, il lui fit un sourire légèrement amusé et lui donna une tape sur l'épaule. Rien que le fait que Logan aille mieux l'avait revitalisé à lui aussi :
- Il fallait que ça t'arrive un jour, Meecham. Tu as goûté à l'impulsivité et au zèle de Jewel... tout le monde est passé par là... Elle n'est pas méchante, elle a juste besoin d'en vouloir de temps à autre à quelqu'un. Regardes, elle a fini par reparler à Gurkan et à moi après notre arrivée, ici. Peut-être qu'un jour, elle fera de même pour Laë... Ne nous en veux pas si nous sommes méfiants... je déteste la magie... c'est un art trop occulte pour moi et qui peut être dévastateur... C'est pour cette raison que je ne l'aime pas beaucoup. Je dois admettre pourtant qu'elle aurait pu blesser Jewel physiquement en usant de pouvoirs qui me dépassent, mais elle ne l'a pas fait... Il faudra du temps pour que je lui fasse confiance.
A cet instant, Kodo entra dans la pièce, en se tenant le haut du crâne. Il marmonnait un tas de jurons et Kant le regarda, visiblement surpris. Il avait une grosse bosse sur le front et lorsqu'il s'installa, il lança un regard assassin à tout le monde.
- Etagère tomber sur ma tête... Vous rire et Kodo vous émasculer de façon définitive !
Andrew réprima un fou rire en se tournant et poursuivit, histoire de changer le sujet et de ne pas mettre le Qwel plus en colère qu'il ne semblait l'être :
- La question de Laë se résoudra avec le temps. Elle a permis d'épargner Logan et pour moi c'est encourageant. Jewel a quand même raison, il faut être un peu aliéné pour vénérer Kirion... Pour en revenir à Karl, il semble un peu sûr de lui. Mais, aussi courageux et vaillant. Je pense que même s'il est jeune, il pourra nous aider au combat, s'il y en a un. En revanche, ses bestioles centrau... machin pourront nous être utiles. Combien tu penses qu'elles peuvent porter d'hommes ? Si nous voyageons sur leur dos, nous pourrions gagner un à deux jours...
- Centauris puer le rat crevé, Kodo être content si eux tous partir avec vous ! Sans Laë, les Centauris et Gurkan, lui respirer enfin de l'air frais !
Il se massait tout sa bosse mais avait un air taquin. Logan quant à lui dormait toujours paisiblement. Andrew lâcha, non sans une infime pointe d'inquiétude teintée d'espoir :
- J'espère que son état ne va pas empirer une nouvelle fois... J'aimerais qu'il se réveille avant mon départ... juste pour lui parler... enfin.
*********
Sous la pluie, Laë ne faisait aucun bruit. Depuis quelques instants, elle marchait, tout simplement. Elle n'arrivait à comprendre d'où pouvait venir autant de haine. Kirion lui avait laissé là un bien bel héritage ! Mais elle aurait son mot à dire. Ses pas la menèrent au potager où elle aperçut Carline en compagnie de Jewel. Elle s'approcha entendant les dernières phrases des lydéennes. Elle dit, d'une voix aussi calme que sa robe était mystérieusement propre :
- Et vous, croyez-vous que je serais prêt à tuer une jeune femme de sang froid ?
Elle marqua une courte pause. Nul doute qu'elle allait s'attirer les foudres de la plus jeune. Alors, elle enchaîna, avant de ne plus avoir droit à la parole :
- Kirion en serait capable... mais pas moi. Je ne suis pas une meurtrière. Je ne juge pas les gens de ce village sur le fait qu'il vénère Cheera et Pelös. Je n'éprouve pas de rancoeur à leur égard juste parce que Mavican a tué beaucoup des miens. Je ne vous juge pas sur vos origines et votre culture. S'il te faut quelqu'un à détester, alors soit. Je jouerais ce rôle. Mais j'en ai assez de subir ta colère. Nous sommes toutes deux adultes et responsables, alors à défaut de nous battre, ignorons-nous, tout simplement.
La reine n'avait pas espoir en une réconciliation ni même à ce que la lydéenne accepte l'indifférence. Mais, elle tendait simplement la main au cas où...
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Du haut de sa tour, Dorthal regardait longuement les chaînes montagneuses. La vue était magnifique et il y voyait à des kilomètres à la ronde. L'ordre avait été donné, les mages se préparaient... d'ici quelques jours, ils progresseraient vers la frontière et envahiraient ce pays peuplé de traîtres et d'assassins. Après avoir respiré un bon bol d'air frais à une des fenêtres, il descendit quelques marches pour arriver dans un dédale de couloirs.
Cinq minutes plus tard, il arrivait dans une grande salle très éclairée. Au milieu, sur un tapis en peau de bête, était placée un grande table ovale. Assis à deux mètres les uns des autres sur des chaisses en fer forgé main, onze personnes, vêtues de robes pourpres cessèrent de parler. Dorthal s'installa sur un trône de bronze au milieu et en face d'eux. Le Grand Conseil des Anciens, était enfin sous sa direction personnelle. Avec un soupir d'aise, il parla d'une voix claire qui résonna dans toute la salle :
- J'avais raison... reconnaissez-le. Nous avons perdu du temps, mais je vous pardonne, je comprends tout à fait que vous ne m'ayez pas fait confiance dès le départ.
- Le peuple vous approuve.
- Je sais. Je n'en espérais pas autant, j'attendais juste votre décision et votre vote. Je propose que nous le mettions à nouveau à l'ordre du jour et que chacun de vous prenne une position définitve. Une fois ce petit point réglé, nous pourrons commencer à marcher vers la frontière.
- Le vote précédent était très clair ! Nous n'avons aucun raison de nous plonger dans un conflit avec ces populations !
- Mais nous avons des éléments nouveaux, ceux que je vous ai apporté ce soir...
- Mensonges ! La Reine n'est pas une traîtresse et ceux qui pensent ça sont décidément faibles et facilement manipulables...
- Gelsem, mon ami...
- Je ne suis pas votre ami ! Vous n'avez aucune autorité sur ce conseil ! Pas tant que Laë est vivante !
Dorthal plaqua son regard sur l'homme qui lui parlait avec tant de véhémence et il prit un air triste :
- Malheureusement... l'esprit que j'avais envoyé m'a révélé cette trahison et lorsque je lui ai demandé ce qu'il comptait faire pour partir de notre monde, il m'a confié qu'il voulait mettre fin à cette infâmie... A l'heure qu'il est, la reine n'est certainement plus de notre monde... je n'ai pas pu l'empêcher... et j'ai pourtant essayé...
Quelques murmures s'élevèrent et Gelsem se leva brusquement en clamant :
- Menteur perfide ! Elle n'est pas morte !
- Allons Gelsem, calmez-vous... nous traversons une période difficile mais nous n'avons pas à tergiverser. Ils vont nous attaquer à nouveau ! Et il y aura encore plus de morts... Nous sommes en guerre.
- Kirion a ordonné que nous les attaquions sous aucun prétexte.
- Et où est-il lorsque nous avons besoin de lui ? Laë ne l'a pas écouté et elle est partie... Elle a préféré nou planter un poignard dans le dos... Mais elle est morte, désormais. Je refuse de laisser ces barbares tuer mes frères et mes amis ! Ils ont ouvert les hostilités, alors nous le leur ferons payer. Du sang pour du sang... une vie pour vie !
Quelques murmures d'approbation s'élevèrent dans la salle mais Dorthal reprit :
- Bien, procédons au vote. Quels sont ceux qui approuvent une invasion par mémoire pour nos morts et par souci de Justice ?
Cinq mains se levèrent. Ce n'était pas la majorité, d'un ton un peu moins conciliant, il demanda :
- Qui refuse ?
Trois autres bras se levèrent en plus de celui de Gelsem. Dorthal regarda les deux hommes qui n'avaient pas pris de décision et questionna :
- Et vous ?
- Nous préférons avoir un délai supplémentaire pour y réfléchir.
Sous la table, il serra violemment ses poings à s'en planter les ongles dans la chair. Heureusement qu'il avait ses gants... Il se leva, et dit avant de sortir :
- Soit, nous reprendrons demain. Vous avez donc votre temps pour méditer et choisir la bonne solution. Bonne soirée...
Il remonta dans la tour et dès qu'il eut fermé la porte, il fracassa d'un simple coup de poing une colonne de pierre qui devait faire 20 cm d'épaisseur. Un homme entra alors, il était vêtu d'un tunique marron foncée et demanda d'un voix éraillée, cassée :
- Ils ont encore refusé...
- Oui... Ces vieux débris vont finir par achever le peu de patience qu'il me reste... nous serons fixés demain...
- J'ai entendu Gelsem... il ne vous soutiendra pas et risque de faire pencher le vote en votre défaveur...
- C'est pour cette raison que tu vas m'enlever cette douloureuse épine du pied... Tue-le avant demain. Sans lui pour raconter des bêtises, j'aurais le soutien qu'il me faut.
- Mais si les autres ont peur...
- Ils ne craindront rien si c'est un signe de désapprobation de Kirion... Si le Dieu nous accorde sa bénédiction en punissant les traîtres et les contestataires, personne n'osera défier sa volonté ! Arrange-toi pour que l'on croit en un acte divin... il doit mourir dans le sanctuaire, foudroyé ou mieux...
- Oui ?
Dorthal eut un sourire mauvais et lâcha avec cruauté :
- Eventré par une lame susceptible d'être la sienne. Mais, je te laisse faire, je suis sûr que tu trouveras assez d'idées pour faire gober cette histoire... tu en seras fortement récompensé...
L'homme s'éclipsa et Dorthal retourna à sa fenêtre. Il avait un sourire vil sur les lèvres, victorieux. Il l'aurait son invasion... il l'assouvirait... cette vengeance. _________________
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|  | | Koah Lang

 Age : 24 Inscrit le : 04 Juil 2007 Messages : 1230 Âge du personnage : 26 ans Fonction : Esclave d'Ayreb Né à : Lydée
| Sujet: Re: 01 - Quand sonne Winowa. Jeu 3 Avr - 3:48 | |
| Aux mots d’humour de Kodo, Gurkan poussa un rire gras. Il donna une grande claque sur l’épaule du Qwel qui chancela. Il dit : « Toi aussi l’ourson tu vas me manquer ! Fait gaffe à ta truffe à Thunket. Même s’ils ne sont pas très dangereux, ils sont assez spéciaux. Ils risquent de vouloir goûter de quoi tu es fais… et ça serait dommage de perdre ton dernier bras. »
Meecham s’assit lentement près d’Andrew, puis il le dévisagea un moment : « Ce n’est que mon avis, mais je fais entièrement confiance en Laë et je pense être capable de placer ma vie entre ses mains, s’il le fallait. Elle est éclairée et manipule la magie avec sagesse, contrairement à bons nombres d’ensorceleurs. Elle me rappel par certain côté la délicieuse mère de Poméra. » Il opina. « J’admets que vos craintes concernant la magie sont fondées Andrew, et que c’est une chose puissante contre laquelle le commun des mortels ne peut rien. Je ne les remets pas en question. C’est sans doute d’ailleurs votre impuissance face à la magie qui vous fait ne pas l’aimer, mais dans mon monde, nous pensons que pour un ensorceleur maléfique, s’oppose par équilibre, un ensorceleur de justice. Pour un Mavican, il y a une Laë. »
Gurkan laissa apparaître un sourire goguenard : « Je te conseil mon vieux de ne pas tenir ce discours devant Jewel. Elle t’étriperait mieux qu’une Hankienne libre bafouée. » Il rit, puis se ravisa : « Laë me semble quand même un peu trop sage à mon goût. Elle tient trop à se faire bien voir par tous. Contrairement à vous, je n’oublie pas qu’elle nous a été imposée par Kirion. Elle peut être une sorcière très puissante et animée d’une dévotion immense pour nous autre, j’ai quand même du mal à oublier que derrière les Rocailles, des potes à elle, n’attendent qu’une chose : nous étriper à cause de Mavican le Maudit… qui soit dit en passant, à été banni de nos terres. »
« Il y a une raison à sa présence ici, tout comme la mienne. Les dieux… »
Gurkan roula les yeux. « Il y a toujours une raison avec les dieux, mais étonnement, nous ne la comprenons jamais. Ce ne serait pas distrayant pour eux s’ils ne nous tournaient pas en bourrique ! Ça aurait couper tout son charme au don de Cheera si elle lui avait dit : Andrew, je te donne le pouvoir de tuer les dieux… débarrasses-nous de toutes ces raclures… Thorin, Kobol, Kirion, Kor, Torsha et compagnie… »
Meecham ignora la remarque blasphématrice. Il se contenta de déposer son regard sur Logan dont le thorax s’élevait à un rythme régulier : « Quoiqu’il en soit, ne vous en faites plus trop pour Logan, Andrew. Sans cet esprit pour accabler son âme, je suis certain qu’il possède désormais toutes les chances de son côté. Il n’y a pas de raison. Vu toutes les mixtures que lui prépare sans arrêt Alcin, se serait plus qu’étonnant qu’il ne s’en remette pas. »
Puis, le jalanien se leva, s’inclina et il s’éloigna. « J’ai encore quelques instructions à donner à Fazina au sujet de Poméra avant mon départ. Si nous ne nous revoyons pas, je serais avec les hommes demain à l’aube devant les portes de Ténolas. »
Gurkan, Andrew et Kodo restèrent seuls dans le dortoir des blessés. Il y régnait un calme absolu. Contre le toit du palais, la pluie se faisait entendre, ainsi que quelques coups de tonnerre au loin dans les plaines. Des murmures, bride de chants religieux leur parvenaient du temple situé dans l’aile nord du palais. La nuit était avancée. Alcin voyageait dans le couloir en compagnie de Déjanire. Ils énuméraient ce que les guerriers devaient apporter.
D’une voix basse et gagnée par une vague de fatigue contrôlée, Gurkan dit : « En ce qui concerne les centauris. Karl accepte de nous en céder six. Ni plus, ni moins. Avec l’accord de Déjanire, quelques éleveurs aimeraient utiliser les plaines de l’ouest pour tenter un nouvel élevage. Si tout va bien, d’ici le prochain Winowa nous devrions avoir un troupeau de quelques bêtes montable. »
Gurkan garda longtemps le silence. Il ne savait pas comment le demander à Andrew sans que celui-ci ne s’emporte à nouveau. Il n’était pas dans les habitudes du guerrier de prendre des pincettes, mais en pareille circonstance, il valait peut-être mieux ménager la successibilité du Chef de Lydée.
D’un ton ferme et les yeux plantés dans ceux d’Andrew, Gurkan dit finalement tout en se levant : « Une dernière fois… es-tu bien certain de vouloir nous accompagner à Hanka ? De savoir où tu mets les pieds ? Comparé à Hanka, dans ses pratiques Kabeth est une sœur de Cheera. Tu verras là-bas des choses qui risquent de te choquer et de te dégoûter à vie. Le marché aux esclaves, l’allée des Augures, l’arène et ses combats a morts et ses viols publics… les crucifiés. Hanka est la cité du vice et de la cruauté… après Trayareg. Seuls les plus durs y survivent. Vu la façon dont tu as réagi parce qu’on se tripotait à Kabeth avec Koah… attends-toi à voire pire là-bas… et à peut-être subir pire qu’une main au paquet. » Une mine sombre. « Surtout si nous devons nous aventurer dans l’allée des Augures et les rallier à notre cause. Tu n’es pas sans savoir que les Augures sont des êtres monstrueux à l’âme noir. »
*************
A l’approche de Laë, la colère de Jewel ne se tempéra pas d’un iota. Rien que de la regarder, une horrible haine épaisse naquit en la jeune Lydéenne. Jamais durant toute sa vie, elle n’avait ressentit pour quelqu’un ce genre de sentiment. Quoique pourrait dire ou faire Laë, cela ne serait jamais bon et suffisant. Non, la reine exilée ne trouverait jamais grâce aux yeux de Jewel.
D’un air horriblement gluant, Jewel marmonna : « Qu’est-ce qu’elle vient faire ici celle-là ? » Elle avait les mains crispées autour du cerf en bois. « Je suis suffisamment à ma véritable place ici, salope ? Loin du palais ? Loin d’Andrew et de toutes les décisions ? Mais sache une chose salope de Kirion, j’aurais bien plus mon mot à dire ici dans la boue, que tu ne l’aura jamais là-bas ! Ce sont mes amis ! »
Carline lui caressa les cheveux : « Comme je vois, tu n’es pas prête à lui tendre la main. C’est dommage. Ecoutes Jewel, tu devrais retourner rejoindre ton ami Meecham. Si je ne me trompe pas, et je ne me trompe jamais pour ce genre de chose, vous vous plaisez bien. Il va partir pour Hanka, ce serait dommage de le laisser s’en aller les idées noires. » Elle ajouta après un bref regard vers Laë. « Elle va partir également. Tu le l’aura plus sur ton passage et tu pourra reprendre ta vie normalement. »
D’un air arrogant, Jewel fixa Laë, puis sans une once de considération envers la perche tendue en signe de paix, elle s’en alla, passant devant Laë. Dans son sillage, elle murmura avec rancœur : « Que les Augures d’Hanka t’emportes poufiasse ! » Et elle reprit sa route vers le chemin menant au palais.
Carline s’approcha de Laë, un léger sourire désolé sur les lèvres. En rassemblant ses longs cheveux blonds en une queue humide, elle dit : « Ce n’était peut-être pas une bonne idée de tenter une réconciliation de la sorte avec elle. Jewel est excessive dans ses pulsions, tout comme l’était mon frère. Ils sont… Jewel est une tête de mule qui s’acharne sur qui lui cause du tors. Je ne sais pas vraiment pourquoi elle vous en veut autant à vous et à votre dieu, mais elle semble bien remontée. Avec le temps j’imagine qu’elle se calmera et tâchera au mieux de vous ignorer. »
Carline invita d’un mouvement de bras à la reine de la suivre. « Je ne cherche pas à la défendre, vous savez. Mais Jewel a tout perdu. Les Idrazits ont détruit son village, massacrer sa famille et Gurkan à tuer son meilleur ami. Elle n’a plus rien, comme beaucoup d’entre nous, certes, mais sa peur de l’inconnue est légendaire. Je suppose qu’elle vous rend responsable de beaucoup de nos maux… » Elle soupira. « Quoiqu’il en soit, Jewel est une sœur de Cheera comparée à certaine Hankienne, alors prenez soin de vous… même si je ne doute pas que les hommes veillerons sur vous. » _________________

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|  | | Andrew Kant

 Age : 21 Inscrit le : 03 Sep 2007 Messages : 1110 Âge du personnage : 35 ans Fonction : Chef de Lydée Né à : Lydée
| Sujet: Re: 01 - Quand sonne Winowa. Jeu 3 Avr - 22:52 | |
| Laë regarda Jewel partir vers le grand hall. Tant pis si une trève n'avait pas été conclue... La Reine avait déjà subi des échecs, celui là était moindre. Elle écouta Carline et lui répondit aimablement :
- Elle m'en veut parce que j'ai eu le malheur de dire que Kirion était très respecté dans mon pays. Je suppose que vous auriez réagi pareil... Il n'est pas très gentil comme personnage mais il a beaucoup aidé mon peuple. Je sais qu'il veut protéger ce monde. C'est quelqu'un de bien mais il n'aime pas que les gens l'apprécient... l'ennui, c'est que dans sa colère contre lui, elle fait un amalgame avec moi. Je ne leur ai fait aucun mal et depuis le début, je m'efforce de les aider. Seulement, à force d'être rejetée ainsi, je commence à me lasser. Kirion ne s'est jamais montré tendre, avec personne... vous vénérez Okan, le Dieu de la chasse... c'est la divinité dont j'apprécie le moins l'existence... elle prime le meurtre d'animaux... la consommation de viande. Dans mon pays, c'est une chose malsaine. Pourtant, je ne vous ai manifesté aucun signe d'hostilité à ce propos. Pour ma part, je crois que Jewel vit trop dans son passé pour anticiper les choses à venir et c'est pour ça qu'elle est si amère. Tout change, un jour ou l'autre.
Elle jeta un oeil au potager et poursuivit, sa robe toujours sèche et propre :
- Les hommes meurent un jour, leurs enfants aussi... il y a des guerres, des inondations, des éruptions volcaniques... c'est ce qui fait tourner le monde. Je ne lui en veux pas... ni à vous d'ailleurs. Il est normal que vous vous méfiez. Croyez-vous à la destinée des Anciens Sulas ? Celle qui dit que tous leurs descendants s'uniront pour contrer la volonté des Dieux ? C'est un légende... elle a traversé les âges. Je ne pensais pas que cela arriverait durant mon existence. Si vous ne me faites pas confiance, sachez néanmoins ceci, je ferais tout pour vous aider mais je ne peux renier le passé de mon peuple. Tant pis si Kirion empêche des amitiés de se créer.
Elle planta ses yeux bleus dans ceux de Carline et ajouta, d'un voix respectueuse :
- Votre frère était quelqu'un de bien. Je ne l'ai pas connu... et c'est fort dommage. Mais, lorsqu'Andrew, Gurkan ou Jewel en parle, c'est toujours en bien. Vous aussi, vous êtes quelqu'un de bien. Vous acceptez de me parler alors que personne ne souhaite vraiment le faire. Je pense que vous tenez ça de votre mère. J'ai pu me rapprocher d'elle un peu et je sais qu'elle fait preuve d'une grande tolérance. Il se fait tard... je dois vous quitter si je veux avoir tous mes réflexes demain...
Un lueur farouche passa dans son regard et elle fit un léger sourire mystérieux :
- Je persiste à dire, que c'est plutôt moi qui vais veiller sur ces hommes. J'ai cru percevoir en eux une certaine forme d'arrogance et de supériorité. Je sais me défendre, soyez sans crainte, je garderez un oeil sur eux...
Elle fit un petit clin d'oeil et s'éloigna en silence. La pluie continuait de tomber mais Laë ne recevait pas un seule goutte.
********
De son côté Andrew eut du mal à se contenir face à la question de Gurkan. Et c'est d'un ton un peu frileux qu'il répondit :
- A la différence près c'est que toi et Koah, vous étiez lydéens. Que les kabéthiens s'adonnent à des orgies si ça les chante, pourquoi pas, mais deux lydéens... Et puis, ça m'a surpris... Koah a dit des choses qui m'ont décontenancé... et toi tu m'as mis ton poing sur la figure, je te rappelle ! Si j'avais su ce que ça allait provoquer, je ne serais pas venu vous chercher...
Il s'en voulait toujours parce qu'il savait que la flamme avait été attisée à cet instant précis. Si Koah ne l'avait pas vu son débordement de sentiments n'aurait pas eu lieu et il serait toujours en vie. Il ajouta avec un léger sourire aux lèvres :
- N'empêche, Guerel et Jewel formaient un beau couple... J'arrive pas à croire que leur chef ait gobé cette histoire ! Enfin, j'ai au moins un bon souvenir de cette soirée. Jure-moi que tu ne vas pas me foutre la main dans l'entrecuisse toi aussi. C'est déjà assez gênant comme ça ! Et puis, tu risques de leur donner des idées...
Il eut un petit rire et reprit, d'un ton plus sérieux :
- Et en ce qui concerne les âmes noires et perfides... je crois que même ces foutues Augures n'égaleront pas Kirion... Il reste le maître en cruauté.
- Lui être loin...
- Je l'espère... en tout cas, je ne suis pas pressé de le revoir. Si cet enfoiré débarque ici en mon absence et qu'il touche à Logan... Quoiqu'il en soit, je sais ce que je dois faire. J'irais à Hanka. Et si jamais on venait à vouloir me violer, je suis sûr que tu les en empêcherais... non ? Fais gaffe, je suis ton chef maintenant...
Kant plaisantait et Kodo se gratta le menton en faisant mine d'être faussement sérieux. Il ajouta :
- Si Kodo être Gurkan, lui ne pas bouger le petit doigt... _________________
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|  | | Koah Lang

 Age : 24 Inscrit le : 04 Juil 2007 Messages : 1230 Âge du personnage : 26 ans Fonction : Esclave d'Ayreb Né à : Lydée
| Sujet: Re: 01 - Quand sonne Winowa. Ven 4 Avr - 1:26 | |
| Gurkan ne put réprimer un léger sourire amuser. Les souvenirs de cette soirée et ce qui en avait découler était toujours horriblement douloureux, mais le guerrier avait apprit à ne plus laisser transparaître le moindre de ses sentiments de peine. D’une voix teintée d’un léger amusement, il dit :
« Ouais, t’es peut-être mon chef Kant, mais entre nous, chef ou pas, je ne pense plus m’interposer si tu subis les élans sexuelles de certaines hankiennes ou hankiens. T’envoyer en l’air serait une bonne chose pour toi.. Les hommes… même les hommes dans ton genre on des besoins, des besoins primaires et sexuels à s'en exploser le pagne, il serait peut-être temps de cesser de les réprimer. Tu vas finir comme les prêtres de Cheera… horriblement chaste et frustrer. » Il se leva et claqua lourdement sa puissante main sur l’épaule d’Andrew. « Et rassures-toi, Kant, tu ne dois pas avoir les fesses assez douce pour que je puisse m’y plaire toute une nuit entre elles. Car de nous deux, tu es le jeune homme et moi l’homme... tu l'aurais sentie passer. »
Il lui ébouriffa les cheveux d’un air revanchard, puis il s’éloigna, sa carrure et sa démarche animale tranchant son sillage. Il ne put cependant se défendre d'ajouter, ce qui trahit un instant sa jalousie toujours présente : « Comme quoi, avec Koah c’était voué à l’échec. C’était le jeune homme par excellence. »
***********
Il y eut beaucoup de pluie cette nuit-là. Tellement que les chemins de Ténolas furent détrempés. L’aube et sa rosée matinale se levaient tout juste, accompagnés d’une éclaircit de laquelle le timide soleil orangée pointait le bout de son nez. Les cloches du clocher du palais venaient enfin de se taire. Elles avaient sonnées un quart d’heure en hommage à Alice Tolak, dont le bûcher funéraire brûlait encore sur la bute de la cité et autour duquel se tenait toujours une grande partie de la population Lydéenne.
A l’étage d’une maison en bord du chemin principale, Jewel somnolait. Blottie nue contre le corps rassurant et chaud de Meecham, elle savourait les derniers instants passé avec un homme pour qui elle éprouvait un amour grandissant. Ils étaient allongés tous les deux, les bras de la jeune femme autour de la poitrine du guerrier jalanien. D’un geste tendre, Meecham caressa sa chevelure et ses douces épaules.
Le guerrier était satisfait de sentir son corps souple et athlétique, apaisé par une folle nuit d’amour. D’une voix tendre, il murmura : « Je vais devoir y aller, si je ne veux pas être en retard devant les portes. Andrew risquerait de penser que je me suis débiné de la leçon d'équitation. »
« Tu reviendras ? » Jewel s’éveilla un peu. « Promets-moi que tu reviendras. »
Meecham lui releva la tête par le menton : « Pourquoi je ne reviendrai pas ? »
Elle se glissa plus près de lui, remontant le drap sur le haut de sa poitrine : « Parce que tous les êtres qui me sont cher on tendance à disparaître ces derniers temps. »
Lentement, Meecham se pencha vers ses lèvres pour l’embrasser. « Je reviendrai. J’ai survécu à beaucoup de batailles sur Jalane. Ce n’est pas vos petits Hankiens obsédés par l’hémoglobine qui vont me faire tourner de l’œil. »
« Ils sont bien pire que l’image que tu t’en fais… » Jewel décrocha soigneusement un bracelet, réplique exacte du bijou qu’elle avait laissée autour du poignet de Koah, dans les souterraines. « C’est mon bracelet préféré. Il n’en existe que deux dans ce monde. La… la dépouille de Koah en possède un… Et je vais te prêter le second car je tiens à le récupérer. Tu m’entends ? » Elle se redressa. « Je suis très sérieuse. Que tu es une jambe en moins ou que tu te vides de tes tripes, peu m’importe, tu reviens avec lui ! J’y tiens énormément, alors ramène le moi, aussi non, je jure que tu subira mon courroux. »
Et, une fois qu’elle ait nouée soigneusement le bijou autour du poignet de Meecham, tout deux, malgré l’agitation grandissante près des portes de la palissade, s’embrassèrent et retrouvèrent ce lieu hors du temps, où tous deux pouvaient donner libre court à leur passion mutuelle.
***********
Gurkan Miras se tenait près des portes de Ténolas. Les bras croisés et l’air amusé, il regardait et écoutait Karl expliquer pour la troisième fois comment monter correctement un centauris sans que celui-ci ne se rebiff. Le jeune chef kurikanais semblait mettre un point d’honneur à ordonner qu’on voue un immense respect à ces montures.
Les centauris, ces chevaux à cornes de bouc et à l’incroyable musculature, étaient dressés aux doigts et à l’œil. Ils n’obéissaient qu’a leur cavalier et pouvaient rester parfaitement silencieux lorsqu’on posait la paume de la main sur leurs museaux. Il était évident que ces animaux étaient intelligents. Gurkan - non sans une certaine maladresse - avait parfaitement dompté le sien, un grand et élégant male noir à la crinière flamboyante.
Il était prévu que les six centauris soient monté par Andrew, Karl, Gurkan, Meecham, Laë et Tomas, le guérisseur chargé de les accompagnés avec son assistant, Hamy. Les autres compagnons de route marcheraient aux pas, comme ils en avaient l’habitude. Ce fut charger de vivre et armés que les hommes attendirent l’ordre d’ouvrirent les portes de la cité.
Devant le fort, les adieux s’éternisaient. L’arrivée de Meechamm et de Jewel ne passa pas inaperçu et celle-ci leur valu quelques remarques taquines de Poméra et de Fazina, que Gurkan ne se gêna pas de souligner. Il dit à Andrew d’une voix grasse : « Tu vois Kant, tu aurais eu ce sourire niais dont Meecham nous gratifie si tu t’accordais une nuit entre les cuisses d’une donzelle... où si je t'avais honnorer de mes prouesses ! »
Jewel vira au rouge alors que les soldats de Gurkan, complices, éclatèrent de rire.« Même si j'ai envie de t'arracher la langue à cet instant, Gurkan... revient sain et sauf... »
Meecham rit également, trouvant la remarque assez amusante. Le guerrier avait abandonné sa lourde combinaisons de cuir jalanien pour un pantalon de peau assez légère et un haut en tissu noir. Malgré la chaleur des contrées qu'il allait traverser, il ne put se résoudre tout de même à abandonner sa cuirasse de métal qui épousait parfaitement les contours de ses muscles.
L'ensemble des soldats était paré au combat. Les guerriers Lydéens avaient abandonné le pagne pour des pantalons, et le haut de leur corps nu, étaient protégé par des plastrons en cuir et parfois pour Gurkan, en kétine provenant d'Oderne. Armes dans le dos et a la ceinture, ils avaient fier allure, une allure qui remplissait de fierté la population présente pour leur départ. Quelques hommes - dont Gurkan - avaient même peinturlurer leurs corps ici et là de peinture de guerre Lydéenne, histoire de dissuader les coupes-jarets de les attaquer à l'approche d'Hanka. _________________

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|  | | Andrew Kant

 Age : 21 Inscrit le : 03 Sep 2007 Messages : 1110 Âge du personnage : 35 ans Fonction : Chef de Lydée Né à : Lydée
| Sujet: Re: 01 - Quand sonne Winowa. Mar 8 Avr - 0:24 | |
| Andrew avait dormi d'un sommeil profond. Quelques instants après que Gurkan soit sorti, Kodo l'avait suivi en lui souhaitant bonne nuit. Mais Kant n'avait trouvé le sommeil qu'une bonne heure après. Epuisé, il s'endormit, adossé contre le mur, Logan près de lui. Le matin en se réveillant, il se sentait drôlement ankylosé... Il se leva en faisant craquer plusieurs fois ces articulations. Il avait la marque de la paroi sur toute la longueur du dos et l'impression qu'un troupe de Centauris l'avait piétiné. avec une grimace, il regarda autour de lui. Tout était calme. Logan dormait toujours paisiblement... et inlassablement. Andrew aurait voulu qu'il se réveille avant de partir...
Il sortit et participa au rite funéraire d'Alice... C'est là qu'il se souvint du mot qu'elle avait transmis à Laë. Dans sa fatigue et son occupation, il avait oublié de le lire. Tandis que les autres regardaient le corps de la vieille femme brûler, lui fouilla dans la poche de son pagne pour en sortir le petit morceau de pate de bois grossièrement conçue. Ce qu'il y vit le glaça sur place. C'était l'écriture de Guerel qu'il y avait dessus ! Avec son style très lisible, on aurait dit qu'un enfant avait tracé ces lettres, il avait marqué :
"Ma chérie, ne m'en veux pas pour ce que je te laisse. J'ai la vague sensation que tu en auras plus besoin que moi. Je me fie à mon instinct. Protège-le au péril de ta vie. Si Andrew revient, je veux que tu le lui donnes. Je ne me fais pas d'illusion, la route vers le Pic sera longue et difficile. A mon âge, mes chances de retour sont très limitées. Mais je garde espoir. Cache le quelque part, à l'abri et par pitié, n'essaie pas de mettre en pratique certaines théories... elles pourraient t'aspirer la vie peu à peu. Je t'aime, je tenais à ce que tu le saches. Puisses-tu me pardonner mes actes, futurs comme passés... Guerel."
Juste en dessous, Andrew crut distinguer un symbole familier. Il avait été tracé par Alice, visiblement car elle avait griffoné la suite :
"Tu resteras toujours mon potier d'amour."
Quel était l'intérêt de ce mot ? Et de quoi parlait-il ? Quel était donc cette chose qu'il avait pu confier à sa femme ? Devait-il le trouver ? "Des théories pourraient aspirer sa vie peu à peu..." Les choses commençaient à se clarifier peu à peu... Visiblement, Alice avait désobéi... Son état n'avait fait que se dégrader pour arriver finalement à la mort. Donc, elle avait usé d'une théorie. Perdu dans ses pensées et après avoir embrassé Logan sur le front en guise d'au revoir, il rejoignit Karl qui était en train de montrer aux autres comment monter un Centauris. "Ce n'est guère aussi compliqué que de monter ce... cheval...", pensa-t-il en se souvenant de la façon dont il avait rencontré sa propriétaire. L'animal était sans doute parti vers les Collines d'Oderne, il y avait des prairies là-bas. Sa propriétaire n'avait visiblement pas survécu à l'assaut des Idrazits.
Le chef de Kurikat parut légèrement étonné de la façon dont Andrew se débrouilla pour aller en selle. Le lydéen n'eut en effet aucun mal à harmoniser sa monture et à la calmer. Mais, étrangement, il avait un léger vertige, à cette hauteur. Pourtant, il montait souvent aux arbres. C'était peut-être dû au fait que ces derniers ne bougent pas. Il descendit et c'est à cet instant que Meecham arriva accompagné de Jewel. Rien qu'à la mine de ces deux lurons, Kant n'eut aucun mal à savoir ce qui les avait occupés toute la nuit. Mais Gurkan fit encore des siennes ! Il lui adressa une boutade à laquelle Andrew rétorqua avec un petit sourire.
- Fous-moi la paix, monsieur l'homme ! Je sais gérer mes pulsions, moi...
Et il faut dire que c'était vrai. Depuis la mort de Laureen, il n'avait pas une seule fois eut un autre plaisir charnel. Ni avec un homme ni avec une femme. C'était quelque chose de sacré, chez lui... certains respectaient son choix, d'autres se moquaient de lui ou faisaient circuler quelques rumeurs, comme quoi il profitait de la nuit pour se soulager tout seul afin que personne ne le voie... Ce qui était totalement faux et absurde ! Enfin, allez expliquer ça aux autres... Ils ne le croiraient pas. Pour certain l'abstinence était impossible chez un homme. C'était le cas de Dolgan, par exemple. Bien que le maître intendant soit mort, ses frasques l'avaient toujours précédé. Pour Kant, c'était toujours mystérieux, seuls ceux qui avaient essayé de coucher avec lui ou ses proches savaient qu'il restait buté sur cette idée.
Andrew s'approcha de Jewel et la serra contre lui. Malgré leurs nombreuses altercations, la jeune femme était restée pour lui quelqu'un d'attachant. Et puis, il mit sa légère rancoeur de côté pour les adieux... qui n'en étaient pas vraiment puisqu'ils reviendraient. Kant l'espérait, du moins... Il lui glissa à l'oreille, à voix basse pour que personne n'entende :
- Si Logan se réveille, en mon absence, dis-lui que je l'aime et que je serais vite de retour. Quant à moi, je te promets de te ramener Meecham par la peau des fesses et de l'empêcher de se faire sauter dessus par des Hankiennes...
Il eut un sourire et l'embrassa sur la joue. Il ajouta d'une voix audible par tous et avec un léger sourire en coin :
- Je te promets de te ramener ton "homme" de Gurkan... Normalement, vu qu'il m'a sauvé la vie, je dois lui rendre la pareille... ça ne devrait pas être difficile, étant donné qu'il vit dangereusement...
Kodo ne laissa pas échapper un petit rire moqueur qui fit sourire Helen. Tour à tour, elle, Alcin et le Qwel firent leurs adieux et Andrew remonta sur le Centauris. De là où il était il avait l'impression de se sentir libre. Ou peut-être que c’était du au fait que Logan aille mieux. Il espérait vite revenir. A cet instant, Laë arriva. Elle passa devant Jewel sans lui accorder un seul regard, elle se contenta juste d’adresser un bref sourire à Helen et Déjanire. Elle s’approcha d’un Centauris, posa sa main sur l’animal et n’eut alors aucun mal pour monter sur son dos. Elle avait abandonné sa robe pour mettre un pantalon, elle aussi et elle avait attaché ses cheveux en un chignon très serré. D’une voix forte, Andrew dit :
- Ouvrez les portes.
Les gardes de la cité s’exécutèrent. Helen lui rappela une nouvelle fois d’être prudent. Andrew roula des yeux mais la rassura par quelques mots. D’un geste fier et déterminé, il monta sur le dos du Centauris, attendit quelques secondes que son vertige passe puis commença à avancer vers la sortie de Lydée, accompagné de Gurkan, Meecham, Laë, Karl, du guérisseur et des guerriers. _________________
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|  | | Koah Lang

 Age : 24 Inscrit le : 04 Juil 2007 Messages : 1230 Âge du personnage : 26 ans Fonction : Esclave d'Ayreb Né à : Lydée
| Sujet: Re: 01 - Quand sonne Winowa. Mar 8 Avr - 6:35 | |
| Marchant d’un bon pas, les Lydéens mirent huit jours à arriver aux cendres de Lydée au lieu de dix comme Tomas l’avait calculé. Malgré les trois jours de pluie torrentiel et l’embuscade de Falbalas ; la femelle dominante numéro un de l’île depuis la mort de Roy, le voyage se passa sans véritable encombres. Il n’y eut que quatre pertes humaines a déplorée, quatre guerriers de Karl piétiné par la tyrannosaure lors du premier assaut.
Pendant une journée, les dix-huit survivants avaient dû s’installer tous ensemble, sans distinction de rang ou de peuple dans une caverne. Malgré tout le tallent de Tomas et de son jeune assistant Hamy, ils durent brûler les morts au crépuscule.
Ils perdirent également une autre journée suite à l’attaque du clan des Bulgottes, des brigands s’en prenant aux voyageurs. Gürkan avait ordonné de les pourchasser à travers la région afin de s’assurer qu’ils ne reviennent pas de sitôt, et ne les attendent sur le chemin du retour. De plus, combattre ces hommes avait été une expérience enrichissante pour les jeunes soldats de Karl qui manquaient cruellement d’assurance.
A la sortie de la Grande Vallée, ils croisèrent la route de nomades fuyant les terres de l’est. Les voyageurs avaient ouvert largement leur campement rudimentaire à la troupe d’Andrew, et ils les avaient tous accueillis en leur offrant ce qu’ils avaient de meilleur. C’étaient de bien maigres récompenses par rapport au train de vie de Ténolas, mais ils acceptèrent leur hospitalité avec grâce, car ils savaient qu’ils ne disposaient que de cela.
Marcher si près des cendres de Lydée avait un quelque chose de perturbant pour les Lydéens. Les soldats avaient la mine maussade. Certains semblaient sur le point d’exploser de rage, et d’autres priaient silencieusement en s’avançant sur la voie Lydéenne à travers les cendres de la jungle. Gurkan ne disait rien depuis plusieurs heures, s’avançant simplement en tête de peloton à côté du jeune Karl.
Le chef du village de Kurikat demanda : « On racontait que Lydée était magnifique et étendue sur des kilomètres à travers les Qwelsas. J’aurais aimé la voir du temps de son âge d’or. »
La mâchoire de Gurkan se crispa et il dit sèchement : « Trop tard. Il n’en reste que des cendres, gamin. »
Aux fils des jours, entre Gurkan et Karl une relation, mentor-apprenti, s'était installée tout naturellement. Karl apprenait du guerrier et prenait ses mots comme paroles de messie, et Gurkan se plaisait à enseigner ce qu'il savait à ce jeune homme à peine sortit de l'adolescence. Une harmonie parfois conflictuel les opposaient comme pouvait opposer un père à son fils. Cela faisait toujours sourire la troupe lors de leur prise de bec.
L’atmosphère dans les rangs était épaisse et lourde en amertume. Même si des cendres la nature semblait ressurgir et reprendre ses droits, cette jungle qui appartenait aux Lydéens autre fois, donnait l’impression d’être maudite. Parfois, un bruit lugubre, sorte de grincement se fit entendre des profondeurs grisâtres des bois. Du sol, une légère brume moutonnait, dansant sous leur sillage.
Un craquement lugubre se fit à nouveau entendre. La troupe était aux aguets. Sous le geste du Gurkan, les hommes sortirent en silence leurs armes de leurs fourreaux, puis, après avoir désigner cinq soldats, l’imposant guerrier – accompagné d’Andrew et de Karl – s’avança à pieds à travers les taillis d’épineux en dehors de la voie. Après quelques mètres, ils se mirent à couvert, face contre la terre cendrée.
Devant eux, des rongmols sombres voyageaient en silence à travers les décombres de l’ancienne Lydée. Ils étaient une cinquantaine et il y avait des femmes et des enfants. Les blessés étaient nombreux et à peine une dizaine d’individus donnait l’impression d’être capable de se battre. Un rongmonl retourna un tas de vieux bois à la recherche visiblement de survivants.
Gurkan fronça les sourcils, échangeant un regard avec Andrew, puis il lui murmura : « Que font-ils si loin de la jungle Rongal ? Leur territoire s’arrête pourtant selon les lois de cette putain de Torsha, près de la rivière de Lydée… là où ils nous avaient attaqués et où nous avons croisés le Dépeceur. »
Un soldat lydéen dit : « Ils faut tous les tuer. Sans aucune pitié. Peu importe ce qu’ils font ici, ils souillent Lydée par leur présence. »
Gurkan examina les mâles rongmols. Même blessés, ils étaient assez menaçants. Ces créatures pouvaient transcender la douleur si la situation l’exigeait. D’un autre côté, ils n’y avaient pas beaucoup de mâles capables de défendre la meute. Ils donnaient l’impression d’avoir essuyer une défaite cinglante et qu’ils recherchaient un endroit pour se terrer. D’étranges glapissements provenaient des femmes et des enfants qui semblaient communiquer entre eux, firent grimacer Karl.
« Loeb n’a pas tort. » Ajouta Gurkan. « Je suis pour qu’on les extermines… tous… jusqu’au dernier. Femelles et progénitures également. Nous avons bien pourchassés les brigands jusqu’à leur dernier retranchement. Ces créatures de Torsha n’ont rien à faire ici. Ils sont une menace potentielle. »
Les exterminer tous jusqu’aux derniers… femmes et enfants, n’éveillait aucun sentiment de compassion en Gurkan. Il n’humanisait pas ces créatures pour pouvoir se permettre autant de froideur à leur égare. Les soldats se regardèrent, attendant les instructions. Même si Gurkan était le maître d’armes et qu’il dirigeait les opérations militaires d’une poigne de fer et avec une certaine efficacité, il n’agissait jamais sans l’accord du chef de Lydée. Pour lui, la hiérarchie était quelque chose de sacrée.
« De plus, les créatures de leur espèce ne nous on fait aucun cadeau lorsque nous sommes passé sur leur terre. A notre tour de faire couleur leur sang ! » Marmonna Karl, une lueur de vengeance dans le regard.
Gurkan ajouta à nouveau : « Ce ne sont pas des humains. Pas des Sulas et tu le sais. Allons chercher les autres, et anéantissons les. » _________________

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|  | | Andrew Kant

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| Sujet: Re: 01 - Quand sonne Winowa. Mer 9 Avr - 16:11 | |
| Le choix était difficile. Andrew n'avait pas oublié la horde qui s'était abattue sur eux lors de leur premier voyage... Ils voulaient s'en prendre à Logan. Rien que pour ça, la sentence était la mort ! Mais, en voyant les enfants et leurs mères, il ne put imaginer leur massacre. Il fuyaient pour une raison et Kant, se contenta de dire :
- Attendez... les bandits étaient armés... et les Rongmols que nous avons croisé sur le chemin du Pic, ils l'étaient aussi. Regardez-les, ils fuient quelque chose ou quelqu'un... Peut-être que les armées de Jalane sont arrivées beaucoup plus tôt que prévu... nous pouvons tuer les guerriers mais pas leur progéniture...
- Ce sont des monstres ! Si nous ne les tuons pas, c'est eux qui le feront !
- Des gosses ? Sans défense, je ne crois pas...
- Vous n'êtes pas sérieux, on ne va pas les laisser en vie ? Ils sont là à la recherche des cadavres ! Si nous les avions pas incinérés, ils seraient en train de s'en repaître sans vergogne.
Laë qui s'était approché très silencieusement de Gurkan, lui murmura à l'oreille :
- Ces créatures sont les dévoreurs d'enfants, non ? Lorsque je vous ai rencontré sur le Pic, l'esprit de Logan y pensait sans cesse...
Gurkan approuva d'un signe de tête. La Reine avait jugé bon de les suivre et elle entreprit alors de raisonner Andrew :
- Si ces choses aiment la chair de vos enfants, la question ne devrait même pas se poser. Ils sont dangereux. Et même sans les guerriers n'oubliez pas que les femelles peuvent être féroces, elles aussi. La violence et la cruauté ne sont pas typiquement masculines.
- Mais, ils sont sans arme... Les attaquer et les tuer serait déloyal et cruel...
- Les Trayaregs que mon peuple a combattus étaient aussi sans arme. Il y avait des enfants... n'oubliez pas que ces derniers grandissent... ils se vengeront du fait que vous ayez tué leur père... ou leur oncle... La décision vous appartient mais vous devez d'abord penser aux intérêts du plus grand nombre.
Andrew soupira et réfléchit un instant. L'idée de massacrer des innocents lui pesait lourd sur la conscience. Ceci dit, les laisser en vie pourrait constituer une menace. La situation était à double tranchant. Il ajouta simplement, en se souvenant de Koah :
- L'intérêt du plus grand nombre n'est pas ma philosophie. Une minorité de gens en sont exclus... et ils paient pour les disfonctionnements de la majorité. Tant qu'il ne nous montrent aucun signe agressif, nous n'avons aucune raison de les tuer.
Un murmure de désapprobation passa parmi les gens présents. Le chef de Lydée ajouta, d'un ton ferme :
- Je n'approuve pas un tel acte. Si nous devons unir les autres communautés, il faudra faire preuve de tolérance. Tu as mon avis, Gurkan, mais je te laisse la décision. Tu es mieux placé que moi pour parler de stratégie militaire. Pour moi, ils ne méritent pas que nous les massacrions. Et si votre motivation dépend uniquement de votre désir de vengeance, alors, je désapprouve complètement.
Conscient qu'une telle décision risquait de diminuer l'estime que les soldats lui portaient, Andrew n'avait pas l'intention de changer d'avis. Il demanda à Gurkan, très sérieux :
- Alors... est-ce qu'ils constituent une menace quelconque pour Ténolas, pire que Falbalas... pire que l'armée de Thorin ? Sont-ils en nombre suffisant pour mettre en danger Lydée ? _________________
Slave of his destiny |
|  | | Koah Lang

 Age : 24 Inscrit le : 04 Juil 2007 Messages : 1230 Âge du personnage : 26 ans Fonction : Esclave d'Ayreb Né à : Lydée
| Sujet: Re: 01 - Quand sonne Winowa. Mer 9 Avr - 19:14 | |
| Gurkan mit un long moment à se décider. D’un côté, il éprouvait une aversion plus que prononcer pour ces créatures, et les tuer ne le dérangeait pas, quitte à égorger lui-même les enfants. Mais de l’autre, Andrew était leur chef et pour que tous ici lui soient dévoués corps et âme, il ne devait pas s’opposer à sa décision. Comment Cheera pouvait-elle lui avoir offert un si grand pouvoir qu’était de tuer les Immortels, alors qu’il n’était qu’un pleutre lorsqu’il s’agissait de combattre ? Gurkan en était frustré.
Finalement, d’un ton brut, il dit tout en se relevant : « On s’en va. Passons notre chemin… »
Sur ses pas, Loeb s’insurgea : « Quoi ? Mais… Ils souillent Lydée ! Kant n'est qu'un abruti ! »
Coupant court, Gurkan lui agrippa le col de son plastron : « J’ai dis : passons notre chemin. C’est encore Andrew qui commande à ce que je sache. Et même si je suis d’avis de les massacrer, je respecte la décision de notre chef qui est de les épargner ! Et tu en feras autant, ou je te livre moi-même à ces bâtards que tu veux combattre ! » Dans une humeur glaciale, la troupe repartit. Gurkan échangea un regard sévère avec Andrew, le genre de regard méprisant qui soulignait tous son mécontentement. Quelques hommes tentèrent de protester, mais personne n’osa contredire ouvertement la décision prise. Ils repartirent donc en silence, s’éloignant définitivement des cendres de Lydée qu’ils laissèrent aux rongmols.
Quelques heures après avoir passer la rivière, ils installèrent le bivouaque dans une petite clairière à l’entrée du bois d’Okan. Gurkan doubla la surveillance de nuit, car les tigres blancs de ces bois étaient réputés très dangereux. De taille deux fois plus imposante que les tigres roux du cloître d’Okan, ils avaient des dents de sabre aussi tranchantes que de la kétine aiguisée. Ces tigres s’en prenaient souvent aux voyageurs qu’ils soupçonnaient en vouloir à la Stèle Sacrée.
La réaction charitable d’Andrew avait ébranlé l’estime de l’ensemble des guerriers. Ceux-ci murmuraient dans le dos du Chef de Lydée qu’il n’était pas apte à prendre les bonnes décisions de guerre et qu’il serait mieux pour lui de commander les fourneaux de la troupe. Gurkan, de l’avis de ses hommes, ne chercha pas à les contredire. Cependant, il se contentait souvent d’ajouter qu’Andrew était le chef et qu’en tant que Lydéen civilisé, on devait lui obéir et lui faire confiance. Seul Loeb s’entêta, mais un combat à main nue où Gurkan lui brisa le cartilage du nez et le poignet, le fit rentrer dans le rang, la tête basse.
Autour du feu de camp, il régnait une atmosphère calme. Les hommes qui n’étaient pas de garde, profitaient de ce répit pour somnoler et reprendre des forces en attendant leur quart. Tomas et Hamy lisaient en silence des parchemins à côté de Laë, alors que tout en fumant, Meecham, Gurkan et quelques guerriers riaient des anecdotes de l’enfance de Karl. Les centauris pâturaient non loin de là, sous surveillance.
Lorsqu’Andrew les rejoignit, le silence se fit et comme pour souligner un certain mépris, les quelques soldats se levèrent brusquement pour rejoindre un autre feu de camp. Meecham échangea un regard désolé avec Andrew. Le jalanien dit à voix basse en se penchant vers lui :
« Ces créatures ont tuer pas mal des miens lorsque nous nous sommes échoués sur les rochers de la rivière à notre arrivée. Je ne les aime pas, mais, je trouve que c’était la meilleure décision à prendre. Leur mort n’aurait pas servit à grand-chose… a part peut-être divertir vos guerriers un moment. »
Gurkan fronça les sourcils et il dit d’un ton sec : « Dans tous les cas, j’espère pour eux qu’ils ne seront plus là à notre retour. Parce qu’Andrew, il n’existe que deux camps sur cette île. Le notre et celui des autres… et dans les autres, je classe les Trayaregs et toutes les créatures monstrueuses que notre monde porte. Si ce n’est pas humain, c’est que nous n’avons pas à nous apitoyer sur leur sort. C’est notre devoir d’éradiquer les menaces potentielles. »
Un léger son moqueur s’éleva de Tomas.
« Il a un problème le guérisseur ? » Grinça Gurkan.
Tomas décrocha ses yeux incroyablement bleu et perçant de son parchemin pour les poser sur le guerrier. Le guérisseur était un homme d'une quarantaine d'années commencées. Il avait la carrure des hommes forts, de longs et abondants cheveux noirs et une barbe épaisse. Il était vêtu d'une tunique, d'un large pantalon et il marchait pieds-nu.
D'une voix la plus calme possible, il dit : « Certaines des créatures que vous classez dans les non-humains, ont bien plus de compassion que vous. De plus, vous semblez oublier que les Trayaregs sont humains. Aussi humains que vous et moi. Doté d’une âme. J'en déduis donc, que la phrase que vous vouliez nous dire était : tout ce qui n'est pas Lydéen ne mérite pas notre compassion et donc, de vivre. »
La mâchoire de Gurkan se crispa et de ses narines sortit la fumée de son cigare. Il ressemblait à un démon à la lueur du feu de camp. Il était assez inquiétant. Gurkan détestait les prêcheurs de paix et d’amour dans son genre. Qui les défendaient face à des guerriers armés ? Les guerriers !
D’un ton méprisant, Gurkan répondit : « Ce monde va être façonné par Lydée ou il sombrera, Tomas. Alors oui, et je n'en ai pas honte, je prone l'éradication sans proces de toutes créatures hybrides, de monstres, et d'êtres surgit des Ténèbres ou du trou du cul de Kobol ! Il est temps de chasser de nos terres les créatures du Mal afin de jouir sans danger de nos terres... » Un regard vers Laë. « Et c’est aussi valable pour ceux de votre espèce. » _________________

 C'est bien fini, je rentre au pays. Où est ce paradis que j'ai tant cherché. La tête à l'Est, à l'Ouest. Comme une vraie girouette.
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|  | | Andrew Kant

 Age : 21 Inscrit le : 03 Sep 2007 Messages : 1110 Âge du personnage : 35 ans Fonction : Chef de Lydée Né à : Lydée
| Sujet: Re: 01 - Quand sonne Winowa. Mer 9 Avr - 21:30 | |
| Andrew était à la fois agacé par l'attitude des guerriers et les propos de Gurkan. Le guerrier avait une vision des choses quasiment identiques à celle de Lokan. Cela faisait à peine quelques jour qu'il avaient quittés Lydée, ils n'étaient pas encore arrivés à Hanka que la tension ne cessait d'augmenter. Là où Kant aurait préféré que le voyage se fasse dans la bonne humeur, des sujets stupides attisaient le feu... Et après les derniers mots de Gurkan, Andrew, se leva brusquement, nul doute... il était en colère et il s'adressa au guerrier de façon vive et ferme :
- Non, non et non ! Par les putains de Crya ! Ce n'est pas MA vision des choses ! Ce monde ne sera pas façonné par Lydée, bordel ! Il sera construit par tous les peuples qui voudront nous y aider !!! Assez de cette suprématie débile ! Lydée est en ruines, réduite en cendres ! Tu réfléchis exactement comme Boric et... les autres ! Nous avons eu notre heure de gloire avec tous les ornements éphémères qui s'y rapportaient ! Mais cette époque là est finie. FINIE !!!
Fortement agacé par les propos que tenait Gurkan, il poursuivit, sans se soucier du fait qu'il était surement audible à un bon demi kilomètre à la ronde :
- Il est hors de question de tuer des personnes qui ne nous auront pas attaquées avant ! Est-ce que c'est clair ? Le but est d'unir les communautés pas d'en faire des vassaux ! C'est fini, nous ne sommes plus les maîtres arrogants et corrompus de cette Île ! Il faudra se faire à cette idée. Si tu es parti vers Hanka avec l'intention de les soumettre à ta volonté, je te conseille de prendre tes guerriers et de rentrer sur le champ à Lydée ! Parce que je ne vais pas là-bas pour faire couler le sang !
Il lança un regard sombre aux guerriers qui étaient à l'écart et qui semblaient médire à son sujet. D'un ton acerbe et froid, il lâcha de façon bien audible :
- Et vous, vous n'êtes pas là pour servir d'armée, vous êtes ici pour nous protéger, point barre ! Tant que je ne le déciderais pas, personne n'attaquera personne ! Si vous n'êtes pas d'accord, alors rejoignez le groupe qui n'a pas voulu nous suivre jusqu'à Ténolas... s'il en reste.
Avec un geste agacé, il s'éloigna des autres pour s'asseoir au pied d'un arbre. Il se demanda si cette charge de chef n'était pas trop lourde pour lui et s'il ne commettait pas une erreur en partant sur des idées de la sorte. De toute façon, il était trop énervé pour s'en soucier. Son départ, signifiait qu'il voulait être seul et Laë lui suivit du regard avant d'ajouter à l'attention de Gurkan :
- J'allais dire que je ne vous voulais aucun mal mais qu'il était possible que ce ne soit pas le cas de Dorthal... enfin possible, c'est certain... mais, j'accepterais le fait que vous ayez à vous défendre. Je partage cependant votre point de vue... les Trayaregs et les autres créatures devraient être éradiqués. Des êtres aussi perfides et cruels ne peuvent pas coexister...
- Mais ça veut dire quoi alors ? Qu'on est là pour la figuration ? Les bandits, il a été d'accord pour que nous les pourchassions ! Et eux ils étaient humains !!!
Hamy prit la parole, de façon calme, sans vraiment lever les yeux de son parchemin :
- Je suppose que c'est logique... Andrew a dit de ne pas attaquer sans hostilité déclarée dans le camp d'en face. Les bandits nous ont attaqués... les Rongmols en revanche, ne nous ont rien faits.
Le soldat ne trouva rien à répondre mais il n'en pensait pas moins. Laë s'accorda une petite minute de réflexion et finit par avouer :
- Je crois qu'Andrew prend très au sérieux ce qui lui a été dit... et il a une vision des choses plutôt sage...
- Pour ce que j'en dis, je pense que nous devrions plutôt songer à des problèmes importants que ces espèces de bagatelles sans intérêt, qui ne font que nous diviser davantage. Si vous voulez rallier le maximum de monde à votre cause, il faut rester soudés. Et je crois que c'est pour cette raison qu'Andrew a préféré se retirer. C'est aussi pour cela qu'il semble se battre : l'union tout simplement. _________________
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|  | | Koah Lang

 Age : 24 Inscrit le : 04 Juil 2007 Messages : 1230 Âge du personnage : 26 ans Fonction : Esclave d'Ayreb Né à : Lydée
| Sujet: Re: 01 - Quand sonne Winowa. Mer 9 Avr - 23:18 | |
| Gurkan n’aima pas la façon dont Andrew s’était adressé à lui, et il le lui fit savoir en lui lançant un regard noir. Froidement, il se releva et écrasa sous sa botte son cigare. D’un pas tranchant qui fit frissonner les guerriers, il s’approcha d’Andrew et tonna :
« Ecoutes-moi attentivement Kant ! J’obéirais à n’importes quels ordres que tu me donneras, car tu es notre chef. Cheera là choisi, et je respecte assez notre Créatrice pour suivre aveuglément son jugement. Mais à Hanka, je ne vais pas attendre une autorisation de ta part pour égorger quiconque me semblera menaçant. Tu m’as bien compris ? S’il faut attendre que tu pèses le pour et le contre à chaque fois, autant tous nous ouvrir la trachée tout de suite ! »
Le guerrier se baissa au niveau du chef de Lydée, puis il ajouta d’une voix un peu moins ferme : « Le monde à changer Kant. Seul les plus fort s’en sortiront, et je compte bien être de ceux là. L’armée de Thorin, ainsi que les sbires de Dorthal n’auront pas de pitiés pour nous. Il n’y a plus de place dans ce monde pour la pitié ! » Il murmura de sorte que seul Kant puisse entendre le reste de sa phrase : « Elle est morte et elle à emporter avec elle, la compassion. » Il se redressa et s’apprêta à s’éloigner à nouveau. « Tu devras t’y faire. »
Le lendemain matin, l’ambiance était toujours aussi tendue. La troupe chemina en silence sur le chemin à travers les bois d’Okan. Plusieurs fois, ils croisèrent la route de tigres blancs aux dents de sabres mais aucun d’eux ne tenta quoique ce soit. Les gigantesques tigres se contentèrent de les observer, près cependant à les attaquer. De crainte qu’ils ne se mettent à les encercler, les Lydéens accélérèrent le pas.
Lorsqu’ils passèrent à proximité de la Stèle Sacrée d’Okan, un grand nombre de tigres blancs se mirent à grogner d’un air menaçant. Derrière eux, un autel fait de pierre sur lequel des fougères poussaient et au-dessus duquel un tigre d’or trônait, était sous étroite surveillance. Meecham regardait la pierre de granite brute et il demanda à Gurkan :
« Qu’est-ce que c’est ? »
« La Stèle Sacrée d’Okan. »
« Et a quoi serre-t-elle ? »
Gurkan ne décrocha pas son regard des tigres. « Beaucoup aime à croire qu’Okan honorais les plus beaux adonis de notre monde sur cette stèle. Mais d’autre encore raconte que de l’ambroisie y serait dissimuler sous la pierre mais que pour la posséder, il faut offrir un grand sacrifice. »
« De l’ambroisie ? » Meecham se gratta la barbe.
Tomas approcha son centauris près de Meecham, et il dit : « La nourriture des dieux. Y goûter garantirait l’immortalité. Mais beaucoup de religieux s’accordent aussi à dire que l’ambroisie est capable de soigner n’importe quels maux et même de repousser la mort. Mais quoiqu’il en soit, la Stèle d’Okan est l'un des endroits les plus sacrés de nos contrées. Elle est pure. Aucun esprit mauvais ne peut l’approcher. C’est un sanctuaire parfait, car une magie bienveillante veille sur les fidèles d’Okan. Danaé dans sa grande bonté, nous à enseigner que ce lieu est l'endroit idéal pour les exorcismes. C'est d'ailleurs sur cette stèle que fut sauver du démon Loforos, notre héros légendaire ; Jismakata... troisième étoiles du soir. »
Le tigre d’or fixait ses grands yeux jaunes sur Andrew. Il le regardait passer d’un air fier du haut de la stèle. Son pelage d'or irradiait les alentours d'une douce lueur soleil. On aurait dit que les tigres n'attendait que son ordre pour sauter sur les Lydéens et les réduire en charpie. Un des tigres fit un mouvement brusque à l'approche d'un centauris, mais le grognement de mécontentement du tigre d'or le calma aussitôt.
Deux jours plus tard, à la sortie du bois d'Okan et à la fin du chemin menant sur les larges plages de sable blanc de la côte sud de l’île, ils surprirent plusieurs colonies de mouettes qui s’envolèrent à leur approche. L’air du large était chargé en iode, les vagues s’abattant sur les récifs étaient assourdissantes et le soleil se reflétant sur la mer éblouissait les soldats.
Au loin, à l’horizon de l’océan bleu turquoise, Hanka surplombait les flots. Le village semblait flotter majestueusement et de celui-ci le brouhaha de la vie résonnait. Hanka était très grande et étendue jusqu’au large. Des pilotis, de la fumée sortaient de plusieurs bâtiments. De nombreux bateaux aux voiles bleues étonnantes avaient jetés l’ancre aux alentours.
A un kilomètre sur la plage, dans un port où se trouvaient de nombreux embarcadères, une centaine d’Hankiens chargeaient et déchargeaient des pirogues. De certains endroits, des gens hurlaient sous les violents coups de fouets. Des esclaves habillés d’haillons étaient charger de construire un nouveau ponton mais chaque fois que la cadence des coups de marteaux diminuait, les coups de fouets ensanglantés fusèrent. Entourant tous ce monde, quelques soldats armés montaient la garde.
Devant les embarcadères, en exemple, deux esclaves étaient crucifier sur d'imposantes croix. Leur sang souillait le sable blanc, alors qu'à leur pieds quelques Hankiens parlaient en s'exclafant sans une once de compassion.
Surplombant la plage de leur bute, les Lydéens regardaient d’un œil sombre le spectacle offert par Hanka. Gurkan prit une profonde inspiration, puis il se tourna vers Andrew et dit : « Bienvenue à Hanka. Nous devons laisser les centauris ici sous surveillance de quelques hommes, et trouver une embarcation. » Un regard sombre. « Espérons pour eux qu’ils ne cherchent pas à faire de nous leurs esclaves… j’ai la lame qui me démange déjà. » _________________

 C'est bien fini, je rentre au pays. Où est ce paradis que j'ai tant cherché. La tête à l'Est, à l'Ouest. Comme une vraie girouette.
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|  | | Andrew Kant

 Age : 21 Inscrit le : 03 Sep 2007 Messages : 1110 Âge du personnage : 35 ans Fonction : Chef de Lydée Né à : Lydée
| Sujet: Re: 01 - Quand sonne Winowa. Lun 14 Avr - 0:25 | |
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Andrew ne fit pas très attention aux paroles de Gurkan. Sinon, il l'aurait légèrement houspillé. Ses pensées étaient absorbées par le regard du tigre au pelage d'or. L'animal, majestueux, avait dardé sur lui des yeux couleur ambre avec une insistance particulière. Il n'y avait rien de menaçant en réalité et c'était ça le plus étrange. Si pour certains cela paraissait ridiculement sans importance, pour le chasseur, cet acte consolidait sa confiance en lui. Okan lui faisait-il autant confiance que Cheera ? Nul doute, sinon, l'animal serait resté indifférent.
Se savoir soutenu par le Dieu qu'il vénérait aussi bien qu'il le pouvait, lui réchauffait le coeur. Chasser avait toujours été une passion et il devait beaucoup à Okan de ses trophées. Il se serait bien arrêté devant la Stèle pour une déposer une offrande mais malgré la pseudo-bienveillance du tigre, il préféra garder pour ce lieu un profond respect, s'estimant indigne de fouler l'herbe fine qui poussait tout autour. Il hocha donc la tête, en regardant au loin par delà la mer bleue et légèrement aveuglante. Il avait entendu le guerrier mais il était explicitement ailleurs.
- C'est donc cela, Hanka ? Elle ressemble beaucoup à un bastion de kilmorins, c'est un peuple qui vit aux frontières d'Yrilia. Ils sont en autarcie complète mais n'accepte pas les étrangers. Ils se sont construits une forteresse sur un petit ilôt dans le Grand Lac. De mon existence pourtant longue, je n'en ai vu de deux... Un mort, tué par une vipère dans un bois et un autre, prisonnier pour avoir planté un épée dans le corps de six enfants...
- Sauf qu'Hanka flotte...
Kant était toujours un peu rêveur, et dans sa voix ça se ressentait. Laë, intriguée, leva un sourcil et lui adressa un regard curieux :
- Oui... exact... mais je ne crois pas qu'elle soit dans la direction que vous regardez...
Comme électrifié, Andrew revint soudain à la brusque réalité. Il lança un oeil à Gurkan puis regarda enfin Hanka. Il dit alors avec une voix particulièrement gênée de ne pas avoir écouté attentivement ce qui s'était dit :
- Nous sommes donc arrivés... Il doit y avoir une passerelle pour y accéder. Trouvons-là et nous pourrons...
- Non, Hanka est construite sur des pilotis, il est impossible d'y accéder autrement qu'en barque.
La voix d'Hamy claqua comme un fouet et Andrew se sentit soudain moins désireux de continuer... Il fallait monter sur ces machins en bois... et traverser la mer ? Pas question !!! Il allait s'apprêter à refuser lorsqu'il se souvint qu'il était Chef de Lydée... Il devait montrer l'exemple. Déjà que les guerriers le pensait poule mouillée à cause des évènements précédents... il valait mieux ne pas perdre le respect, si tant est qu'il existe encore, de ces soldats. Il posa enfin son regard sur l'embarcadère et remarqua les esclaves crucifiés :
- Par Cheera, ce sont de véritables barbares, ces espèces de fumiers ! Regardez-ça, ils exposent les corps à la vue et ils ne sont même pas foutus de leur offrir une sépulture !
- Nous sommes ici depuis quelques instants déjà et ces corps étaient là bien avant que vous ne les remarquiez enfin, Andrew...
Laë eut un petit sourire ironique mais pas méchant. Elle désigna l'embarcadère et dit avec une certaine avidité :
- Si nous allions quérir une barque. Je serais très curieuse de monter à bord.
- Pas moi..., marmonna Andrew dans sa barbe. Il avait toujours eu peur de l'eau... et n'osait pas y mettre les pieds dedans. L'exception avait eu lieu lors de leur précedent voyage, quand Logan avait manquait se noyer. Il était allé à son secours sans se soucier du danger et s'était promis de plus recommencer. Là, il serait au dessus de l'eau... comment la barque allait-elle supporter leur poids ? Et si elle coulait à mi-chemin ? Voyant |
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