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01 - Quand sonne Winowa.

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Koah Lang
Admin - Vague de l'Omkara - Lydéen ressuscité


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MessageSujet: Re: 01 - Quand sonne Winowa.   Lun 14 Avr - 21:04

L’ensemble des soldats restèrent médusés par ce qu’il se passait. Gurkan fixait Laë si froidement qu’elle pouvait lire dans son regard un millier de menaces de mort. Le guerrier métissé avait énormément de mal à ne pas lever son épée pour lui trancher la gorge à cette putain de traîtresse. Comment osait-elle faire de lui un esclave ? Sa propre mère avait été une esclave hankienne à une époque, et se retrouver en quelque sorte dans la même situation qu’elle, éveillait en lui un flot de rancœur indomptable.

Gurkan lutta un long moment entre sa raison et sa colère, une veine monstrueuse battant sur sa tempe. Mais voyant qu’un combat ne mènerait nulle part, il lâcha finalement son arme sur le ponton de bois avec mépris. Aussitôt, Meecham le débarrassa de son équipement militaire alors que d’autres soldats Lydéens firent de même avec les armes d’Andrew et de Karl. Sans ménagement, les guerriers dépouillaient les nouveaux esclaves de Ayreb. Ils ne devaient pas montrer le moindre signe qui pourrait trahir l’autorité de Laë.

Même si tous ici savaient qu’ils fallaient jouer le jeu imposé par la reine, certains hommes eurent beaucoup de mal à livrer Andrew et les autres à ces hankiens. Par principe, Gurkan tenta de protester un instant, mais Meecham lui asséna un violent coup de poing qui le fit se plier en deux, la lèvre en sang.

Avec un mépris incroyable, le grand homme cracha devant les pieds de Laë et il marmonna : « Sale putain de Crya. »

Les hankiennes éclatèrent de rire en insultants leurs nouveaux prisonniers. Deux hommes ferrèrent les poignets des nouveaux esclaves, ainsi que leurs chevilles, puis, la troupe de soldats de l’Ayreb les emmena à travers la foule. Karl semblait totalement terroriser, d’autant plus que quelques soldats déposaient sur lui des regards vicieux.

Silencieux et d’un air anxieux, Meecham les regardait s’éloigner et emmener Andrew et les autres. Il murmura à l’intention de Laë : « J’espère que vous savez ce que vous faites. Vous venez de livrer à des Hankiens sans scrupules la seule personne capable de lutter contre Thorin en personne. »

A l’entrée du Pavillon Noir, les cinq Augures assistaient à la nouvelle acquisition de l’Ayreb. Ils étaient droits et fixaient en silence les Lydéens. Laë et sa troupe intriguaient beaucoup de monde, et les Augures du Clan du Masque de Mort n’en étaient pas en reste. L’Augure au masque gris, vert et rouge se mit à applaudir Ayreb et cela glaça la foule. Il s’avança d’un pas aérien, les quatre shamans sur ses pas. Arrivé à la hauteur de la reine, il dit d’un ton froid, non sans s’être légèrement incliner devant Ayreb :

« Qu'est-ce qu'une femme telle que vous, et accompagnée des derniers Lydéens, fait parmi les Hankiens ? » Ses yeux noirs, sans pupilles fixaient l’un après l’autres les soldats.
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    Où est ce paradis que j'ai tant cherché.
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    Comme une vraie girouette.
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Andrew Kant
Admin - Chef de Lydée - Tueur d'Immortels


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MessageSujet: Re: 01 - Quand sonne Winowa.   Mer 16 Avr - 1:13

Laë profita d'un instant de diversion pour avouer à Meecham :

- Je l'espère aussi... c'était la seule façon d'éviter un bain de sang... cet homme a beaucoup de pouvoir, il ne fait aucun doute que nous devrons traiter avec lui à l'avenir.

Et en effet, alors que l'Augure s'inclina légèrement davant Ayreb , ce dernier eut un regard avide vers ses nouveaux esclaves que l'on emmenait au loin, dans sa demeure personnelle. Sa voix claqua alors d'un ton ferme :

- Peu importe qui ils sont... mais il ne sont pas lydéens... le jeune à la chair tendre non plus. En tout cas, la femme et son espèce de second ne sont pas orginaires de Lydée. Pareil pour quelques guerriers. Ce sont les seuls qui ne nous regardent pas avec mépris et cet air hautain. D'où venez-vous et pourquoi ?

- Une discussion en tête à tête s'impose. Je ne parlerais que lorsque nous serons seuls face à face.

- Maître Ayreb, je vous déconseille de...

- LA FERME !

D'un geste violent, il donna un soup de pied dans le ventre de l'homme brun qui s'effondra sur le sol devant les ricanements amusés des Hankiens qui l'accompagnaient à l'embarcadère. Ayreb, n'eut aucun regard pour lui et se contenta d'adresser un regard méprisant à Laë. Cette dernière le dévisagea. Un instant, on aurait dit que chacun sondait l'âme de l'autre mais seule la reine avait le pouvoir de faire ça...

- C'est à prendre ou à laisser...

- Pourquoi devrais-je t'accorder ce privilège, tu n'es qu'une traînée... tu n'as aucun droit ici.

Le regard bleu de Laë s'obscurcit et elle répondit, d'un ton qui ne disait rien de très bon :

- Tu as fait un serment... il serait regrettable de le bafouer... crois-moi, on ne plaisante pas avec les paroles faites à quelqu'un qui contrôle la magie. Tu n'as pas idée de ce qu'il pourrait se produire si par malheur tu trangressais notre accord...

Un instant de silence s'abattit sur l'assemblée. La reine avait l'air si résolue qu'Ayreb finit par acquiescer. Il se pencha vers l'Augure et lui dit à voix basse :

- Surveillez ma demeure... tant que je n'aurais pas trouvé le moyen de les mettre aux fers, il ne devront pas sortir... Et faîtes quelque chose pour ce crétin !

Il désigna le rouquin d'un air dédaigneux avant d'ajouter :

- Ces couinements de fillette m'exaspèrent ! Derl ! Lève-toi et va me préparer le jeune... avant de lui faire remplir sa toute nouvelle fonction, je veux le cuisiner... Retournez à vos tâches !

La foule ne se le fit pas dire deux fois. Sous escorte, et à la suite de Derl, les soldats hankiens ménèrent les lydéens vers la demeure d'Ayreb. Ce dernier fermait la marche avec un regard entendu vers l'Augure. La maison de celui qui semblait être le chef d'Hanka était très spacieuse. Dans le grand hall rectangulaire, il y avait quatorze chaînes accrochées au plafond. A leur bouts, quatorze jeunes femmes, à moitié dans les vappes regardaient les arrivants d'un oeil vitreux. Elles étaient toutes, sans exception, entièrement nues. Des marques au fer avaient été faites sur certaines parties de leur corps et l'aspect de la cicatrice ne présageait rien de bon pour leur santé. Ayreb explosa de colère :

- On ne salue pas l'arrivée glorieuse de votre maître ?!? LE FOUET !!!

Un homme de petite taille mais au bras énormes entreprit alors de fouetter les jeunes femmes qui étouffèrent leurs cris en se mordant les lèvres. Satisfait, Ayreb indiqua au garde de veiller sur les guerriers lydéens tandis qu'il fit signe à Meecham et Laë de le suivre. Ils entrèrent dans une salle obscure qui comportait une table et six chaises. Au bout de la table de bois se trouvait un fauteuil de pierre ornée de boucliers et de dagues. Ayreb s'y installa tandis qu'il désigna une chaise à ses hôtes. Il posa ses yeux sur Meecham et lâcha :

- Tu es un sous-fifre, toi ! Ta place est par terre comme les chiens !

Laë s'éclaircit la gorge et répondit, toujours aussi froide :

- Manquer de respect à mon second équivaut à me manquer de respect à moi-même !

Ayreb hésita puis finalement questionna le Jalanien :

- Tu te laisses dominer par une femme ? Tu ne vaux vraiment rien... si tu me montrais ta valeur au combat, espèce de bâtard de Cheera ?

Il fit craquer de ses bras puissants ses phalanges et son cou en regardant Meecham. S'il voulait s'installer à la table, il allait devoir prouver sa valeur. S'il se débinait... il passerait pour un moins que rien. Le Jalanien avait un choix à faire, quel qu'il soit, Laë l'approuverait. Après tout, elle ne pourrait pas lui en vouloir, il était le seul à lui faire confiance...

******

Sans ménagement et sans autre forme de procès, Andrew, Karl et Gurkan furent projeté dans une cage de métal située dans un des nombreuses pièces de la demeure. Déséquilibré par les chaînes et la violence des Hankiens, Kant, tomba lourdement sur le sol écrsant Karl au passage. Tandis que les autres riaient aux éclats en partant, Andrew ne put retenir plus longtemps ses propos :

- Cette espèce de pute ! Sale fille de Torsha ! A cause d'elle nous sommes esclaves de ces salopards ! Jewel avair raison, qu'est-ce que nous serions bien dans un monde sans Laë ou sans Kirion pour nous faire chier ! A chaque fois qu'elle est là, il y a des problèmes ! D'abord, Logan et puis maintenant nous... fille de chienne !

En tentant de se relever il chancela et se cogna lourdement contre un barreau de métal. Sur le sol il y avait de la paille et vu l'odeur qui en émanait, les esclaves ne devaient pas avoir d'autorisation pour sortir et aller faire leurs besoins... Il n'étaient que tous les trois dedans mais nul doute, Karl semblait complètement tétanisé. Andrew lui dit alors, en essayant de calmer sa colère :

- J'ignore complètement ce que me veut ce type ! Mais, tu ne dois pas t'en faire... ils ne devraient pas te faire du mal, visiblement c'est après moi qu'il en a et j'aimerais savoir pourquoi...
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Slave of his destiny
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Koah Lang
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MessageSujet: Re: 01 - Quand sonne Winowa.   Mer 16 Avr - 9:03

Lentement, les quatre autres Augures s’approchèrent de celui qui semblait être leur chef. D’un regard froid, ils fixèrent Laë s’éloigner avec Ayreb. Mais lorsqu’ils regardèrent Tomas et son acolyte Hamy, ils se mirent à murmurer entre eux des mots incompréhensibles pour le rouquin resté en retrait.

La foule d’Hankien prenait soigneusement soin de garder leur distance avec les shamans. Finalement, le shaman au masque gris, vert et rouge dit d’une voix obscure : « Ayreb veut que vous surveillez sa demeure. Aucun homme de cette sorcière ne doit quitter les lieux. Surveillez-les, je m’occupe du soldat... Qu'il la surveille personnellement. »

Et entendu, les quatre shamans s’en allèrent rejoindre la demeure d’Ayreb. Sans un mot de plus, le chef des Augures et le rouquin s’éloignèrent à leur tour lentement vers l’allée des Augures. Un froid hivernal régnait sur ce recoin de ponton. Dans l’obscurité pesante de ce lieu, plus une âme ne semblait y vivre. Seul peut-être quelques rats grouillaient ici et là et dévoraient le reste d’une dépouille laissée à l’abandon. Aucun être vivant n’étaient présent lorsque le shaman et le rouquin pénétrèrent dans le lieu le plus morbide d’Hanka.

L’allée des Augures tranchait en contraste avec le reste de la cité. C’était un coin maudit des dieux eux-mêmes. Même le soleil ne semblait pas avoir la force de percer le voile obscure de l’ombre permanante qui régnait en maîtresse ici. Le froid stagnait en une légère brume qui se moutonnait sur le planché de vieux bois en de cotonneux nuages gris. Soudain, en même temps que s’élevait poussé par le vent glacial les cliquetis d’os qui s’entrechoquaient, le shaman poussa la lourde porte d’une hutte à l’odeur pestilentielle.

Sans que le rouquin ne puisse réagir, une main surgit de l’obscurité et s’empara de lui, le faisant tomber lourdement sur le sol. Des doigts sales, mordu par le temps, frêle et aux ongles arrachés le maintenait de force, l’empêchant de toute leur puissance de s’y soustraire.

De l’ombre, le rouquin pouvait distinguer la silhouette accroupie et encapuchonnée d’une vieille femme dont les longs cheveux gris glissaient poisseux sur le sol. Elle grommela d’un ton lugubre : « Monstrueux ! Dégoutant ! Souillé par une magie étrangère, tu es ! »

L’immonde vieille shamane bougea de quelques centimètres, et son visage apparu de moitié à la faible lueur perçant l’unique fenêtre de la hutte. Il était impossible pour quiconque voyant Kali la Damnée de ne pas laisser transparaître son dégoût. Les yeux de la vieille femme étaient cousus grossièrement de gros fils, ainsi que les commissures de ses lèvres. Dépourvue de nez, à chacune de ses respirations, deux légères fentes vibraient et sifflaient dans l’air en un vent épais. Le temps passé à pratiquer la magie la plus primitive et la plus brute d’Hanka avait fait d’elle une créature de l’ombre à la peau blanchâtre et au teint presque nacré.

L’antre de Kali la Damné était une grande pièce à l’atmosphère épaisse où à son centre se tenait un feu qui crépitait morbidement de flamme verdâtre. Une odeur acre à en mordre les poumons s’élevait des nombreux bols de terre cuite posés sur un meuble poussiéreux et chancelant. Des tapis recouvraient un sol crasseux et par endroit des tâches de sang séché depuis longtemps zébraient les planches défraîchies de la hutte. Dans un coin, un cadavre momifier était déposé et prenait la poussière.

Kali lâcha le poignet du rouquin et poussa un ricanement glauque lorsqu’elle referma la porte derrière le shaman. De son pas boiteux, elle rejoignit le feu pour y jeter un gros morceau de bûche où une chauve-souris y était crucifiée par les ailes. Le soldat d’Ayreb, pétrifié, resta à terre à l’endroit où il était tombé.

Le shaman dit : « Une sorcière foule les planches d’Hanka au moment où je te parles Maîtresse. Elle est accompagnée des derniers Lydéens et d’autres étrangers. Elle est en ce moment chez Ayreb. Il semblerait qu’elle ai un marcher à lui proposer. »

Le souffle putride de la vieille femme parvenu au shaman lorsqu’elle se tourna vers lui. « Les entrailles de cette putain disaient donc vrai, Alecto. »

Alecto ajouta : « Et elle à avec elle deux guérisseurs. »

Kali se figea et le feu lui-même sembla se faire plus petit face à la rage qui l’anima soudainement. Le rouquin trembla, déglutissant fébrilement lorsqu’elle se tourna vers lui et dit d’un ton froid où la haine était palpable :

« Voilà qui est contrariant. Si ton maître désir continuer à jouir des bienfaits des Augures du Masque de Mort, et je le lui recommande vivement car depuis la nuit du Feu du Ciel, il est plus que préférable de posséder à ses côtés des Augures de mon niveau… qu’il se débarrasse d’une façon où d’une autre de ces guérisseurs. Nous ne lui avons jamais rien demandé, mais aujourd’hui, nous exigeons ces sacrifices. » Un sourire de dément. « De plus, c’est la moindre des choses, non ? Ne lui avons-nous pas offert le plus beau de tous les présents ? »

Puis, d’un signe de tête, elle envoya Alecto vers le rouquin. Entendu, le shaman lui abaissa sans ménagement le pantalon, libérant à la vue des deux Augures l’entrecuisse tranché par magie. Kali pencha la tête sur le côté. Malgré que ses yeux fussent cousus, elle semblait parfaitement voir. Après un moment à examiner la plaie magique sans réaction, elle marmonna :

« C’est donc de la pure magie comme rare sont ceux qui peuvent la manipuler qui ampute ce qui faisait ta fierté… » Elle s’éloigna. « Je ne peux rien pour toi. Cette sorcière utilises des pouvoirs trop… complexes. Tu devras te faire à l’idée d’être dorénavant la putain des mâles. A moins qu’elle ne te rende ta queue. »

Puis, lorsque le rouquin voulu protester, elle ajouta d’un ton si froid que le cœur du soldat fit un soubresaut : « Dehors ! Et n’oublies pas de passer le message à ton maître ! Ces guérisseurs ! Je réclame leur tête ! AVEZ-VOUS DEJA OUBLIER QU’AUCUNS GUERISSEUR N’EST AUTORISE A FOULER LES PLANCHES D’HANKA DORENAVANT ? SURTOUT DES BATARDS DE DANAE ! »

*******

Face à Ayreb, comment Meecham pouvait-il refuser le combat ? Il n’avait pas le choix. Lentement et tout en fixant froidement le hankien, Meecham se débarrassa de ses armes qu’il déposa sur la table devant Laë. Il échangea un regard avec la reine, puis il s’avança prudemment, le bras gauche en protection devant lui, et le poing droit juste devant le visage. Les deux hommes se firent face au centre de la pièce.

Brusquement, Meecham sentit le sol vaciller sous ses pieds et il tomba en arrière. Des lumières éclatèrent dans ses yeux et il entendit une cloche sonner dans sa tête. Il fallut un long moment pour comprendre qu’Ayreb venait de le frapper brutalement au visage.

Meecham sentit la rage monter en lui et il s’enflamma soudain, blessé dans son amour propre de guerrier. Il se remit debout lentement, les yeux fixés sur Ayreb qui se tenait près à se battre. La bouche et le nez en sang, Meecham grogna mais Ayreb chargea à nouveau, emportant le jalanien avec lui. Ils tombèrent tous les deux par terre en se battant, chacun essayant un long moment de prendre le dessus sur l’autre. Finalement, Ayreb lui assénait de violents coups de poings au visage qui manquèrent à chaque fois de décrocher la mâchoire de Meecham.

Le jalanien n’avait aucune expérience de ce genre de combat à main nue que l’on appelait la boxe de Davik par ici. Le hankien était puissant et brutal et chacun de ses coups précisément placés. La rumeur était fondée, les guerriers de cette communauté étaient bels et biens monstrueusement doué au combat. Meecham avait un mal fou à refaire surface. Ayreb avait décelé ses failles et il en profitait allégrement. Meecham avait beau frappé Ayreb, l’homme ne paraissait pas le moins du monde décontenancé. Au contraire, chaque frappe du jalanien semblait nourrir en rage le hankien au point qu’il redoublait d’effort en ricanant narquois.

Ayreb agrippa la chevelure de Meecham rudement, lui cracha au visage, puis, il lui donna un coup de coude dans la tempe et le jalanien fut étourdi momentanément. Une pluie de coups déferla aussitôt. Pieds, genoux, coudes. Tous les coups étaient permis. Ayreb riait de toute sa carrure, satisfait d’asseoir son autorité sur ce sous-fifre si peu douer au corps à corps sans arme.

Soudain, alors que le guerrier hankien venait de l’envoyer valdinguer à travers la pièce, Meecham ne bougea plus, complètement dans les vappes. Ayreb paru satisfait. Il essuya d’un revers de poing le sang qui coulait le long de son bouc et il se tourna vers Laë qui n’avait pas bougé d’un cil.

Un grommellement résonna. Meecham se releva difficilement, le visage contusionné. Il lança un regard meurtrier à Ayreb et lui dit : « J’ai pas fini bâtard d’exilé ! » Et entêté, il s’apprêta à s’élancer mollement vers le hankien. Nulle doute qu’il allait une nouvelle fois subir une branlée douloureuse, mais trop obstiné pour s’arrêter, Meecham était près à être mit littéralement KO… question d’honneur.

Cependant, une voix s’éleva et l’arrêta dans son élan. « Oh si tu as terminé, étranger. Maître Ayreb te surpasse. Tu es donc, chien parmi les chiens, et tu prendras donc place à terre… a moins que tu ne désir mourir sous ses coups. »

A l’entrée de la large pièce, Koah était là, debout et vivant. Dans son dos, les quelques soldats Lydéen qui l'avait reconnu n’en revenaient pas. Bien sûr, Laë et Meecham, eux, ne le reconnurent pas, car n’ayant jamais été présenté. Avant que les Lydéens ne purent se manifester, les lourdes portent se refermèrent, protégées par des gardes d'Ayreb.

Le jeune homme était toujours incroyablement beau et ses yeux toujours d'un vert profond intense. Il était habillé d’un long pantalon de lin couleur de jais accroché bas aux hanches. Son torse glabre était nu et tout le long, partant du nombril et descendant jusqu'à son pubis, une rangée de marques noirs, toutes symétriques, semblaient ne faire qu'une avec la pigmentation de sa peau... comme un tatouage. Mais ce n'en était pas un car les marques étaient toutes naturelles. Elles étaient le vestige de la tentacule qui lui avait percer le ventre.

Pour orner d'avantage son corps, Koah avait la chance de posséder de beaux bracelets de biceps en bronze, un collier, et ses doigts et la plante de ses pieds nus, étaient peints en rouge dans des tatouages aux symboles shamaniques. Dans sa nuque, accroché à quelques mèches de cheveux blonds, quelques perles noires pendaient. Enfin, au poignet droit, il possédait le bracelet jumeau de Jewel, offert à sa mort.

Koah était esclave au service d’Ayreb, et plus qu’un esclave, il était un trophée présenté comme indispensable au guerrier par Kali. Par sa tenue soignée et l'encen qui s’émanait de lui, il ne faisait aucun doute qu’il était assez bien traiter, bien que totalement et indiscutablement asservit. Le jeune homme était le présent de Kali la Damné. Elle avait offert son apprenti Augure en signe de ralliement à la cause du guerrier. Shäleen, car c’était le nom qu’on lui avait donné à Hanka, était précieux pour la vieille Augure et Ayreb respectait suffisamment les pouvoirs occultes de la shamane pour apprécier son cadeau à sa juste valeur, même s'il ne pouvait en comprendre réellement l'étendue de l'importance.

D’un pas lent, Shäleen s’approcha de la table et après s’être légèrement incliné devant Ayreb, il planta ses yeux dans ceux de Laë. Il dit d’un ton sec et tranchant : « Si tu tiens à tes yeux, cesses de sonder l’esprit de mon Maître, etrangère. »

Et par un pouvoir brutal et primitif mais d’une puissance surprenante, Laë fut cantonnée à restée dans sa propre tête. Toute tentative d’intrusion de pensée se verrait punie d’images de torture d’une atrocité quasi insoutenable de son peuple... souvenir du massacre de Mavican et des Trayaregs.

*******

Dans leur cage, les trois hommes fulminaient. Karl était anéanti. Il ne pouvait s’empêcher de frissonner. Les quelques soldats qui l’avaient reluqué d’un air pervers, l’avaient terrifié. Tout ceci ne lui inspirait rien de bon. Il dit brusquement en essayant d’écarter sans succès les barreaux de la cellule :

« Ils ne vont pas me faire de mal ? Vous plaisantez Andrew ? Vous avez vu comment certains gardes me reluquaient ? Je n’aime pas ça ! Je respecte les principes de Cheera et les trois types d’amour, mais il n’y a que la chaire féminine qui me plaise ! Je ne veux pas assouvir une quelconque obsession ! »

Gurkan se laissa glisser le long de la cloison, s’asseyant dans la paille. Tout en modérant son agressivité, il demanda : « Je me demande encore pourquoi tu t’énerves Andrew. Tu as toujours été à la bonne de cette putain. Tu aurais du dès le Pic des Ténèbres, te débarrasser d’elle… quitte à tuer Kirion par après. Mais non, il faut toujours que tu sois si… » Il lui lança un regard froid. « Sentimental et lâche. »

Il joua avec un épi de blé d’un air indifférent. Il continua : « Tu es certain de ne jamais avoir croiser ce type ? Réfléchis bien. Tu ne sais faire que ça de toute façon ! »
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Andrew Kant
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MessageSujet: Re: 01 - Quand sonne Winowa.   Mer 16 Avr - 19:46

Les phalanges d'Andrew s'écrasèrent avec violence sur la mâchoire de Gurkan. Il y eut un craquement sinistre et le chef de lydée, déséquilibré par le geste manqua de peu s'étaler dans la paille. Le regard fulminant, il dévisagea le guerrier et beugla :

- Je t'interdis de me traiter de lâche ! Espèce d'abruti ! C'est facile de dire ça pour toi parce que le seul choix que tu aies eu à prendre dans ta vie c'est de devenir guerrier ! J'aurais fait quoi ? Je l'aurais tué, puis j'en aurais fait de même avec Kirion et pourquoi pas avec cet Ayreb aussi tant qu'on y est. A ce compte-là, je n'ai qu'à éliminer tous ceux qui me gênent ! J'ai rien demandé, moi ! Qu'on me foute la paix. Je suis lâche très bien, sentimental encore mieux !!! Tu as d'autre trucs à me dire ? A être dans une cage autant qu'on s'amuse un peu ! Te démonter la tronche, ça ne me gênera pas !

- Arrêtez tous les deux...

Dans une vaine tentative Karl s'approcha pour tenter de les séparer avant de les voir s'entretuer. Mais dans un mouvement de colère, Andrew lui envoya son coude dans le visage. Ne s'y attendant pas et légèrement moins costaud que Kant, le jeune guerrier tomba le dos dans la paille une main sur sa lèvre éclatée. Une veine battait à tout rompre à la tempe du chef de Lydée qui jeta un regard assassin à Gurkan, comme si c'était sa faute, avant d'aider Karl à se relever. Il lâcha alors, d'un ton énervé :

- Ce type, je ne le connais pas ! Je ne sais pas qui il est ! ET j'ai assez de mémoire pour pouvoir certifier que je ne l'ai jamais rencontré ! Alors, ou il me prend pour quelqu'un que je ne suis pas, dans ce cas-là, il ne serait franchement pas le seul !

Un regard noir, lourd de froideur sur Gurkan puis il poursuivit :

- Ou alors, il est tout simplement fou. Ce qui ne m'étonnerait pas du tout étant donné que tout ce village refoule la folie à l'état pur !

- Estimes-toi heureux, la blonde... bientôt, ce village résonnera de tes cris.

En même temps les lydéens firent volte-face et dévisagèrent le nouveau venu qui n'était autre que Derl. Il se tenait les côtes et ouvrit la cage. Deux guerriers l'accompagnaient histoire de dissuader une évasion en force. Il désigna Karl du doigt et dit avec animosité :

- Approche ! Le Maître veut que je te prépare...

- Vous ne l'emmenerez pas, espèce de fils de Torcha !

Kant avança vers Karl, son regard dur planté dans celui de Derl. Il était si énervé que les ongles de ses doigts se plantaient dans la chair de ses paumes et faisaient couler du sang sur sa peau. Avant même qu'il ait pu réagir, l'homme empoigna Karl par le bras et le fit sortir de al cage sans ménagement. Le guerrier vola un court instant dans les airs avant de s'écraser lourdement sur le sol. Avant de fermer la cage, Derl envoya son genou dans le ventre d'Andrew qui sous le choc se plia en deux.

- Ne t'inquiète pas... petite blonde, il devrait survivre... si le Maître n'est pas trop brutal, il n'aura même pas mal... et s'il se comporte d'une façon noble, alors peut-être qu'il consentira à calmer les autres ! Allons-y !

Il releva Karl en écrasant de ses deux doigts ses cervicales et lui glissa à l'oreille :

- Tu vas pleurnicher... tu verras...

Puis ils sortirent. Andrew se laissa tomber, son ventre l'irradiant d'un douleur lancinante. Il n'accorda pas un seul regard à Gurkan, énervé, blessé par les propos du guerrier et dans sa fierté.

*****

Lorsque Koah contra Laë, cette dernière planta ses yeux bleus dans ceux de l'esclave. Elle ne le connaissait pas... mais elle eut l'impression que son pouvoir ne dépendait pas uniquement de la magie. Ayreb regarda son trophée avec un intérêt qui ne cachait rien à ses pensées. Il était ravi de disposer de quelqu'un de si beau et d'aussi dévoué que lui. Il avança vers lui et posa ses doigts tâchés de sang sur son torse puissant.

- Shäleen... ton acte sera récompensé... tu évites donc à cette sorcière de lire dans mon esprit... Kali ne s'est pas trompée... tu es quelqu'un d'inestimable. A qui d'autre aurais-tu pu revenir ? Personne, aucun ne te mérite plus que moi ! Prends place à côté de mon siège.

Il donna une petite tape sur son épaule et le laissa obéir. Il se tourna vers Meecham et avec un ricanement, il continua :

- Quant à toi, le bâtard, estimes-toi heureux que je veuilles t'accorder le droit de rester dans cette pièce. Tes talents de guerriers sont pitoyables. Tu es un esclave à l'état pur. Dommage que cette catin te protège... sinon, je t'aurais fait briser en mille morceaux par mes hommes. Ensuite, je serais allé dans ton village de bouseux et j'aurais amené ton corps désarticulé devant ta mère. Mes guerriers auraient tué ton père et tes frères, si tu en as, violé tes soeurs et je me serais gardé le privilège de sauter ta mère sur l'autel de Cheera !

Il eut un regard méprisant vers Laë et reprit place sur son siège. La Reine trancha alors :

- Vous avez eu ce que vous recherchiez. L'amusement est terminé. Meecham n'a pas à subir vos injures ! Passons aux choses sérieuses.

Ayreb s'installa confortablement sur son siège et posa lourdement ses pieds sur la table. Il lança avec désinvolture :

- Remettre un chien à sa place est une chose sérieuse... et nécessaire !

- Si vous le dites... Sachez simplement que lui faire du mal ne règlera pas votre problème majeur...

- A savoir ?

Laë eut un regard sombre sur Shäleen et se contenta de dire :

- Moi.

Le rire tonitruant d'Ayreb explosa dans la pièce. Mais en voyant que la reine restait sérieuse il répondit :

- Que faites-vous ici ?

- Nous sommes venus car le destin de votre peuple est lié à celui de tous les autres... Les derniers évènements, ceux dont vous vous souvenez clairement, ne sont pas le fruit du hasard. Une menace approche à grands pas. Cette île est sur le point d'être détruite et si nous ne nous unissons pas pour lutter, alors, nous disparaîtrons avec elle.

Un instant de flottement et le rire d'Ayreb reprit. Mais cette fois, Laë le coupa net en lâchant, ses yeux bleus plantés dans ceux du guerrier Hankien :

- N'oubliez pas la nuit dernière... ses paroles finissent toujours par se réaliser.

Ayreb bondit de son siège, en pointant un doigt sur Laë. Il beugla :

- Comment savez-vous ? Espèce de sorcière !!! Quoi que vous ayez pu lire, dans mon esprit, cela ne vous sauvera pas !

- Si vous décidez d'ignorer cela, c'est vous qui mourrez. Dommage que votre trophée ne soit pas arrivé plus tôt pour m'empêcher de grapiller ces informations...

- J'aimerais bien voir ça ! Shäleen ! Conduis cette traînée et son moins que rien dans une chambre. Poste trois gardes ! A partir de maintenant, vous n'aurez plus le droit de quitter cette demeure tant que je n'aurais pas décidé de votre sort ! DEHORS !!!

Et à la surprise d'Ayreb, Laë se leva et aida Meecham à tenir debout. Elle dit simplement, sûre d'elle :

- Soit, nous nous reverrons bientôt, j'en suis persuadée... Shäleen... pourriez-vous avoir l'obligeance de nous conduire à notre chambre au plus vite ? Meecham a besoin de soins et je dois les lui accorder rapidement.

Son esprit était désormais insondable. Seul un regard pétillant manifestait son étrange assurance. Ayreb attrapa Shäleen par le bras et glissa à son oreille :

- Une fois la chambre sous bonne garde, je veux que tu ailles dans les cuisines... Kali m'a dit que tu étais doué dans la concoction de potions... je veux que tu l'empoissones. Cette femme n'est pas ce qu'elle veut paraître, j'en mettrais ma mère à brûler. Voyons si elle verra le coup venir... dans tous les cas, ses hommes seront bientôt mes esclaves !
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Koah Lang
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MessageSujet: Re: 01 - Quand sonne Winowa.   Mer 16 Avr - 21:44

D’une façon très séduisante, Shäleen sourit, s’inclina et il dit avec servitude à Ayreb : « Il sera fait selon vos ordres, Maître. »

Puis, il quitta la pièce, Laë et un Meecham boiteux sur ses pas. Lorsqu’ils arrivèrent dans le grand hall de la bâtisse, les quatre soldats Lydéens firent quelques pas vers eux. Ils étaient toujours estomaqués de le voir en vie. La mort du jeune homme pesait sur l'âme de leur chef Gurkan comme un spectre, spectre qui n’avait désormais plus lieu d’être.

Avec une incroyable indifférence, Shäleen se tourna vers les augures qui approchaient en compagnie d’une dizaine de soldats Hankiens. Il ordonna en désignant la troupe de Laë : « Au réfectoire. Débarrassez nos invités de leurs armes… et puis, servez-leur donc quelques choses à manger. Ils risquent de rester un moment ici. »

Les hommes d’Andrew émirent des objections, mais le regard que leur lança Laë fut sans équivoque. D’une voix faible, Meecham leur intima l’ordre d’obéir et, résigner, ils abandonnèrent aux pieds des hankiens leurs épées, leurs arcs et leurs poignards. Les hankiens étaient certes moins nombreux mais bien plus doué, et un combat se serait soldé par une mort certaine.

Un jeune homme de l’âge de Shäleen leva les bras au ciel en signe de prière alors que les hankiens les poussaient dans un grand réfectoire. « Par tous les dieux Koah ! Koah ! C’est moi ! Lycos ! Nous pensions que tu étais mort. » Il espérait que le jeune homme retrouve la raison. « Qu’est-ce que tu fais ? Pourquoi tu serres cet homme ? Koah ? »

« N’adresses pas la parole à Shäleen, chien ! »
Gronda un soldat en sortant son épée.

Lorsque Shäleen posa son regard sur le soldat lydéen qui l’interpellait, un Augure au masque bleu, noir et orange poussa un cri qui glaça l'assistance et qui fit crier les esclaves. Aussitôt, Lycos fut prit de convulsion, et il se courba sous une douleur infligée par l'augure. Il cracha du sang sur le planché, la langue coupée en deux sur la longueur. Indifférent, Shäleen continua de marcher, passant à travers les esclaves nues qui baissèrent la tête en signe de soumission.

Laë ordonna que Tomas l’accompagne afin de l’aider à soigner Meecham. Un long moment, Shäleen resta silencieux, jaugeant de son regard blasé le guérisseur en question qui échangeait quelques conseils avec Hamy pour soigner Lycos en son absence. Lorsque d’une main lasse, Shäleen accepta, les Augures émirent à leurs tours quelques grommellements d’indignation, mais ceux-ci retombèrent vite dans un profond silence.

Tout en accompagnant Laë, Meecham et Tomas dans une aile obscure et bien gardée de la demeure d’Ayreb, Shäleen restait silencieux. Deux augures les suivaient, ainsi que trois soldats qui ne cessaient de reluquer les courbes de la reine avec envie. Les nombreux couloirs semblaient être interminable. Ils passèrent de nombreuses pièces aux portes coulissantes et finalement, après avoir gravi plusieurs étages terriblement bien gardés, ils entrèrent enfin dans une large chambre.

Dans celle-ci se trouvait un grand lit recouvert de draps pourpres, quelques vieux meubles, une grande bassine capable de contenir deux humains, quelques coussins confortables sur le sol et un hamac. L’endroit était confortable et éclairés par de nombreuses bougies. L’unique fenêtre menait sur une cour intérieure à la demeure dans laquelle se déroulait en ce moment même le lynchage d’une esclave.

Meecham s’écroula aussitôt sur le lit qui grinça sous son poids. Le pauvre jalanien était en mauvais état. Il avait le nez cassé et une pommette fracturée. Par miracle, ses dents étaient toutes intactes, mais ses lèvres saignaient abondamment.

D’un ton neutre, Shäleen indiqua une armoire dans le coin de la pièce. « Vous trouverez le nécessaire pour soigner votre sous-fifre à l'intérieur. » Et sans un mot de plus, il sortit, claquant la lourde porte de bois derrière lui.

Les trois soldats prirent leur poste, ainsi que les Augures qui restèrent incroyablement immobiles à fixer l’entrée. Ils marmonnaient entre eux des mots qui pouvaient passer pour des grognements d’animaux.

Tomas ouvrit l’armoire et en sortit quelques serviettes. Après les avoir trempé dans une bassine d’eau posée sur la table, il entreprit d’éponger les plaies de Meecham. « Dans quel pétrin nous sommes nous fourrez ? Que veut cet homme ? » Son regard s’assombrit. « Ne me dites surtout pas qu’il compte faire de nous ses sujets… »

Meecham semblait bougon et totalement épuisé. Il marmonna : « C’est un dément ! Un sale exilé complètement à la masse ! Une brute ! Et j’en ai connu des brutes ! Face à mon épée, il n'aurait pas fait le poids ! »

« Ce Shäleen... est-il dangereux ? Lorsque les lydéens l’ont vu, ils ont parlé de lui en l’appelant Koah. Ils semblaient ne pas en revenir. Ils le croyaient mort. » Tomas secoua la tête. « Vous comprenez quelque chose ? Quoiqu'il en soit, il dégage quelque chose de... d'étrange. Je ne sais pas si vous l'avez ressentie Majesté, mais... il me met mal à l'aise. »

********

Gurkan était silencieux depuis de longues minutes. La douleur dans sa lèvre battait toujours piquante mais il s’efforça de ne plus y penser. L’inquiétude qu’il ressentait pour Karl avait chassée son envie d’en découdre avec Andrew. Qu’allaient-ils lui faire ? Karl n’était qu’un gamin de vingt ans à peine. Il n’était pas endurci et contrairement à ce qu’il voulait laisser paraître, c’était un jeune homme remplit d’innocence. Gurkan savait qu’il n’était pas de taille à affronter un Hankien en combat. Il n’était pas de ceux qui pouvaient faire couler le sang sans éprouver du remords par après.

Les deux hommes étaient silencieux. Une lourde atmosphère pesait autour d’eux. Laë s’était bien foutu d’eux. Elle ne savait strictement pas ce qu’elle faisait. Elle avait livrée à une mort certaine Karl. Elle aurait du s’opposer à ce marcher. De rage, Gurkan tapa le sol et il jura.

D’un ton acerbe, il grogna : « Si le statut de chef te pèse tant que cela Kant, tu n’avais cas pas l’accepter. Tu es de ceux qui réfléchissent trop et qui n’agisse pas assez. Notre monde à changer Andy ! Il va peut-être falloir que tu te bouges le cul et que tu t’endurcisses. » Un regard froid. « C’est sur eux que tu dois taper comme un homme, jolie blonde ! Pas sur moi. Mais peut-être est-ce que l’idée qu’ils puissent eux, ne pas hésiter à riposter et à te tuer, te glace le sang… ce qui pour moi est l’attitude d’un lâche. »

********

Cela faisait une petite heure que Shäleen était affairé aux cuisines autour d’une potion à l’odeur des plus suaves. Un augure au masque rouge, jaune et noir l’assistait. L’arôme délicat qui s’émanait de la petite casserole enivrait l’air. Le jeune homme paraissait satisfait de son mélange hautement empoisonné, puis quelques minutes plus tard, il déversa le contenu incolore dans une carafe d’eau.

Au mélange de l’eau, la mixture perdit son agréable odeur. Une légère teinte verdâtre se répandit dans le liquide et après un instant, elle disparue.

Shäleen tendis la carafe à l’augure et ordonna : « Assures-toi que la sorcière en boive… même si je suis persuadé qu’elle n’en fera rien. Bloques ton esprit, elle lit les pensées. »

Quelques minutes plus tard, ils quittèrent les cuisines. Shäleen rejoignit la grande salle où se trouvait toujours Ayreb, assit sur son trône. Il s’inclina devant lui, puis il lui dit en s’approchant, tranchant l’air de sa présence envoûtante : « Tous vos ordres ont été exécutés, Maître. Les hommes de la sorcière sont désarmés et installés dans le réfectoire. Et la sorcière, son sous-fifre et un guérisseur se trouvent sous bonne garde. Le poison est dans l’eau. »

Son regard vert sonda l’air sombre du guerrier. Il demanda alors : « Mon Maître est-il contrarié ? »
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Andrew Kant
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MessageSujet: Re: 01 - Quand sonne Winowa.   Jeu 17 Avr - 0:12

Laë passa un linge humidifié d'eau sur le visage de Meecham. Elle était inquiète pour son état. Elle laissa faire les deux guérrisseurs qui étaient plus doués qu'elle dans ce domaine. Elle posa sa main sur sa joue et dit d'une voix désolée, assez basse de sorte que seuls ceux qui se trouvaient tout près puissent entendre :

- Jewel va me tuer... vous êtes méconnaissable. Je suis sincèrement navrée. Je ne pouvais pas les attaquer. Mon devoir de Reine m'impose de n'user de mes pouvoirs qu'en cas de légitime défense. C'est pour cela que je craignais pas qu'il m'arrive quelque chose. Mais ce Ayreb est plus intelligent que je ne le pensai...

- En tout cas, malgré ce que les autres peuvent penser, vous avez bien fait d'agir ainsi. Il était fort probable qu'ils nous massacrent.

- Je leur ai fourni Andrew, Gurkan et ce malheureux Karl sur un plateau... j'espère qu'il ne leur fera aucun mal... en tout cas, Gurkan et Karl peuvent être tranquilles... au pire ils finiront comme Meecham. En revanche... Andrew...

- Mais pourquoi lui ? Il n'avait pas l'air de connaître Ayreb !

- Je sais... ce dernier se trompe... il ignore tout de la nature d'Andrew et il le substitue à une autre personne. La haine envers cette personne l'aveugle. Elle est si forte que je n'ai même pas pu tout y voir. Nul doute que pour lui... Andrew devra être longuement torturé avant de mourir.

Elle eut un instant de réflexion en pensant à Koah. Ainsi, c'était lui, le fameux Lang ! Elle enroula une mèche de ses cheveux autour de son doigt et récapitula :

- Si cet homme est Koah... alors il est très peu probable qu'il se souvienne des lydéens... Il est mort et dans mon pays, on ne peut revenir dans le monde des vivants qu'en payant un lourd tribut... sous forme d'esprit, il faut sacrifier une vie... sous forme physique, il faut consumer une âme. Shäleen n'est plus Koah... c'est autre chose... en tout cas, il dispose d'un potentiel magique fabuleux. Il a réussi à me bloquer dans mon propre esprit... pour quelqu'un d'aussi jeune, c'est fabuleux !

- Oui... je dirais plutôt inquiétant...

- Il protège son maître... mais il ne se montre pas aussi mauvais que lui... je suis persuadée que les restes de son âme sont enfouis... ils finiront par resurgir. Je pense que vous devriez rester ici, tous les deux... ils vouent une certaine aversion pour votre culte, d'après ce que j'ai cru comprendre. Ces Augures... elles sont étranges... je jurerais que leur magie relève plutôt de la barbarie... enfin, nous verrons bien, il est fort probable que bientôt quelqu'un vienne nous chercher ou alors nous parler. En attendant, faites tout votre possible pour Meecham, s'il vous plait. C'est de ma faute s'il en est là.

Elle prit sa main et poursuivit :

- Je suis vraiment désolée... je tâcherais de me rattraper par la suite. Vous êtes le seul qui m'a fait confiance dès le départ et je vous inflige une souffrance injuste. Je reste cependant confiante. Il fait nul doute que vous l'auriez battu avec une épée.

******

La douleur dans son ventre était trop bourdonnante pour qu'il ait la force de se lever et de frapper à nouveau Gurkan. Kant se contenta de lui adresser un regard assassin et de dire avec rancoeur :

- Tu étais d'accord pour je devienne chef de Lydée ! J'étais réticent au départ ! De toute façon, quoiqu'il arrive c'est de ma faute ! Tu n'as pas d'autre mot à la bouche. Et moi je suis con, j'ai tendance à oublier... mais dans la grotte du Pic des Ténèbres, tu m'as tout dit. Tu me hais, je mérites de crever, je le sais. Tout ça parce que Koah éprouvait des sentiments envers moi qui dépassaient ma volonté ! Et là, tu m'obéis uniquement parce que je diriges ce qu'il reste de Lydée... si j'avais été un simple type sans aucun pouvoir, tu ne jouerais pas les hypocrites comme tu le fais si bien !

Il s'essuya le front d'un revers de main et s'appuya sur les barreaux, assis sur la paille. Il n'était ni d'humeur à plaisanter ni à réfléchir. Il voulait sortir d'ici, péter la tronche de Laë, Ayreb, Derl et pourquoi aps Kirion aussi. Ensuite il rentrerais à Ténolas retrouver Logan qui devait s'être réveillé. Acerbe, il lâcha :

- La pire erreur de ma vie, ça aura été de penser que finalement les choses s'arrangeraient. En fait, elles sont pires qu'avant. Je réfléchis... trop... mais il faut bien que quelqu'un le fasse pour les autres... abruti !

******

Derl poussa Karl dans une pièce et la verrouilla. Le jeune guerrier toujours enchaîné avait été amené dans une vaste salle avec une cuve d'eau au centre. L'homme brun le fit avancer et deux jeunes femmes dont le seul vêtement était un petit morceau de drap blanc attaché à leur taille, s'approchèrent. Derl posa sa main indélicate sur les fesses de l'une d'elle et dit d'un ton ferme :

- Le maître le veut à sa disposition rapidement.

Elles allaient l'amener vers l'eau mais Derl ordonna :

- Non ! Il ne mérite pas ce genre de traitement. Eau froide ou eau brûlante... à votre guise. Et ce ne sera pas la peine de trop l'habiller, il ne gardera pas longtemps ce qu'il porte ! Je reviens dans cinq minutes... vous avez intérêt à ce qu'il soit prêt, sinon, je vous ferais fouetter et pendre dans le hall !

Il sortit en poussant le prisonnier qui s'effondra au sol. Un rire narquois déclina lentement à mesure qu'il s'éloignait. L'un des femmes aida Karl à se relever alors que l'autre avançait déjà avec un seau d'eau glacée. Elle dit à voix basse, d'une petite voix :

- Nous devons faire vite... sinon, il nous fera tuer...

- Oui... je sais. Comment vous nommez-vous ? Je suis Irys et voici Kloé...

- Dépêchons...

- Attends ! Nous sommes obligées... mais vous avez le choix entre l'eau glacée et l'eau bouillante... Il faut aussi vous dévêtir... comme vous avez les mains liées, nous allons le faire.

- Et dire qu'autrefois j'aimais faire ça ! Maintenant, c'est de la pure torture... hâtons-nous !

Irys entreprit donc calmement d'enlever les vêtements de Karl. Les deux jeunes femmes lançaient des coups d'oeil apeurés vers la porte. Pas vraiment de quoi rassurer le jeune homme...

******

Ayreb souleva sa montagne de mucles en se levant, la mine assombrie par les propos de cette sorcière. Il posa une main sur l'épaule de Shäleen et la laissa descendre jusqu'à son nombril. Il finit par dire, la voix ferme :

- Elle sait des choses qui auraient dû rester secrètes... Mais, ce n'est pas grave... elle mourra bientôt, j'en suis presque certain. Quant à toi...

Il appuya sur son épaule pour le forcer à se mettre à genou. Puis il le regarda de toute sa hauteur et contiuna :

- Je devrais te gratifier comme il se doit de ton allégeance. Mais, ce sera pour plus tard... je dois d'abord régler deux affaires... Lorsque ce sera fait, je t'honorerais comme tu le mérites !

Il releva du bout de doigts la tête de Koah et ses yeux bleu-pâle se perdirent dans les siens, d'un vert si agréable à contempler. C'est à cet instant que la porte s'ouvrit à la volée. Ayreb se tourna et constata que c'était le rouquin qui n'avait même pas respecté son intimité. Fou de rage, il leva la main sur Shäleen mais se stoppa dans son geste en se contentant de beugler :

- QUOI ???

Le rouquin préférait largement la présence d'un Ayreb en colère plutôt que celle de Kali. Il dit d'un vois légèrement tremblante :

- La grande Kali ordonne que les guerrisseurs, perfides serviteurs de Danaë soient tués sur le champ !

- Je vois... et bien, dis-lui que je m'en charge personnellement... et que je lui apporterais la tête de la sorcière en guise de trophée !

- Mais je...

La perspective de retourner la voir ne l'enchantait absolument pas. Ayreb explosa alors en envoyant au rouquin une dague qu'il évita d'extrême justesse :

- DEHORS !!! Si tu vois Derl sur ton chemin, dis-lui que je veux ce que je lui ai demandé d'ici quelques instants ! Je n'attendrais pas... car si je dois le faire, je promets sur les couilles de Davik que je vous arrache les yeux à chacun !

Le rouquin détala sans demander son reste. Ayreb se rassit sur son fauteuil et donna un violent coup de pied dans la table. Il lâcha alors à l'intention de Shäleen :

- Finalement... je vais peut-être perturber légèrement mes plans. Apporte-moi les deux fouets, celui qui est normal et l'autre... avec les crochets et les clous. Emmène avec toi le tison aussi et des bougies... l'odeur de la cire sur la chair me fait bander... Peut-être que tu pourras participer... si tu te montres compétent !
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MessageSujet: Re: 01 - Quand sonne Winowa.   Jeu 17 Avr - 2:56

Gurkan ne put se retenir d’avantage. Andrew l’insupportait. Lui rappeler l’amour que Koah éprouvait pour lui avait le don de le mettre dans une rage folle. Sans pouvoir se contrôler d’avantage, le guerrier sauta sur Andrew. Malgré les liens qui entravaient leurs mouvements, un combat dans la paille s’engagea. Les deux hommes arrivèrent assez bien à s’en foutre sur la gueule.

« Va te faire foutre fils de pute ! » Gronda Gurkan tout en flanquant un violent crochet du droit au Chef de Lydée. « Tu veux que je ne sois plus un hypocrite ! Eh bien, assumes enfant de Torsha ! Bâtard de Kor ! Petite putain blonde d’Hankien ! »

Alerté par le bruit de lutte, deux soldats pointèrent le bout de leur nez. Un instant, ils restèrent sans réagir, les regardant se battre en gloussant. Puis, lorsqu’ils décidèrent que cela avait assez durer, le plus petit des deux soldats prit un sceau remplit d’une eau très sale dans une autre cage, et il en aspergea les deux Lydéens. Aussitôt, ils se calmèrent, se séparant, chacun dans un coin de la cage.

Sous les moqueries des hankiens, Gurkan et Andrew se firent face en reprenant leur souffle. Les soldats repartirent quelques minutes plus tard monter la garde à l’entrée des cachots. Gurkan cracha un peu de sang, et il dit : « Alors, Chef ? Qu’est-ce qu’on fait ? On attend que ta reine vienne nous sortir de là, où on se débrouille seuls ? »

********

« Qu’est-ce qu’ils vont me faire ? Qu’est-ce qu’ils vont me faire ? »

Karl tremblait de tous ses membres en répétant inlassablement la même question. Il avait peur, si peur que son cœur faisait de soubresauts à chaque fois qu’un bruit se faisait entendre derrière la porte. Malgré toute la douceur empressée dont les deux jeunes femmes faisaient preuve, le jeune chef de Kurikat n’arrivait pas à se ressaisir.

Des milliers de questions tournaient dans sa tête, suivie d’idées noires. Il ne pu réprimer ses larmes, larmes qui coulaient le long de ses joues pâles. Kloé et Iris le lavaient à l’eau froide et Karl se laissait faire, tétaniser. Il était incapable de réagir comme un guerrier.

« Pitié, laissez-moi partir. Je n’ai rien fais de mal. Je… ce n’est pas notre chef. Ce n’est pas notre reine. Je ne suis pas Lydéen. C’est Andrew. Andrew est important. Elle le protégeait ! Très important. Pitié… ne me faite pas de mal. Enlevez-moi mes chaînes. »

********

« Mon Maître... détendez-vous. Vous semblez si tendu... » Susura Shäleen.

Toujours à genoux, Shäleen laissa apparaître un sourire malicieux, puis, d’une façon superbement sensuelle, servile et provocante, il se traîna à quatre pattes et la croupe en l’air à en damné un prêtre de Cheera, vers Ayreb. Sa façon de bouger et surtout de fixer son maître était indécente pour un Lydéen, mais terriblement excitante pour un Hankien. Shäleen était chienne et soumis aux désirs de son maître.

Arrivé entre les cuisses d’Ayreb, il les écarta très lentement tout en glissant ses mains jusqu’aux articulations intérieurs des cuisses. Là, à travers le pantalon, il se saisit de la chaire des cuisses musclées de son maître, puis tout en fixant avec insolence le guerrier, il rapprocha son visage de son entrecuisse, si près que ses lèvres touchèrent presque la volumineuse bosse du pénis accentuée par l’étirement du tissu bordeau. Mais alors que docilement l’augure mordillait à travers le tissu le sexe de son maître afin que celui-ci puisse se détendre, il se releva tout à coup dans un élan parfumé d’un encan des plus envoûtants.

Les mains appuyés sur les accoudoirs du fauteuil, les lèvres près de celles de son maître à presque l’embrasser et les yeux verts planté profondément en lui, Shäleen murmura suavement d’une voix où perçait un désir mordant : « Je vais de ce pas vous apportez vos… jouets, Maître… » Il se mordilla la lèvre. « Vous savez que je ferais tout, tout pour vous plaire. Vous êtes mon Maître et je suis votre esclave dévoué et totalement soumis. Tout ce qui compte, c’est vous et votre domination incontestable sur Hanka. »

Au summum de l’excitation, Shäleen se retira et d’un pas félin, il s’éloigna, lançant un dernier regard troublant par-dessus son épaule. Dans le hall, les esclaves étaient silencieuses. Lorsqu’il passa devant le réfectoire, son regard se posa sur Lycos et les guerriers Lydéens qui affichaient une mine sinistre. Un instant, Shäleen resta immobile, l’air songeur. Finalement, lorsqu’un esclave croisa sa route en transportant un panier remplit de linge propre, il quitta sa fixité et il s’éloigna.

A peine une petite dizaine de minutes plus tard, il revenu en tenant un grand coffret magnifiquement sculpté dans un bois d’un noir ébène. Il rejoignit à nouveau Ayreb qui était toujours affalé dans son fauteuil, les pieds sur la table. Lentement, il déposa les ustensiles de torture demandée devant son maître, et il dit :

« Voici maître. »

Alors qu’Ayreb examinait d’un œil avide ses fouets soigneusement rangés dans l’écrin, Shäleen le regarda un long instant en silence. Il était debout à sa droite, les bras derrière le dos. Puis, lorsque son regard croisa celui de son maître, l’augure osa dire d’une voix doucereuse : « Maître, vous devriez prendre des dispositions afin que plus aucuns guérisseurs, suppôts d’adorateurs de Danaé ne pénètrent à Hanka à l’avenir. Il n’est pas bon Maître de laisser se balader en toute impunité ces prêcheurs de paix et d’amour. »

Il s’agenouilla respectueusement près de son Maître, une main déposée sur la cuisse du guerrier. « Pourquoi perdez-vous votre temps avec ces choses là ? » Il indiqua les ustensiles et poursuivit. « Mon Maître, Kali la Damné n’aime pas attendre. Envoyez de ce pas quelqu’un lui livrer la tête de ces adorateurs de Danaé avant de subir son courroux. »

********

Agar, Meecham essayait de garder les yeux ouverts malgré ses contusions. Le jalanien souffrait mais grâce à l’élixir que Tomas lui fit boire, la douleur s’estompa doucement. D’une voix grave et teintée d’une faible fatigue, il dit : « Vous avez raison Votre Altesse… Jewel risque de ne pas apprécier mon nouveau physique de tombeur de ces dames. Ces une magnifique femme rafinée vous savez ? » Il rit et cela lui fit mal. « Si vous voulez vous faire aimer d'elle, ramenez lui son ami. Si vous êtes certaine qu’il existe en ce Shäleen une infime partie de l’âme de Koah, nous devons le ramener avec nous à Ténolas. Il fait partie des Lydéens, pas de ces barbares décadents. Jewel en serait tellement heureuse. »

Tomas semblait troublé. « Vous voulez dire que ce jeune homme a été ressuscité ? Par les Augures ? Pourquoi ? Pour quelle monstrueuse raison ? Pour pouvoir tirer de lui assez de pouvoir afin de servir Ayreb ? »

La porte de la chambre s’ouvrit et un augure tenant une carafe d’eau arriva sans s’annoncer. Derrière lui, deux esclaves apportaient de large plateau sur lesquels des bols de wraps au poulet tandoori étaient déposés. Rapidement et sans un mot, les esclaves laissèrent aux « invités » d’Ayreb les plats sur la table, puis ils s’éclipsèrent.

L’augure déposa la carafe et dit à l’intention des captifs : « Dans sa grande miséricorde, Ayreb vous fais gratifie d’un dernier repas. Profitez-en. » Il fixa de ses yeux cruels, visibles derrière son masque, les deux guérisseurs, puis il partit.

Tomas dit à voix basse : « Vous avez raison, Majesté. Ces augures ont un problème avec nous. Nous ferions mieux de nous méfier. » Il regarda Laë. « Ils dégagent une haine épouvantable pour nous. »

Meecham chuchota : « Je penses qu’ils dégagent de la haine pour tous le monde ici. Ne vous en formalisez pas. »

Le guérisseur secoua tristement la tête. « Non hélas, les ondes de cet augure nous haïssent particulièrement. Nous les serviteurs de Danaé, nous avons la capacité de voir le karma des êtres, et les lumières de cet augure sont incroyablement obscures et toutes pratiquement chargée de haine à notre égare. » Il regarda Hamy. « Nous les dérangeons. Notre présence dans cette demeure les rebutes. Nous leur faisons peur pratiquement. Je me demande pourquoi, car nous ne possédons aucun pouvoir magique capable de rivaliser avec eux. »

Le jalanien grimaça lorsque Hamy appliqua un baume sur son arcade. Il demanda : « Que faisons nous Votre Altesse ? Je crains que votre plan tourne en eau de boudin. Ces hankiens sont imprévisibles. Comment établir un plan sensé sans que leur agissement irréfléchit ne le perturbe et ne le remette en cause ? »

Tomas proposa : « Nous pourrions déjà essayer dans un premier temps d’éviter à Andrew de mourir au nom d’un autre. Ayreb ne semble pas être un homme qui aime faire traîner les choses. »
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MessageSujet: Re: 01 - Quand sonne Winowa.   Ven 18 Avr - 12:03

- Dans le cas, d'Andrew... si, justement. La haine qu'il éprouve pour lui est grande, plus grande que celle que vous porte ces Augures. Je pense qu'il garde votre chef pour plus tard... ce sera en quelque sorte, le clou de sa journée. Il faut nous concentrer sur le plus urgent... nous imposer et les manipuler.

- Un retour de force ? Nous ne pourrons pas combattre... et puis, comment pourrions-nous gérer une telle situation dans notre position ?

Hamy regarda la reine qui resta un instant pensive. Il se dirigea vers la chope, et versa un peu d'eau dans un gobelet en terre cuite. Il continua de parler :

- Et à supposer qu'ils soient décontenancés un court instant... Meecham a raison, ils sont imprévisibles...

Il leva le gobelet pour donner un peu d'eau au Jalanien mais avant même qu'il ne puisse l'approcher de ses lèvres, Laë avait bondit et le lui arracha des mains en le jetant au sol. Dans son geste, elle donna un coup malencontreux au flanc de Meecham qui grogna de douleur. Hamy, la regarda, surpris. Mais il n'eut pas besoin de poser une question, Laë expliqua :

- L'augure... souvenez-vous de ce qu'il a dit... "Dans sa grande miséricorde, Ayreb vous gratifie d’un dernier repas. Profitez-en"... C'est exactement le genre de paroles qui cachent une tentative d'assassinat...

- Mais ce n'est que de l'eau... S'ils voulaient nous tuer, ils nous auraient égorgés en place publique...

- Ne touchez à rien, ni à l'eau ni à la nourriture... Donnez-moi la chope.

Hamy la lui donna, visiblement étonné. La reine évalua le liquide et en versa dans un autre gobelet en observant attentivement la transparence. Tout semblait parfaitement normal, alors elle décida de tester par elle-même. Elle scruta le sol de la chambre et avança dans les coins. Elle s'agenouilla quelques instants et lorsqu'elle se redressa, elle tenait dans sa main une souris grise de la taille d'un briquet. Elle avança vers le gobelet et y laissa l'animal renifler. Le rongeur s'approcha de la surface mais se ravisa. Laë le déposa au sol et arriva à cette conclusion :

- Ce Ayreb est moins idiot que ses sous-fifres... L'eau est empoisonnée... il n'en fait aucun doute, sinon, la souris aurait bu sans se soucier de rien. Il a compris plus vite que n'importe qui d'autre... mais, c'est parfait, tout ça joue en notre faveur...

Elle posa avec violence la chope sur un meuble et se tourna, les traits tirés par la colère...

- Très bien... nous tenons notre plan, messieurs... je crois qu'il faut recadrer certaines choses...

Hamy la regarda avec intérêt mais, en toute réponse, la Reine se plongea dans un élan de réflexion. Qu'elle qu'ait été son idée lumineuse, son expression ne présageait rien de très bon...

******

- Calmez-vous... s'il vous plait... s'il vous entende vous morfondre ils seront beaucoup plus violents...

- Attends, une seconde... Andrew, vous avez dit ? Irys !!! Kant est ici !!!

- Chuttttt !!!

Kloé baissa d'un ton, visiblement remotivée. Elle continua de parler, sans se soucier du fait que sa main s'attardait sur le haut de la cuisse de Karl, de toute façon, entre l'eau froide et la peur, le guerrier était ratatiné.

- Il est ici... il va nous sortir de là !

- Calme-toi... s'ils t'entendent... écoutez-moi... vous devez éviter de les regarder trop souvent dans les yeux... s'ils voient que vous voulez résister et qu'ils ont quelque chose à soumettre contre leur volonté, ils prendront beaucoup plus de plaisir... je suis vraiment navrée, pour vous... mais nous ne pouvons rien faire. Si vous tentez de vous enfuir, ils vous tueront en vous pendant par les pieds au plafond et nous avec.

- Où est Andrew ? Il est toujours dans la salle des cages ?

- Ne le brusque pas... nous n'avons pas les clés pour vos chaînes... Kloé, nous ne pouvons pas le laisser...

- Nous y sommes bien obligées... il faut libérer Andrew... êtes-vous venus tout seuls ?

Irys jeta un coup d'oeil inquiet vers la porte tout en faisant coulant l'eau glacée sur le corp nu de Karl. Elles étaient sur le point de laver à la main son dos lorsque le porte s'ouvrit à la volée. Derl était de retour. Il avança, un petit air cruel sur le visage et dévisagea les deux jeunes femmes :

- Il n'est pas prêt... vous l'aurez voulu !

- Non, maître Derl... je pourrais peut-être m'excuser pour notre erreur de façon plus personnelle...

Kloé s'était mis à genou et caressait de ses doigts l'entrejambe de l'homme. Ce dernier la laissa faire quelques instants et il finit par dire :

- Soit... dès que j'en aurais terminé avec ce minable, et que Maître Ayreb me congédiera, je reviendrai... Bouge-toi, sale chien !

Il donna un violent coup de pied dans les reins de Karl. Irys lui enfila rapidement un petit linge qu'elle noua au niveau de sa ceinture. Elle eut un regard navré à son encontre, faire ce genre de choses lui était difficile soutenable. A peine eut-elle terminé que Derl prit Karl par le cou en appuyant de toutes ses forces sur ses vertèbres. Il s'approcha de son oreille et murmura :

- Espèce de mauviette... tu pleurniches comme un gros bébé... et tu te prétends guerrier... tu es pathétique. Tu vas voir, ça va être très distrayant !

Tous deux sortirent, laissant les lydéennes seules dans la pièce. Dès que le Hankien fut assez loin, Kloé tira Irys par le bras en lui disant :

- Viens... allons voir Andrew.

- Tu es folle !

- Non... prends un pichet d'eau et le pain moisi d'hier. Celui que tu as caché dans le coin là-bas.

Irys s'exécuta et les deux jeunes femmes sortirent ensemble de cette pièce...

******

- Kali devra attendre un peu plus que d'habitude ! C'est moi qui commande ici ! Je veux en apprendre plus sur ces bâtards de Cheera !!! Mais s'il le faut, je choisirais un guérisseur à éliminer moi-même, en gage de bonne volonté. Une fois que je me serais assuré que la pute qui les accompagne est morte, j'offrirais leur tête et leurs couilles à la grande Kali !

Ayreb eut un regard réprobateur envers Shäleen, il n'aimait pas qu'un esclave, aussi beau soit-il lui donne des conseils. Cependant, l'apprenti Augure avait une valeur de trophée, un statut particulier. Le Hankien n'avait jamais pu le frapper trop fort. D'ailleurs, pour qu'il le laisse patienter à ses côtés, c'est qu'il comptait beaucoup. Le guerrier posa sa main puissante sur celle de son esclave et la fit avancer vers son entre-jambe. En quelques secondes de contact, la bosse de son pantalon augmenta de volume, le résultat d'une érection naissante.

- Ces serviteurs de Danaé sont des profanes... Je veux d'abord m'amuser avec eux histoire de faire comprendre à tous qu'ils doivent nous craindre. Je te laisserais chosir lequel des deux mourra en premier, mais, un peu plus tard... avant, j'aimerais te gratifier de ta loyauté...

L'étoffe du tissu semblait avoir bien du mal à résister à cette pression qu'exerçait l'érection grandissante. Mais alors qu'il allait accompagner la tête de Shäleen à son entrejambe, la porte s'ouvrit sur Derl. Il était accompagné de Karl. Presqu'aussitôt, Ayreb se leva, sans se soucier de la préominence de son penis sous le tissu et porta un regard avide sur le guerrier de Kurikat. L'homme n'en menait pas large et il fut jeté à terre par Derl.

- Sale chien, à genou !

- J'ai failli attendre !

- Maître Ayreb, je vais punir les responsables comme il se doit immédiatement.

- Non ! Tu restes ici ! Tu ne comptais quand même pas te défiler ?

Derl resta donc à sa place. S'il contestait, il subirait un lynchage cuisant et une humiliation en public. Ayreb, aussi fidèle à lui-même que possible, avança vers le Karl d'une démarche guerrière. Il attrapa son visage, et lâcha :

- Tu es mignonne... et si tu me parlais un peu de tes amis ? Tu sais, la pétasse que tu sers... et ses projets ?

Il le souleva du sol, pour le plaquer contre la lourde table, Karl lui tournait maintenant le dos et dans un mouvement puissant du bras, Ayreb le fit se pencher en avant. Il plaqua aussitôt son bassin sur les fesses offertes de Karl. Nul doute que ce dernier devait sentir son pénis en érection. Il lâcha avec une pointe de sadisme :

- Parle ! Parce qu'une fois que tu auras la bouche pleine, ce sera difficile ! Qui est cette pétasse ? Qu'est-ce qu'elle vient faire ici ? Réponds !

Il pressa un peu plus fort son sexe contre les fesses de Karl et ajouta :

- Si tu te montres docile, je tâcherais de t'éviter une humiliation publique... et peut-être même que je t'accorderais l'immense faveur d'être mon vide-couille personnel. Alors ? Marché conclu ?

******

Andrew dévisagea longuement Gurkan. Le guerrier avait traité sa mère de pute et il n'avait pas laissé passer cette nouvelle occasion de lui cogner dessus. Légèrement bridés par leurs chaînes, les lydéens eurent du mal à se dégager l'un de l'autre. Les coups de poings et de pieds pleuvaient comme jamais. Lorsque les deux gardes leur jetèrent un seau d'eau croupie à la figure, tous deux s'écartèrent, le corps tuméfié et meurtri. Kant essuya son nez qui saignait abondamment et son acarde, littéralement explosée par un coup de poing de Gurkan. Il lui répondit, d'un ton qui trahissait sa colère :

- J'en ai rien à foutre... toi qui réfléchis si bien, tu n'as qu'à me donner une bonne idée pour sortir de cette putain de cage fermée à clé ! Ah ouais, mais merde... j'oubliais... tu réfléchis jamais ! Espèce de con !

Tous les deux étaient essouflés par la lutte qui s'était engagée. Kant cracha dans sa direction, ses nerfs étaient à bout. Il n'arrivait toujours pas à digérer que Gurkan le traite de lâche et que Laë les ai vendus pour sauver la peau de ses petites fesses royales ! Il ajouta, d'un ton acide :

- J'ai une idée, tu n'as qu'à plus manger... et quand tu sera un tas d'os, bah je te ferais passer de l'autre côté, comme ça tu seras dehors ! Bonne hypothèse non ? Ces espèces de bâtards ne viendront pas dans la cage... c'est foutu...

La porte se réouvrit. Les deux soldats entrèrent à reculons. Deux jeunes femmes se dressaient devant chacun d'eux. Kloé et Irys... Andrew faillit lâcher un juron mais en embrassant le cou de l'un des Hankiens, Kloé lui fit signe de se taire. Elle plaça le main au panier du soldat et sussurra :

- J'ai envie que tu me prennes comme une traînée...

Au fur et à mesure, elles les faisaient avancer dans leur direction. Irys s'agenouilla. Ils n'étaient qu'à un mètre de la cage d'Andrew et Gurkan. Sans s'en soucier, les deux soldats ouvrirent leurs pantalons pour sortir leurs sexes. Irys prit celui du soldat à pleine bouche, en appliquant délicatement la main sur son torse. Kloé se contenta de caresser celui du soldat dont elle s'occupait. Les deux hommes poussèrent quelques râles de plaisir et c'est l'instant que choisirent les deux jeunes femmes pour les pousser vers la cage. Andrew qui se tenait sur le qui-vive, attrapa un des deux hankiens par la gorge à travers les barreaux et serra du plus fort qu'il le pouvait. Gurkan semblait faire de même. Alors que les soldtas tentèrent de se dégager, d'un même mouvement, Irys et Kloé donnèrent un violent coup de pied dans leur entrejambe. La douleur leur coupa le souffle et Andrew en profita pour serrer de pus belle la gorge du soldat qu'il avait attrapé. Le Hankien voulait atteindre son épée mais vu qu'il avait baissé son pantalon et que sa ceinture se trouvait à ses pieds, il n'avait aucune chance. Peu à peu son visage prit une teinte violacée, ces gestes se firent saccadés, comme épileptiques puis il s'immobilisa. Andrew le tint comme ça pendant une longue minute, serrant encore au maximum. Il semblait avoir oublié les autres autour de lui.
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Slave of his destiny
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Koah Lang
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MessageSujet: Re: 01 - Quand sonne Winowa.   Ven 18 Avr - 21:58

La douleur dans l’épaule de Karl était puissante. Ayreb avait réussi à lui tordre le bras dans le dos, si bien que si le jeune homme tentait quoique ce soit d’autre que de rester allongé et soumis, il se déboîterait l’épaule. Sentir le guerrier se frotter à lui, écraser son sexe imposant contre l’antre de ses fesses légèrement dissimuler sous cette misérable étoffe de tissu, le terrifiait.

Les Hankiens aimaient ce genre de spectacle. Briser le corps d’un autre. Le souiller. Le soumettre. Asseoir son autorité sur un être faible. Ces pratiques étaient monnaie courante dans ce village, mais plus que partout ailleurs, dans la demeure d’Ayreb, le seigneur de cet antre ce faisait une religion de souiller tous corps pouvait encore l’être. Si l’homosexualité et la bisexualité en tant que principe affectif étaient mal conçues par ici, le principe de dominant et de dominer était tout à fait acceptable. Celui qui pénétrait et qui possédait était élevé au rang d’homme, et celui qui subissait et se faisait pénétrer était traité en femelle et à la guise du séviceur.

Karl pleurnichait, ses longs cheveux noirs devant son visage. Il sentait toute la masse musculaire de l’homme l’écraser contre le bois rugueux de la table et son souffle chaud contre son oreille. Ayreb se délectait de ses gémissements. Il lui mordit l’épaule, lécha sa nuque et laissa s’écouler un épais filet de bave qui souilla le côté du visage de Karl. Le jeune homme essayait de se débattre mais force était hélas pour lui de constater que plus il se révoltait, et plus la douleur dans son épaule augmentait rapidement.

Sournoisement, Ayreb glissa son autre main sous l’étoffe de tissu et attrapa fermement une fesse du jeune homme qui poussa un gémissement sous son châtiment. Ensuite, malgré les supplications du gosse qui semblait ne connaître que quelques mots dans son vocabulaire, il glissa deux doigts à l’entrée de son corps, poussant sur la rosasse étroite et vierge de son anus. Karl se contracta violemment mais Ayreb lui malmena le bras en poussant un rire gras et cruel.

Karl supplia entre deux pleures : « JAMAIS ! NON ! JE NE SERAIS JAMAIS VOTRE PUTAIN. »

Mais Ayreb força le passage de ses doigts et Karl cria de douleur. Il dit alors la voix brisée :

« Non, non, pitié, non… arrêtez ! Pourquoi vous faites ça ? Pourquoi ? Arrêtez… pas ça… non… Je suis un homme. Je suis un homme, un homme qui aime les femmes… arrêtez, non… pas par là… stop… »

Ayreb était brutal à lui en faire mal et odieusement méprisant. Il lui léchait la joue, lui crachait dans les yeux et le reniflait comme un porc en se délectant de sa terreur. Après avoir résister a peine une petite dizaine de minutes à peine aux injonctions malasaines d'Ayreb, et malgré tout l’effort que Karl faisait pour lui tenir tête, le jeune guerrier ne put se contrôler d’avantage. Karl n’était pas endurcit et il ne su pas longtemps dominer son côté puéril et craintif.

« C’est… c’est une reine ! Une reine d’un lointain pays… Yrilia de derrière les Rocailles. Nous sommes ici pour vous demandez de nous rejoindre… de vous unir à nous. Il faut faire… aaaaaaaaaaahhh… face à Dorthal et ses mages. Stop arrêtez ! Elle… elle n’est pas votre ennemie… et moi non plus ! Pitié ! »

D’un air froid, Ayrel continuait d'assouvir ses pulsions destructrice en Karl qui pleurnichait, se sentant humilier. Le jeune homme cria dans un élan de courage : « Barbares ! Putain de barbares ! NOUS VOUS TUERONS TOUS ! »

Debout près du fauteuil d’Ayreb, et depuis l’entrée de Derl et du prisonnier, Shäleen regardait d’un œil froid son maître. Il semblait légèrement contrarier, mais pas par le spectacle offert car cela l’indifférait, ni par les propos tenus par Karl. Etait-ce le fait qu’Ayreb puisse remettre à plus tard un ordre de Kali qui assombrissait son si joli visage ? L’augure regarda un instant son maître, puis, d’une façon qui ne cacha pas son irritation, il ouvrit le coffret noir où se trouvait les fouets, et il le poussa brutalement vers Ayreb, l’incitant à passer au chose sérieuse.

« Finissez-en rapidement, Maître. »

La boite glissa dans un bruit sourd. Shäleen défia du regard son Maître, lui faisant comprendre ainsi qu’il en finisse le plus vite possible afin de pouvoir répondre aux ordres de Kali la Damné. Entêté, le jeune homme fit face à Ayreb fièrement qui semblait luter avec l’envie de le corriger et de continuer à molester Karl. Finalement, Shäleen s’en alla sans un mot de plus, boudant ouvertement son maître. Shäleen savait qu’il serait puni, mais il savait aussi que la punition serait la moins sévère de toutes celles subies dans la maisonnée. La frustration et la colère qu’Ayreb éprouverait à son égare serait rejetée sur un autre… et ce serait plus fort que le guerrier.

Etonnamment, et les hommes d’Ayreb ne se l’expliquèrent pas, leur maître n’avait jamais été profondément cruel, sadique et monstrueux envers l’esclave. Oh, bien sûr, plus d’une fois il l’avait giflé, quelques fois battu et bien souvent, Ayreb avait abusé et souillés ses charmes sauvagement, mais jamais le sang de Shäleen n’avait coulé plus que de raison dans cette demeure.

Il marcha à travers le grand hall et passa devant quelques soldats renfrognés. Que la favorite de toutes les putains du Maître puisse lui faire faux bon, leur était désagréable car il y avait des chances que des brides de la colère du grand manitou retombent sur eux. Un homme voulu l’arrêter, mais affronter la colère du shaman avait quelque chose de terrifiant. Certaines rumeurs qui circulaient dans la demeure disait que Shäleen avait déjà dans un coup de sang, écorché vif un homme, rien que parce que celui-ci s’en était revenu du temple de Sedna avec une urne sacrée, offerte gracieusement par les prêtres afin de payer un tribut honorable à Ayreb. Shäleen l'avait détruite sur le champ et il fut copieusement puni toute une nuit par Ayreb.

Shäleen marcha à travers les couloirs de la gigantesque demeure, un froid glacial l’entourant. Sur son passage, des esclaves s’inclinèrent respectueusement, ainsi que quelques soldats craintifs de se retrouver seuls avec lui. Lorsqu’il passa près de la porte arrière et coulissante du réfectoire où étaient attroupés les hommes d’Andrew, Lycos profita d’un moment d’inattention des hommes d’Ayreb pour s’éclipser. Le guerrier Lydéen blond attrapa le bras de Koah, et bien qu’ayant la langue charcutée, il chuchota difficilement :

« Koah ? Tu ne me reconnais pas ? » Malgré l’obscurité du couloir, il chercha à mieux discerner le visage de l’esclave. « C’est bien toi ? Je n’en reviens pas. C’est un miracle. »

Shäleen se radoucit. Il dit calmement : « Tu ne devrais pas m’adresser la parole Lycos. Tu risques ta vie si on te surprend avec moi. »

« Qu’est-ce qu’il se passe ? Gurkan et Andrew sont ici. Ils nous on dis que tu étais mort au Pic des Ténèbres. Ces sales hankiens les ont emmenés quelques parts avec eux. Où sont-ils ? »

Avant que Shäleen n’ait pu répondre, un bruit se fit entendre dans le réfectoire et aussitôt, un homme surgit derrière le Lydéen. Shäleen poussa Lycos le regard froid, et le lydéen tomba en arrière dans le réfectoire. Deux hankiens surgirent et le tirèrent sans ménagement à l’intérieur, et un troisième coulissa la cloison devant le nez de Shäleen. Lycos cria après avoir reçu un coup de poing et l'Augure continua sa route.


*******

Gurkan étranglait de toutes ses forces la gorge du soldat collé dos aux barreaux de la cellule. Il serra si fort que sa nuque se brisa en un bruit bien audible. Il avait la haine, une haine épaisse qui le poussait à donner tout ce qu’il avait. Lorsque l’homme ne chercha plus à se débattre, le grand guerrier métissé le lâcha, son corps tombant lourdement sur le sol. D’un geste rapide, Gurkan lui arracha le trousseau de clefs qu’il avait à la ceinture, puis, après avoir chercher quelques secondes après la bonne clef, il défit ses chaînes.

« Par Cheera ! Que faites-vous ici les filles ? » Demanda le guerrier tout en libérant Andrew de ses entraves de la même clef. « Vous avez échappées aux Idrazits ? Y a-t-il d’autres survivantes dans votre cas ? »

Par un incroyable coup de chance, Andrew trouva la clef du cachot d’un seul essaie. Les portes se la cellule s’ouvrirent. Les deux hommes sortirent de leur prison. Ils récupérèrent les armes des geôliers et aidé par les deux jeunes femmes, ils traînèrent dans la paille les soldats. Après un dernier coup de pied dans les dépouilles des hankiens, Gurkan se tourna à nouveau vers les jeunes femmes. Epée courbée à la main, il demanda :

« Qu’on-t-ils fait de Karl, ces fils de Kobol ? Un jeune homme d’une vingtaine d’année a peine. Cheveux noirs… longs. Plutôt mignon. Il fait partie de notre groupe. C'est le chef de Kurikat ! »

*******

Tomas s’étonna de voir Laë si déterminée. Il ne savait pas pourquoi, mais il lui semblait qu’elle en savait plus qu’elle ne le laissait entendre. Le guérisseur était décontenancé par tout ceci. Il n’avait pas l’esprit développé pour ce genre de chose. Les plans et les manigances, ce n’étaient pas dans sa nature. Jamais Tomas n’avait eu besoin de se sortir de pareil guêpier, et encore moins, il n’avait côtoyé des gens comme les hankiens. Tout ceci était nouveau et perturbant.

Il se dirigea vers les plats de nourriture et les fixa un instant. Il demanda alors : « Qu’est-ce que vous comptez faire ? Quel est votre plan ? »

Douloureusement, Meecham demanda : « Qu’avez-vous lu dans l’esprit d’Ayreb Votre Altesse… tout à l’heure ? » Il toussota. « Pour le mettre en colère… vous avez vu quelque chose avant que… Shäleen… Koah n’arrive. Que c’est-il passé la nuit dernière ? A qui les paroles finissent-elles toujours par se réaliser ? Vous l’avez mit très en colère en disant cela. De quoi parliez-vous ? »

Tomas se tourna vers Laë, l’œil remplit de questions. « Que savez-vous donc sur cet Ayreb que nous ne savons pas encore ? »
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    C'est bien fini, je rentre au pays.
    Où est ce paradis que j'ai tant cherché.
    La tête à l'Est, à l'Ouest.
    Comme une vraie girouette.
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Andrew Kant
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MessageSujet: Re: 01 - Quand sonne Winowa.   Dim 20 Avr - 12:21

- AMENE-TOI !!!

Derl obéit, sachant déjà ce qu'il allait subir... Lorsque Shäleen partit, il n'avait guère apprécié son air trop hautain pour un escalve, aussi trophée, soit-il. Ayreb n'appréciait absolument pas de voir ce genre de choses dans le regard de ceux qui lui étaient inférieurs. De sa main droite, il appuya lourdement sur l'épaule de Karl, le maintenant sur la table. De son autre main, il envoya un formidable coup de poing dans le visage du guerrier. Sous le choc, sa machoire émit un craquement sinistre ses lèvres éclatèrent. Derl se massa la joue et cracha deux morceaux de dents accompagnées d'un filet de sang. Fou de rage, il se saisit du fouet enserra la gorge de Karl avec. Il souffla dans son oreille :

- Une reine d'un pays lointain, dis-tu... Ta reine va mourir sous peu, j'ai fait empoisonner son eau ! Cette sale pute va crever !

Il tira un peu en arrière, le cuir entaillant en surface la peau douce du cou de Karl. Plaqué contre son sexe désormais en pleine érection sous son pantalon, il ajouta, cruel :

- Tu vas tous nous tuer, hein ? Ce n'est pas comme ça que l'on parle à un maître, minable bâtard !

Il arracha le bout de drap qui cachait le nudité de Karl et baissa l'avant de son fûte. Sans prévenir, ni ajouter de délicatesse, il enfonça son pénis turgescent entre les fesses du chef de Kurikat qui poussa un cri étouffé de douleur. L'air sadique n'y trompait pas... il prenait plaisir à le faire souffrir. Et c'était à la limite de la décence humaine. En le gardant plaqué sur la table de ses bras, il donna de grand coups de bassin, arrachant des plaintes de souffrance à Karl. La torture dura plus de dix minutes. Au final Ayreb se pressa au maximum contre ses fesses pour relâcher sa semence à l'intéreur du guerrier dans un râle presqu'animal. D'un mouvement brusque, il précipita au sol un Karl dont le visage était humidifié de larmes. Il tomba à terre, réplié sur lui-même, comme une loque. Ayreb remonta son pantalon et prit le fouet. Il en donna quatre grand coups sur la peau nue du guerrier, créant des plaies à chaque contact. Il s'arrêta et regarda l'homme, violé et humilié :

- C'est bien... pleurniche... alors, elle est venue te sauver, ta reine ? Petite merde !

Il donna un coup de pied dans son estomac et se tourna vers Derl qui essuyait son sang à l'aide du drap désormais rouge. Il lâcha, impitoyable :

- Je te le laisse, à toi et aux autres... je veux qu'il pleure comme un bébé. Peu m'importe la méthode !

Derl acquiesça et sortit de la pièce quelques instants. Ayreb en profita pour s'avachir dans son fauteuil. Il posa ses pieds sur la table tout en poussant volontairement un agréable soupir de jouissance. Il regarda le chef de Kurikat, toujours au sol et dit à sa seule attention :

- Tu voulais de la barbarie, sale chienne... et bien tu vas en avoir... ha ha !

Il eut un rire sarcastique et à cet instant, Derl revient entouré d'une dizaine d'autres hommes. Il donna un coup de pied dans la jambe de Karl et deux guerriers le levèrent pour l'allonger sur la table et l'immobiliser. Etant donné les bosses visibles dans les pantalons, Karl n'en avait pas fini de son supplice. Et Ayreb ne le quittait pas des yeux, il était sans aucune pitié.

********

Andrew dévisagea longuement le cadavre qu'il avait fini par relâcher. Irys et Kloé eurent un regard inquiet vers lui. Depuis la dernière fois, il avait tant changé. Il semblait avoir pris une dizaine d'années en quelques mois. Il avait minci, ses traits étaient plus fatigués et il semblait porter sur ses épaules un poids insoutenable. Conscientes que la situation avait changé, étant donné que Lydée avait été détruite, les deux jeunes femmes restaient néanmoins intriguées. Surtout lorsque Gurkan fit référence à Karl. Irys posa ses mains sur sa bouche, surprise et lâcha :

- Par Pelös ! Pauvre type... Derl l'a fait amener à Ayreb... cette brute va le violer, séance tenante... j'espère que ce malheureux n'aura pas l'idée folle de lui résister...

- Le chef de Kurikat, dis-tu ? En tout cas, c'est exactement le genre d'éphèbe qui excite Ayreb...

- Mais, il va prendre plaisir à l'humilier, comme d'habitude... il fait pareil avec les femmes, seulement, elles sont déjà inférieures... Pour les hommes, plus ils sont jeunes et inexpérimentés plus il se régale de les souiller... Nous avons vu des choses horribles... on nous as dit que Lydée était tombée.

- Comment êtes-vous arrivées ici ?


Andrew parlait pour la première fois et au regard surpris qu'elles lui lancèrent, il comprit que sa voix trahissait un mélange de colère et d'aversion pour ce qu'il venait de faire. Kloé, décida de ne pas s'en soucier et elle dit :

- Pour faire simple, nous avons été chassées par Lokan. Enfin à vrai dire, il nous a dit qu'il avait un travail à nous donner. Comme nous vidions bien les poissons, il voulait, en ton absence nous assigner à la pêche. En réalité, il nous a conduit vers la plage pour nous vendre à des marchands d'esclaves.

- Je pense qu'il voulait éviter que les gens trop proches de toi, répandent partout que les Idrazits approchaient. Nous avons été amenées ici, de force. Je passe sur les horreurs que nous avons subies... lorsqu'il y eu le feu dans le ciel, ça a semé une immense pagaille... D'après ce que j'ai compris, les Augures ont accusé le clan dominant d'être à l'origine de la colère de Sedna... Ils ont donc vivement protesté. Ayreb est alors apparu comme le dominant idéal. Il avait prouvé sa valeur au combat, il est beau... bref, le guerrier le plus à même d'asseoir son autorité.

- Et puis... ça a été le carnage... Ayreb tuait tous les hommes qui osaient lui résister. Il n'a pas tardé à avoir le soutien partiel, puis total des Augures... Pendant près de deux mois... ce village n'a été que pleurs, cris de souffrance et filet de sang... les esclaves ont changé de main. Notre ancien maître nous traitait plutôt bien, comparé à ce fou... il l'a fait éventrer sous nos yeux et il a demandé à ce que nous ramassions les morceaux un par un...

- Pour les jeter à l'eau... Les Augures ont fait offrande de Koah à Ayreb, en gage d'allégeance.


Andrew manqua s'étouffer. Son coeur eut plusieurs ratés et il écarquilla les yeux.

- Koah ??? Mais il est mort !

Irys pâlit et se tourna vers son amie de toujours :

- Nous pensions qu'il était avec vous... et qu'il s'était fait capturer... jusqu'à maintenant... soit Shäleen lui ressemble comme deux gouttes d'eau, soit... il n'est pas humain...

Andrew chercha de la main le mur pour s'y appuyer. Il ne put s'empêcher de lancer un oeil à Gurkan. Koah était mort... il l'avait placé dans une sépulture... il avait même pleuré sur son cadavre... non, le guerrier ne devait pas se faire d'illusion, il dit alors, d'un voix qu'il voulait lui-même convaincue :

- Gurkan... ce n'est pas possible... tu le sais... Koah est mort.

Au fond de