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01 - Quand sonne Winowa.

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Koah Lang
Admin - Vague de l'Omkara - Lydéen ressuscité


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MessageSujet: 01 - Quand sonne Winowa.   Ven 21 Mar - 17:26



Cela faisait désormais deux mois que les Lydéens s’étaient réfugiés à Ténolas. Etrangement, contrairement à ce qu’ils avaient pensés, ils ne trouvèrent à Ténolas aucun squelette, ni aucun mort. Aucun vestige de la guerre qui opposa les anciens propriétaires aux Trayaregs n’était présent dans la cité. Tous les corps avaient été emportés par les Trayaregs. La cité était totalement déserte. Tout était intact, ou presque. Des armes aux archives remplit de parchemins, en passant par les biens des anciens propriétaires, rien ne manquait. Ils étaient juste dissimulés sous une épaisse poussière.

Ténolas était une ville fortifiée construite sur une colline dans une vallée rocheuse au nord-ouest de Lydée, en bord de rivière Kaylin. Le climat était plutôt clément, même s’il y faisait bien plus frais et que le vent soufflait plus fortement que dans le Sud. Des montagnes enneigées zébraient l’horizon et formaient la ceinture de Ténolas. A l’Est des remparts, des champs et des pâturages s’étendaient sur plusieurs kilomètres.

On surnommait Ténolas le Joyau brute dans les légendes et les lydéens se dirent qu’elle le méritait largement. Même si au premier abord, la ville semblait froide et dépourvue d’âme, bien vite – grâce à la vie que les Lydéens apportaient – elle prit forme humaine et une grande partie des derniers Lydéens se surprirent à l’aimer. Contrairement à Lydée qui était renfermée sur elle-même, perchée en haut des arbres et cachée aux yeux de tous, Ténolas était visible à des kolomètres à la ronde.

La ville était une masse solide de hautes maisons en pierre et en bois sur plusieurs étages dont leurs toitures en chaume formaient des charpentes complexes. Son architecture compliquée était selon Korélus et Garrett capable de résister aux plus puissantes tempêtes... ce qui expliquait pourquoi depuis des centaines d’années, les édifices étaient toujours debout. De longs chemins pavés de vieilles pierres et de larges routes en courbes douces serpentaient à travers la ville. Tout ici donnait l’impression d’être en désordre, mais en y regardant de plus près, c’était un désordre bien ordonné.

Tout autour de Ténolas, une palissade solide de bois à base de roche, encerclait la ville. Garrett fut très heureux d’annoncer à Andrew qu’il n’y avait pas grand-chose à consolider. Elle fut réparée en à peine trois jours par les guerriers eux-mêmes. Au plus haut point de la colline, une gigantesque baptise, sorte de palais de bois et d’or minutieusement ouvrager, surplombait fièrement la cité. Servant selon Helen de temple, de salle de festivité et de siège du gouvernement, les Lydéens avaient dans un premier temps établis leur campement là-haut. Munis de nombreuses pièces, le palais abritait à l’intérieur de ses murs les stockes de nourritures, d'armes et d'objets précieux appartenant à la communauté.

Les premières semaines furent exclusivement tournées vers le nettoyage et la rénovation de la ville, ou du moins du côté de la ville que les Lydéens occuperaient dans un premier temps. Car il y avait plus de maisons que d’habitants. Alcin estimait qu'à son âge d'or, Télonas devait avoir accueillit plus de cinq cents ames. Sous les ordres de Garrett, une grande partie de la population s’attela à la réparation des toits, des charpentes et des fissures du palais, ainsi que du moulin et de la forge. Deux mois plus tard, une grande partie de Ténolas avaient retrouvé ses lettres de noblesses. Il n’y avait désormais plus que quarante personnes à vivrent encore au palais.

Les coudes et le dos appuyés nonchalamment contre le rebord d’une des fenêtres du hall du palais, Jewel regardait Meecham. La jeune femme était vêtue d’une jolie robe verte qui avait appartenue à une Ténolienne de bon goût. Sans gênes, ni remords, et sous la bénédiction d’Helen, les Lydéens s’étaient accaparés les biens des Téloniens. Lors d’une grande soirée, la toute première passée ensemble, Déjanire avait présidé la répartition des biens équitablement. La mère Lang assurait l’intendance depuis plus de deux mois. Elle délestait Andrew de nombreuses responsabilités afin qu’il puisse passer le plus de temps possible au chevet de Logan qui n’avait pas reprit connaissance depuis son agression.

Même si la douleur de la perte de Lydée était toujours profondément ancrée en chaque Lydéens, ceux-ci s’étaient adaptés plutôt bien à leur nouvelle maison. Aller de l’avant était nécessaire pour tout le monde. La vie devait continuer.

La fin d’après-midi était claire et lumineuse, et une bise venue de l’ouest rafraîchissait un peu la chaleur estivale. Dans le palais, les préparatifs de la fête de Winowa venaient de se terminer. Winowa était la plus vieille fête connue et ses origines se perdaient dans la nuit des temps. Elle se déroulait à chaque solstice d’été, un jour qui n’appartenait ni à l’année passée, ni à l’année à venir. Winowa, connue sous d’autres noms en d’autres lieux, était à en croire les légendes, célébrée dans toute l’île.

Le grand hall était en pleine effervescence. On avait dressé de grandes tables où s’étalaient une myriade de plats différents qu’une dizaine de femmes et Letor préparaient depuis quatre jours. Des celliers, d’énormes tonneaux de bières très fortes et enivrantes Ténoliennes avaient été montés. Presque tous les Lydéens se trouvaient ici. Il était important pour eux de garder leur tradition, et aujourd’hui, était un grand jour, un jour où ils pouvaient se retrouver avec le désir brûlant de simplement passer du temps ensemble. Les éclats de rire et de joies fusèrent à travers l’air. Quelques musiciens jouaient une musique entraînante, tandis que deux jongleurs amusaient les enfants assit devant une scène.

Proche de Jewel, Meecham la regardait en souriant. « Y a-t-il quelque chose à savoir sur vos festivités qui m’éviterait de mettre les pieds dans le plat par manque de connaissance, ce soir ? »

Jewel secoua la tête, un peu amusée. « Non. Il faut juste s’amuser. C’est le principe de Winowa. Une année est passée. La suivante arrive. » Elle sourit. « Et je vous souhaite déjà un bon solstice ou comme dirait les naufragés : une bonne nouvelle année. »

« Hum, je vois. Nous avons également ce genre de tradition dans mon monde. »
Il bu un peu de bière, et regarda d’un œil perplexe le groupe de danseurs au centre du hall. « J’imagine que cette danse est indispensable à ces festivités… imploreraient-ils la pluie ? »

« Ne vous moquez pas de nos danses traditionnelles. Elles sont très belles et agréable à danser. Ça s’appelle la Lydéenne aux pieds de bois. »
Elle enroula son bras au sien et le tira avec elle vers la piste de danse. « Venez, je vais vous l’apprendre. Allez... s'il vous plait... faites-moi plaisir, Meecham. Rien qu'une seule danse... et je vous promet que je vous laisserais tranquille. »

Meecham tenta de refuser mais la jeune femme ne lui laissa pas le choix. Fazina et Poméra éclatèrent de rire en même temps que d’autres Lydéens qui regardaient le précepteur jalanien se dépêtrer comme un manche à balais sur la piste. La relation que Meecham et Jewel entretenaient et le temps qu’ils passaient l’un avec l’autre n’étaient pas passés inaperçu et cela faisait parler énormément. Beaucoup de Lydéens les surveillait du coin de l'oeil partout où ils allaient. Jewel était orpheline, elle n’avait plus personne pour veilleur sur elle. Elle était devenue malgré elle, la fille de tous les Lydéens, et une grande partie de ceux-ci, veillaient à son bien-être.

Assise à une table plus loin en compagnie d’Helen, d’Alcin, de Laë et de Garrett, Déjarine mangeait de bon cœur du maïs grillé. Après quelques bouchées, elle dit : « L’eau est tout de même une problématique. Les sources de la rivière Kaylin sont contaminées par les météores. Certes, il pleut plus souvent dans cette région et grâce à la citerne d’eau, nous pouvons nous hydrater suffisamment, mais ça ne durera pas éternellement. Nous ne pouvons pas que compter sur la pluie éternellement pour nous assurer de l’eau. »

Alcin dit : « Je suppose qu’avec le temps, le cycle d’épuration naturel de la terre fera son travail et nous pourrons utiliser à nouveau l’eau de la Kaylin... comme devait le faire les Téloniens. »

« Peut-être, mais en attendant, il nous faut trouver une autre alternative. Korelus à dut couper l'acces à l'aqueduc. »

« Peut-être qu’Andrew pourrait… »

« Laissez Andrew tranquille avec cette histoire. Nous pouvons très bien régler ce problème sans lui. Il a d’autres soucis en tête. Si nous pouvions lui épargner celui-ci… » Un silence. « Vous n’avez toujours aucune idée de ce qui pourrait aider Logan et la femme de Guerel à aller mieux ? » Elle regarda Helen, puis Alcin avec insistance. « C’est quand même inquiétant. »

Alcin baissa la tête. « Aucune. De mémoire, je n’ai jamais entendu pareil cas. Ça me dépasse et ça m'inquiet énormément. Je suis impuissant... »
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Andrew Kant
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MessageSujet: Re: 01 - Quand sonne Winowa.   Dim 23 Mar - 0:49

- Si je puis me permettre, je pense que vous vous occupez très bien de Ténolas. S'il reste quelques obstacles, nous arriverons à les franchir, après tout, il y a quelques semaines, nous n'avions guère un grand espoir. Notre situation s'est améliorée grandement et je souhaite qu'il en soit de même pour Logan... Andrew n'est plus tellement le même...

Et Laë avait entièrement raison... le nouveau chef de Lydée aidait souvent dans la cité comme si son rôle importait peu. Mais la majorité du temps, il veillait sur Logan. C'était lui qui veillait à le nourrir, en écrasant des fruits pour en extraire le jus ou en mélangeant d'autres aliments avec de l'eau... Deux mois, qu'il accomplissait le même rituel. Il écoutait souvent les rapports de Déjanire d'une oreille attentive et malgré son isolement, il prenait quelques décisions... A part ça les conversations n'étaient jamais très poussées, il prenait des nouvelles, à droite comme à gauche mais ne s'éternisait pas.

Depuis deux semaines, il avait apporté quelques anciens écrits trouvés dans des caves ou sur des étagères poussiéreuses. Près de son fils, il lisait et essayait de déchiffrer quelques documents pour tuer le temps. Généralement il s'endormait cinq minutes après. Il faut dire qu'il avait maigri et que son visage était moins empli de vitalité. A mesure que les jours passaient, l'espoir faisait place à la peur. Son regard était vide, et là aussi, comme pour Jewel, les rumeurs circulaient sur son état... Certains la voyait même mourir d'ici peu si l'état de son fils ne s'améliorait pas.

Kant avait tenu à rester au palais jusqu'à ce que tout le monde ait un toit. Pour dire la vérité, c'était surtout pour avoir Alcin sous la main en cas de dégradation... Cependant tant que son fils respirait encore, il n'était pas une loque. S'il fallait de l'aide, il l'apportait, avec un certain détachement mais qui pouvait lui en demander plus à l'heure actuelle ? La femme de Guerel était elle aussi dans un état lamentable mais elle pouvait articuler quelques mots de temps à autre.

Winowa symbolisait une fête importante pour Lydée et Andrew se devait d'y participer. Même s'il ne danserait pas, ce soir. Assis en tailleur à l'intérieur, il feuilletait les parchemins divers depuis un petit quart d'heure. Il avait une carte de Ténolas et ses environs. Sans de réelles convictions ses yeux se posèrent sur un point, et ses yeux bleus s'ouvrirent un peu plus. Il se leva calmement et sortit de la pièce où dormait inlassablement Logan, le parchemin dans une main.

Arrivé dans le Grand Hall, il jeta un œil neutre à Jewel et à Meecham mais ne put esquisser de sourire. Le cœur n'y était pas. Il repéra Déjanire, Helen, Laë, Alcin et Garrett et avança vers eux. Il s'assit, posa la carte sur la table et dit, d'une voix fatiguée :

- J'ai découvert quelque chose... Cette carte représentait Ténolas après sa construction... et ses environs y figurent... Regardez...

Il posa le doigt sur un point où une fine écriture indiquait Riv. ST 18.

- C'est situé dans les montagnes de la ceinture, visiblement à 18 quelque chose d'ici. Riv. ST pourrait être l'abréviation de rivière souterraine... ça ne couterait rien d'aller faire un tour là-bas pour jeter un œil...

- C'est fabuleux ! Si de l'eau se trouve sous terre et si près de Ténolas, voilà qui pourrait nous aider à résoudre ce problème d'empoisonnement du aux météores...

- C'est une piste à suivre, au cas où...

Contrairement à Laë, il n'y avait pas de sourire sur le visage d'Andrew. Il lança un bref regard à l'assemblée, prêt à faire la fête et se ravisa légèrement, en se levant :

- Je crois que je vais retourner près de Logan...

Mais une tape dans le dos lui coupa net le souffle. Letor qui avait retrouvé son métier de boulanger, dit d'une voix bourrue :

- Ah non, Kant ! Tu vas rester là et goûter à mes pains !!! Je ne me suis pas casser le fion à les faire pour que tu les dédaignes !!!

- C'est gentil mais...

- Non, M'sieur Kant !!! J'ai dit assis et bon appétit ! Profite au moins du repas ! Ton devoir de chef t'y oblige.

Il lança un regard foudroyant à Déjanire pour l'empêcher de prendre sa défense et Andrew céda au prix d'un gros effort. Il s'installa donc à côté de la mère de Koah et lui glissa à l'oreille :

- Merci pour ce que tu fais...

Et ça devait être la 20ème fois qu'il la remerciait dans la semaine... ce qui à force devenait pénible. Helen le regardait d'un air bien mystérieux mais n'avait rien dit. Kodo arrivait déjà aux côtés de Gurkan. Entre les deux guerriers une certaine complicité s'était installée et ils s’entraînaient beaucoup ensembles. Seul Qwel du camp, et bien qu'amputé d'un bras, il avait appris à se battre plus férocement que jamais afin de combler cette faiblesse nouvelle. Il lança alors à Gurkan en signe défi, sur un ton amusé :

- Toi ne pas savoir danser... Kodo parier un baril de bière !!! Si toi danser aussi mal que te battre, moi passer toute la nuit à vider la bière !
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Koah Lang
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MessageSujet: Re: 01 - Quand sonne Winowa.   Dim 23 Mar - 17:22

Gurkan sourit à moitié. Kodo essayait par tous les moyens de le dégriser ce soir. Le guerrier n’avait pas envie d’être ici, et il l’avait clairement fait savoir au Qwel. Gurkan voulait retourner sur les remparts avec ses quelques hommes de garde ce soir. Fêter Winowa sans Koah, ça lui foutait le cafard. Le guerrier n’aimait déjà pas à la base cette fête. Il n’y assistait que parce qu’il y avait Koah à l’époque. Ce dernier n’étant plus, il ne voyait pas ce qui l’obligeait à assister à cette cérémonie.

D’un ton à mi-chemin entre l’agacement et la sympathie, Gurkan dit : « Bois-le ton baril de bière le Qwel ! Et étrangles-toi avec ! Je n’ai pas envie de danser. Pas à Winowa. » Il s’installa de l’autre côté de la table, à quelques places des autres.

Déjanire lui lança un regard compréhensif, puis elle lui dit : « Tu peux danser, tu sais. Ne te prive pas pour lui. Ce n’est pas parce que Winowa était la fête préférée de Koah, et que tu la passais toujours avec lui soit à bouder, soit à casser les pieds de Letor, que tu dois refuser de t’amuser ce soir. C’est notre premier Winowa dans notre nouvelle demeure. Il faut fêter ça. C’est important la tradition. »

Le guerrier évita soigneusement de la regarder en face, se sentant toujours terriblement coupable de ses actes. Même si Déjanire lui avait pardonner la mort de son fils, Gurkan, lui, ne se la pardonnait pas. « C’est difficile. Nous nous amusions toujours ensemble. Là, j’ai l’impression de ne pas savoir quoi faire. Je l’attends, et il ne vient pas. J’ai l’impression qu’il va débarquer à tout instant avec bruit et fracas pour danser la Lydéenne. C’est quelque chose de pénible cette sensation. »

Tous les regards étaient tournés vers lui, et il détesta ça. Ce n’était pas son genre d’épancher ainsi ses états d’âmes. Garrette déposa une main puissante sur l’épaule de son fils, mais le guerrier la dégagea d’un mouvement d’épaule. Il n’avait pas besoin de leur compassion à tous. D’un regard vif et tranchant, il fixa Andrew et dit d’une voix puissante : « Tu es sortit de ton trou, Kant ? Ça fait plaisir à voir, même si tu as une mine affreuse. » Il remarqua la carte qu’Alcin et Laë examinaient soigneusement. « Qu’est-ce que c’est ? Qu’est-ce que vous regardez ? »

Alcin releva la tête. « Une carte de la région de Ténolas. Andrew à trouver de l’eau… une rivière souterraine. Elle se trouve à RIV ST 18. »

Aussitôt, Gurkan se leva et les rejoignit. « Montrez. » Il se pencha par-dessus l’épaule de Laë et examina lui aussi le plan, suivant le long doigt de la Reine qui indiquait l’endroit exacte à regarder. « Ça n’a pas l’air d’être fort loin. Je ne m’y connais pas en mesures Ténolienne, mais s’il y a une rivière de ce côté-là de Ténolas, alors nous la trouverons. Je vais aller y faire un tour de ce pas avec quelques hommes afin de vérifier sa présence. »

Déjanire laissa tomber son maïs. « Maintenant ? Mais c’est Winowa ! Gurkan… »

« Excuses-moi Déjanire, mais je n’ai pas envie de fêter Winowa. »

Le lourd regard de la vieille femme se posa aussitôt sur Andrew. « Andrew ! Dis quelque chose. » Voyant qu’il ne disait rien, elle se leva, le visage rubicon. Elle cria alors d’une voix ferme et puissante qui fit s’arrêter la musique et tourner l’ensemble des têtes dans sa direction. « Ecoutez ! Je me retiens depuis assez longtemps, et là je n’en peux plus ! C’est difficile pour tout le monde. Mais si personne ne fait d’effort, ça ne va pas aller. Andrew, nous déplorons tous l’état de santé de Logan. Nous sommes de tous cœur avec toi, mais te laisser mourir à petit feu ne lui servira à rien. Et toi, Gurkan ! N’utilise pas ce prétexte pour fuir Winowa. Vous irez chercher votre rivière demain ! »

Garrett se leva, puis il prit une main de Déjanire pour la tirer vers lui. « Houlà, ma belle Déjanire. Viens donc danser avec moi, cela te détendra un peu. »

Et ils s’éloignèrent en même temps que la musique reprit. On pouvait malgré tout l’entendre ronchonner, les traiter d’inconscients, de têtes de mules, de mâles stupides et idiots. Elle pointa son index vers eux, la mine menaçante. « Ne quittez pas ce Grand Hall. Vous m’avez bien compris ? » Puis elle se mit à danser avec Garrett.

Un épais silence s’était abattu autour de la table. Gurkan avait reprit sa place et vidait la bière de Kodo, la mine sombre. D’une voix hésitante mais détachée, Alcin dit : « Elle a raison sur un point. Mangez au moins Andrew. C’est à peine si vous tenez debout. »
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Andrew Kant
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MessageSujet: Re: 01 - Quand sonne Winowa.   Mer 26 Mar - 17:42

- Je n'ai pas faim...

Andrew lança un regard noir à Déjanire. Il respectait la mère de Koah mais il devait bien admettre qu'elle avait légué à son dernier enfant, l'art d'être têtu... Au moins, ça montrait qu'ils étaient de la même famille, un peu comme lui et Logan qui avaient sales caractères. Pour la première fois, Helen prit la parole, coupant de court Laë qui allait encore une fois dire que la nourriture était essentielle à sa survie :

- C'est une très bonne chose que Déjanire soit là pour vous secouer un peu ! Regardez-vous tous les deux, on dirait que vous assistez plus à un enterrement qu'à une fête !

- Ce sera peut-être le cas...

Andrew posa sa tête sur son coude avec un air absent. Voyant que son intervention n'avait pas eu l'effet escompté, Helen roula des yeux, et ne masqua plus son agacement. Visiblement, irritée, elle lança d'un ton sévère :

- Comment Jewel a-t-elle pu vous supporter pendant tout le voyage sans vous donner des coup de pieds aux fesses ! Profitez-en un peu pour vous détendre et penser à autre chose c'est à ça que servent les fêtes !

- Et à boire !

Kodo leva le petit seau de bière qu'il était allé remplir au baril et en avala quelques gorgées. Chez les Qwels, l'alcool se tenait très bien mais il fallait admettre que vu l'âge des fûts, la bière avait tendance à enivrer un peu rapidement. Un peu de la boisson pétillant, coula sur les coins de sa bouche mais il ne s'en soucia pas. Il poussa le seau vers Gurkan et dit :

- Toi devoir boire d'un coup si être un homme fort...

C'était sa façon à lui de taquiner, mais ce n'était jamais méchant. Helen esquissa un sourire qui détendit légèrement l'atmosphère. Letor, qui avait commencé à dévorer une miche de pain aux baies, asséna un coup dans le dos à Andrew qui eut tôt fait de le réveiller. Il lui tendit un pain aux fruits séchés et dit de sa voix gutturale, la bouche à moitié pleine :

- Mange Kant ! Et toi aussi, Gurkan !

Andrew prit le pain et le fit tourner dans sa main, ce qui énerva légèrement le boulanger :

- J'ai dit mange ! Et ne joue pas avec ma nourriture !!!

- Oh ça va ! Je n'ai pas faim alors garde ton pain pour les autres !

Le visage de Letor vira au rouge et il commença à dire, d'une voix forte :

- Si tu n'aimes pas ce que je fais, tu n'as qu'à le dire Kant ! Surtout ne te gêne pas !

Andrew et lui se lèvèrent en même temps et se tinrent tête. Le chef de lydée ne faisait pas le poids face à la carrure bonne en chair de son interlocuteur mais il ne cilla pas pour autant et répliqua froidement :

- Et bien, je te le dis, je n'aime pas des pains, je les trouve mal faits !

- Espèce de bâtard de Kor !

Tout s'enchaîna très vite. Letor avait balancé son poing mais Andrew l'esquiva d'extrême justesse. En retour à l'insulte et à cette tentative d'attaque, il répliqua par une dorite qui fit claquer la machoire du boulanger. Ce dernier légèrement sonné mais pas pour autant déboussolé, lança sa main fermé contre la joue d'Andrew, qui sous le choc, tomba les fesses par terre. Helen qui avait retrouvé sa mauvaise humeur ouvrit la bouche pour parler mais Laë la devança cette fois et sa voix si calme et si douce s'était transformée en intonation autoritaire, royale :

- Arrêtez-vous ! Cessez de vous battre comme deux enfants ! Vous avez passé l'âge !!! Un chef ne se bat pas pour une histoire de pain, ni contre un membre de son village !!!

- Vous n'avez rien à dire, vous !

- C'est Kant qui me cherche !

- STOP !!!

La voix d'Helen jeta le silence sur tout le grand hall. La prêtresse avait retrouvé la forme et rien qu'au ton, les deux hommes cessèrent immédiatement.

- Andrew, tu ne nous aideras pas en te laissant mourir de faim ! Et toi Letor, ce n'est pas en hurlant que tu arriveras à le convaincre. Maintenant, rasseyez-vous et mangez... ou c'est moi qui vous nourris... et ce ne sera pas une partie de plaisir, je peux vous le promettre !

Ils s'éxécutèrent, l'un se massant la machoire et l'autre la paumette... Helen se tourna vers Gurkan et lui dit avec un ton sec :

- Et c'est valable pour toi aussi ! C'est notre première fête de Winowa à Ténolas et il est hors de question qu'elle soit gâchée par des imbéciles !

Le silence retomba et la musique reprit, laissant les autres poursuivre la fête. Andrew se contenta de mâcher un petit morceau de pain, l'air froid et amer, tandis que Letor marmonnait dans sa barbe inexistante, par ailleurs un flot de propos incompréhensibles... Le seul à être heureux, c'était Kodo qui avait récupéré un autre petit seau et en avait vidé la moitié. Laë posa sa main sur l'épaule d'Helen et lui dit à voix basse :

- Merci.

La fête commençait bien mal...
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Koah Lang
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MessageSujet: Re: 01 - Quand sonne Winowa.   Jeu 27 Mar - 4:57

Si Déjanire ne fut pas retenue par les bras puissants de Garrett et obliger ainsi à continuer de danser, les deux troubles fêtes auraient passé un sale quart d’heure. L’Intendante en chef de la communauté fulminait tellement de rage que tout autour d’elle, la foule s’écarta. Cette fête de nouvelle année lui tenait à cœur. Elle y avait mit du cœur à l’ouvrage, comme beaucoup d’autres Lydéens d’ailleurs. La plupart voyaient en ces festivités de Winowa l’occasion de tourner la page et d’aller de l’avant.

A la table, un silence opaque pesait. Malgré la gaieté qui submergea à nouveau le Grand Hall, celle-ci ne semblait pas parvenir au groupe de trouble fête. Andrew était terré dans un profond mutisme, Gurkan buvait en silence tout en lançant des regards froids à qui le fixait et Letor fulminait dans son coin comme un hankien. Même lorsque Alcin tenta d’adoucir l’humeur avec quelques blagues salaces, personnes n’esquissa un sourire. L’humeur de chien le fit d’ailleurs rejoindre une autre table, ainsi que plusieurs Lydéen qui les entouraient.

Une dizaine de minutes s’écoula où personne ne parla. Accompagnée de Meecham qui la tenait par la main, Jewel riait aux éclats en s’approchant d’un pas allègre d’Andrew. Elle tenait à la main un jeu de cinq dés. Doucement, elle prit place à côté du Chef du village et d’une voix joyeuse, elle dit à l’assemblée tout en picorant dans le plat délaissé par Déjanire :

« Je sais que vous n’avez pas la tête à faire la fête… mais je vous conseil d’essayer de feindre un minimum d’amusement. Déjanire parle déjà de vous bottez les fesses à coups de ceintures à clous. » Elle jeta un œil amusé à Kodo et ajouta : « Et toi de te clouer au piloris si tu oses vomir à l’intérieur. »

Sur ce, elle secoua les dés et les lança sur la table au milieu des plats. « Une partie de dés ? Allez, s'il vous plait ! Tant qu'a rester le cul sur vos tabourets, autant nous amuser aux dés ! »

Sous la remarque de Jewel, Kodo avait vidé complètement et d’une seule traite la fin de sa bière. D’un naturel joueur, Kodo ne rechignait jamais à une partie de dés. Il les prit et les lança, puis il se mit à bondir de joie devant son score. Sous le lourd regard de Jewel, Gurkan, désireux de lui faire plaisir, agrippa les dés d’une main lourde et résigné. Il les lança, et après avoir annoncé à voix haute son score lamentable, il les fit tourner, les présentant à Laë à sa droite.

Comme une furie, Jewel intercepta les dés. Malgré les deux mois écoulés, sa rancune envers Laë ne s’était pas adoucie. Elle avait même augmenté crescendo, car Meecham passait beaucoup trop de temps à son goût avec la reine exilée, et il ne cessait de la défendre respectueusement lorsque la Lydéenne médisait dans son dos. La jeune femme lui avait déclaré une guerre ouverte, et elle ne la cachait à personne, surtout pas à Laë. Certaines lydéennes un peu trop jalouse de la beauté de la reine exilée s’étaient même alliées à Jewel et s’amusaient à glousser sous son passage.

D’un ton ferme, la voix de Jewel claqua l’air : « Non ! Elle ne joue pas avec nous, celle-là. »

A cet instant précis, avant que Meecham ait pu intervenir, un cor résonna dans tout le village. Il fit trembler la nuit et s’écrier plusieurs femmes et enfants. Brusquement, Gurkan, Andrew et Meecham se levèrent et accompagné d’une bonne partie des Lydéens, ils sortirent du palais. Du parvis qui surplombait toute la cité de Ténolas, ils virent aux portes de la ville une centaine de torches qui zébraient le chemin d’un éclair de feu. Dans la nuit profonde, plus de deux centaines de personnes attendaient qu’on ouvre les portes de la cité.

Médusée, Jewel demanda : « Que se passent-ils ? Qui sont ces gens ? »

Déjanire dit à Andrew : « Je m’occupes des autres… faites attentions à vous. »

Aussi vite qu’ils le pouvaient, Andrew, Gurkan, Meecham et Kodo, suivit de plusieurs soldats présents aux festivités, se mirent à courir le long du large chemin dallé menant en bas de la colline. Rapidement, les hommes rejoignirent sous le son du cor, les portes d’enceinte. Ils montèrent les échelles et arrivèrent en haut de la palissade.

A ses pieds, des hommes, des femmes et des enfants étaient tenu en respect par quelques archers lydéens postées sur des tourelles. Les étrangers n’avaient pas l’air menaçant et peu d’entre eux étaient armés. Ils étaient pour la plupart simplement très fatigués et affaiblit par la marche. Ils venaient de lui. De très loin apparemment. Certains montaient d’étonnants animaux, sorte de chevaux de trait du monde des naufragés. Ces créatures avaient des muscles saillants, d’épais sabots noirs et des cornes en torsadés de par et d’autre du haut du crâne.

Un soldat dit à l’intention d’Andrew :

« Ils disent qu’ils viennent des villages de Sidimote et de Kurikat. »

Au pied de la palissade un silence discipliné régnait. Une femme de haute taille se trouvait devant le peloton et levait la tête vers les Lydéens. Elle avait un front haut et des cheveux gris décorés d’une surprenante mèche blanche au-dessus de la tempe gauche. On ne pouvait pas dire de cette femme qu’elle était belle, mais elle n’en restait pas moins impressionnante. Des rides dues à l’âge et au soleil s’étaient formées au coin de ses yeux bleus. Cette femme dont la cinquantaine déclinait était vêtue d’une tenue qui sacrifiait l’élégance au confort, et qui se composait d’une simple robe jaunie et d’un corsage rouge écarlate.

D’une voix portante, elle dit : « Nobles Lydéens, Elus qui combattez le Grand Fléau, je suis Razelle, Ancienne du village de Sidimote. »

Derrière elle, un jeune homme qui chevauchait une de ces étranges créatures s’approcha des remparts. D’une vingtaine d’année à peine, il était grand, basané, filiforme et portaient sur les Lydéens un regard renfrogner d’un noir persan. Il avait d’épais sourcils sombres et de long cheveux ébènes très soyeux qui lui descendaient jusqu’aux épaules. Dans sa tunique qui lui siet à merveilles son corps d’adonis, nul doute qu’il devait être priser par la gente féminine.

Aussitôt après Razelle, il dit la main posée sur le pommeau d’un glaive : « Et je suis, Karl de Raven du village de Kurikat… » Après avoir croiser le regard de Razelle, il ajouta sur un ton qu’il s’efforçait d’être mielleux : « Je vous présente mes respects… no… nobles Lydéens, Elus qui combattez le Grand Fléau. »

Razelle continua toujours de sa voix portante : « Nous vous implorons asiles, Ô nobles Lydéens. » Et elle s’agenouilla sur le chemin, suivit de tous les villageois appartenant au village de Sidimote. Les autres, à restèrent droits et fiers.

Gurkan échangea un regard avec Andrew. Il dit : « Sidimote et Kurikat ? Jamais Lydée n’avait eut de contact avec eux… » Il fronça les sourcils. « Pourquoi réclament-ils asile ? Et comment savent-ils que nous étions ici ? »
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Andrew Kant
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MessageSujet: Re: 01 - Quand sonne Winowa.   Jeu 27 Mar - 23:06

Andrew n'en savait strictement rien mais il était sûr d'une chose. Leur arrivée avait empêché une autre dispute entre Jewel et Laë... la Reine avait beau être gentille, elle n'en était pas moins, légèrement distante et parfois froide avec la jeune Lydéenne. Bien qu'en général ce soit cette dernière qui montre le plus d'hostilité à son égard. Son intrégation se faisait à deux vitesses. D'un côté, Helen, Déjanire et Meecham l'avait plutôt bien accueillie et elle se sentait à l'aise avec eux. Gurkan aussi, semblait l'avoir intégrée. Mais Jewel et d'autres femmes du village ainsi qu'Andrew éprouvaient pour elle une certaine animosité, voire même une haine au grand jour. Pourtant, elle redoublait d'effort pour gagner du respect et de la gratitude, même si ce qu'elle voulait en priorité, c'était de l'amitié.

Devant la foule de gens qui attendaient, Kant resta pensif. Il ignorait la raison de leur présence et la façon dont ils avaient trouvé leur nouvelle cité mais cela n'avait rien pour le rassurer.Un instant, il en oublia même que Logan était dans un piteux état. Leur présence, ici relevait d'un mystère. Il murmura à l'oreille de Gurkan :

- Cela ne me dit rien qui vaille...

- Eux être épuisés...

Kodo qui était monté sur des sacs de terre pour voir, désignait de la tête un groupe d'enfants, dont le visage était noirci par la boue et marqué par la fatigue. Certains adultes, plutôt âgés, donnaient l'impression de pouvoir s'envoler au moindre coup de vent. Andrew dit alors, de sorte que seules les personnes qui étaient à côté puissent l'entendre :

- Kurikat est situé après le Mont Kobol... et Sidimote encore plus. Si ces gens sont ici, cela veut dire une chose... l'armée de Crécrops a du passer par la Faille... Ils doivent être nombreux pour faire migrer deux villages entiers...

- Nous devoir quoi faire ?

- Ils ne sont pas armés et je doute qu'ils aient la force de lever un bâton pour se battre... Nous avons de la place pour les accueillir. Et puis, nous ne devons pas oublier qu'il faut resserrer les liens avec les autres communautés. Offrons leur asile, le temps de savoir ce qui les amène ici et ensuite, nous aviserons... Ouvrez les portes mais restez prudents.

Gurkan donna l'ordre aux guerriers d'ouvrir Ténolas aux nouveaux arrivants. La foule progressa alors lentement dans la cité. Parmi elle, de nombreuses personnes semblaient ne posséder que des haillons. Quelles qu'aient été leurs raisons, leur départ avait du être brusque... soudain... Et ça ne rassurait pas tellement Andrew. Il existait une grande place dans Ténolas et lorsque les gens y furent entrés, Andrew se dirigea vers les deux personnes qui avaient parlé, les deux chefs de village. C'était sa prmeière relation diplomatique et pour tout dire, il était un peu maladroit puisqu'il oublia de leur serrer la main et de leur souhaiter la bienvenue...

- Je suis Andrew Kant, chef de Lydée. Vous me semblez venir de loin avec précipitation... j'aimerais avoir quelques informations, si vous le voulez bien. Comment saviez-vous que nous avions élu domicile ici ? Et que se passe-t-il dans vos villages pour que vous veniez jusqu'à nous ? Quel est ce Grand Fléau dont vous parlez ?

Il avait un ton respectueux, bien qu'un peu soupçonneux. En tout cas, ils ne craindraient pas grand chose, les guerriers Lydéens pourraient facilement les réprimer en cas d'attaque. Malgré sa curiosité, il s'aperçut qu'il n'avait pas vraiment été chaleureux et il tenta de rectifier gauchement le tir :

- Hum... peut-être pourrions-nous vous trouver de quoi manger et dormir... dans un premier temps... Razelle et... Karl... pour vos villageois et vous-même.

Non loin, Laë avait approché Meecham et elle semblait livide. Elle posa sa main sur son épaule et dit en avalant difficilement et en parlant très bas :

- Il... il y a un problème... L'ombre est là... Elle rôde autour de la pièce où se reposent les blessés... Je l'ai vue... à nouveau.

Elle tremblait... elle savait que cette chose n'était pas un exemple de bonté. Et elle pressentait que la suite risquait de bouleverser beaucoup de choses. En tout cas, elle ne mentait pas... aux côtés de Logan, la présence malveillante flottait dans les airs, de plus en plus intéressée. Elle n'était qu'à un mètre du jeune garçon. Les cheveux de Laë se hérissèrent et elle ferma les yeux en se tenant le front. Une douleur vive lui irradiait le crâne. Elle s'appuya sur le guerrier jalanien, les traits de son visage crispés par la souffrance. L'ombre, se pencha vers le fils d'Andrew et lui effleura le cou puis disparut subitement. Au même moment, Laë ouvrit à nouveau les yeux. La crispation l'avait fait resserrer sa main sur l'épaule de Meecham et ses ongles s'étaient plantés dans sa chair. Elle essuya son front, trempe de sueur et murmura :

- Pardon... je ne voulais pas vous faire mal...
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MessageSujet: Re: 01 - Quand sonne Winowa.   Ven 28 Mar - 3:58

Meecham regarda intensément Laë. Il n’avait pas mal car le tissu de sa tunique réduit raisonnablement la pression. Tout en passant un bras respectueux autour des épaules de la reine afin de l’aider à se tenir debout, il dit : « Ne vous excusez pas Votre Altesse. Vous allez bien ? Vous êtes pâle comme un linge… »

Il regarda en direction du palais. « En avez-vous parlez à Andrew de cet esprit ? Et surtout, avec vous une idée de comment le combattre ? S’il est revenu cette nuit… voyez vous une raison particulière ? » Un silence. « Il en veut à Logan… mais qu’attends-il ? Pourquoi ne le prend-t-il pas ? »

Mais, ils ne purent réellement en parler tranquillement car Gurkan, accompagnés de plusieurs soldats, guidait la troupe des voyageurs jusqu’au palais où ils pourraient se reposer avec plus de confort que sur cette place. Les étrangers laissèrent attachés sur la place les étranges chevaux à cornes, ainsi que leurs charrettes et toutes leurs affaires… signes de confiances.

********

La voix de Déjanire s’élevait puissante à travers le palais pour réclamer une nouvelle fois un peu de calme. Cela faisait dix minutes que l’entièreté des voyageurs avait prit place dans le Grand Hall, sous les regards froids d’une dizaine de soldats posté là afin de maintenir l’ordre et de garantir la sécurité des Lydéens. Malgré leur incrédulité et parfois leur appréhension, les Lydéens partageaient avec ces gens affamés ; nourritures, boissons et soupes chaudes que quelques femmes se mirent à faire à la chaîne. Il régnait un vacarme assourdissant, si assourdissant que Déjanire ordonna aux musiciens d’arrêter de jouer de la musique afin de mieux s’entendre.

Fazina et Poméra passaient à travers les longues tables et servaient les pains de Letor, tandis que Jewel aidait Joan à allonger des blessés dans le dortoir prévu à cet effet. Même si l’effervescence était fort grande, tout se passaient dans l’ordre et la discipline.

Dans une grande pièce adjacente servant d'archives, à l’écart de toute agitation, Andrew était assit à une table ronde en compagnie de Razelle et de Karl. Les deux chefs mangeaient avec un soulagement évident les morceaux de viandes et les pains aux baies que l’on leur avait servit. Leurs visages reprenaient peu à peu des couleurs. Depuis combien de temps n’avaient-ils pas manger un vrai repas ?

Gurkan qui était appuyé contre la charpente de bois, les fixait d’un œil soupçonneux. A ses côtés Helen, Kodo, Meecham et Laë étaient silencieux. Lorsque la lourde porte s’ouvrit, Alcin entra en s’essuyant les mains. Il dit d’une voix forte :

« Les plus faibles d’entre vous on été installés dans un dortoire. Ils seront vite sur pied. »

Razielle inclina la tête et dit : « Nous vous remercions de tous cœur pour ce que vous faites. Cela fait plus d’un mois que nous n’avons plus manger comme cela. »

D’une voix ferme, Gurkan trancha l’air : « Que vous est-il arriver ? »

Le guerrier était impatient. Il voulait savoir ce qu’il faisait ici. Si on les avaient mit à l’écart des leurs, ce n’étaient certainement pas pour éviter qu’ils soit trop à l’étroit assit avec les autres dans le Grand Hall.

La vieille femme s’essuya la bouche et opina : « Vous avez raison. Il est grand temps de nous expliquer. » Puis, elle échangea un regard avec Karl qui s’empressa d’avaler.

Karl se leva et après une longue inspiration, il parla sur un ton qu’il s’efforçait à grande peine d’être assurer : « Environs trois semaines après la nuit du Feu du Ciel, nos pisteurs ont trouvés des traces étranges laissées par des hommes, dans des parties isolées des Rocheuses où personne ne passe jamais… à par nous… et nous, nous avons apprit à ne jamais laisser trace de notre présence. Nos pisteurs ont trouvés des traces jusqu’aux Rapides de Kobol et elles s’étendaient jusqu’aux Bois des Brumes. »

Il s’adressait principalement à Andrew. Il continua : « Mon père, le Grand Kavan de Raven à alors décider de m’envoyer avec quelques hommes suivrent ses traces afin de savoir à qui elles appartenaient. C’est là que nous sommes tombés sur une troupe de dix hommes. Ils étaient entrain de cartographier la région et marquaient des informations sur de nombreux parchemins. Nous les avons suivit jusqu’au Mont Kobol. Une fois arriver au pied de celui-ci, nous avons vu un spectacle auquel jamais je n’aurais cru un jour assisté. »

Après un regard échanger avec Razelle qui l’incita d’un mouvement à continuer, il dit : « Surgissant d’une espèce de brèche magique, ou je ne sais comment vous l’expliquez, un millier d’hommes armés et accompagnés d’animaux gigantesques se sont rassemblés dans la lande. A leur tête, une femme… une sorcière. Elle maintenait le portail ouvert par une magie abominable… c’était un spectacle à vous glacer le sang. »

Meecham échangea un regard inquiet avec Andrew.

Karl s’assit brusquement, le visage renfrogner. « Nous ne sommes pas rester plus longtemps, et nous sommes retourner le plus vite possible à Kurikat. Deux jours après notre retour, alors que le conseil de notre village avait décidé de faire circuler cette nouvelle, car visiblement ces étrangers étaient en train de faire une carte de nos régions et préparaient une guerre, une patrouille de ces barbares, accompagnés de monstres aussi terrifiants que des tyrannosaures, on envahit mon village. Ils ont fondu sur la communauté de nuit. Ces étrangers ont tout rasé, tout détruit et tout démoli. Ils ont violés les femmes, crucifier les hommes et les enfants et stérilisé nos terres. Ils ont même immolés nos troupeaux de Centauris apprivoisés. Nous n’en avons pu en sauver que quinze. »

Razelle couina : « Ces hommes… ce sont des bêtes. D’horribles bêtes sauvages sans âmes. »

« Grâce à mon père, le Grand Kavan de Raven et à ses loyaux guerriers qui ont tenté de ralentir la progression de ces barbares, les rares survivant on pu rejoindre Sidimote… nos alliés. »

A cet instant, Razelle prit alors la parole : « Nos villages ont toujours été très unis. Contrairement à ce que vous pouvez penser, de notre côté de l’île, même si près des terres Trayaregs, la vie est agréable. En entendant cette même histoire, l’Assemblée des Anciens de Sidimote que je représente, à alors décider qu’il fallait fuir la région. Nous sommes de fervents adorateurs de Danaé. Nous refusons toute violence. Si les vaillants guerriers de Kurikat n’ont pas survécus face à la force de ces barbares, ce n’est pas avec nos baumes et nos prières que nous arriverons à les repousser. »

Gurkan se redressa. « Comment avez-vous su que nous étions ici ? »

« Nous ne le savions pas au début. Nous avons cheminé longtemps sans véritable but. Nous nous sommes rendu compte que nous étions seul. Que notre désir de vivre si loin des autres grandes communautés de l’île nous avait coupés de toutes aides. De toutes amitiés. C’est alors que nous avons décidé de rejoindre Lydée avec l’espoir que vous nous tendriez la main. C’est égoïste de notre part d’arriver dans le besoin, mais nous espérions que la Sagesse de Pëlos animerait vos cœurs à notre égard. La sagesse de Pëlos à toujours traverser les frontières. »

Karl reprit la parole : « Mais lorsque nous sommes arrivé sur vos terres, elles étaient dévastées. Anéanties… il ne restait plus rien de la grande Lydée. »

La vieille femme resta un moment silencieuse, puis elle reprit la parole : « Grâce à la bonté de Danaé, nous avons heureusement croiser la route de certain d’entre vous. Ceux qui n’avaient pas voulu vous suivre. Lorsque nous avons sût que vous comptiez vivre à Ténolas, à cet instant ce fut une évidence pour nous. Tous les signes étaient réunis. »

Alcin demanda : « Quels signes ? »

Razelle eut l’air irritée par cette interruption. Elle reprit : « Ceux de la Prophétie. » Elle regarda Andrew fixement. « Vous êtes les Elus de notre Prophétie. Tous ces événements qui se sont produit depuis plusieurs mois ne sont pas le fruit du hasard. Ils étaient écrits sur les Tablettes de Myoca. »

Alcin demanda à nouveau, l’air visiblement perplexe : « Et que disaient-elles vos tablettes ? »

L’œil éblouissant d’une lueur fanatique, Razielle dit : « Qu’un peuple bâtit sur les ruines d’une ancienne cité se dresserait pour affronter le Grand Fléau. Pour repousser le Chaos… pour élever les âmes. Qu’il serait le peuple du Prophète… de l’enfant des Lumières. Celui qui grâce à qui, la voie au Dieu Unique sera. »

Gurkan laissa échapper un rire sonore : « J’ai déjà beaucoup de mal à croire en l’existence d’autres mondes… sans vouloir t’offenser Meecham… alors si maintenant on me demande de croire en un Dieu Unique… »

Alcin, n’ayant pas compris l’ironie dit : « Il existe d’autres mondes, Gurkan, c’est aujourd’hui une certitude. Les Téloniens disposent de très vieux textes dans leurs temples. Certains sont même des copies de travaux encore plus anciens, eux-mêmes copies de documents ultérieurs aux Ages Sombres. Parmi ces documents, il est fait mention d’autres plans et d’autres dimensions… d’autres mondes, ainsi que de concepts que nous ne comprenons plus. Une chose est claire, toutes fois. Ils parlent bien de terres et de peuples inconnus. La question n’a plus à être débattue. »

« ... je ne voulais pas en débattre. » Marmonna Gurkan.

Meecham rejoignit une table plus loin. Celle-ci croulait sous les ouvrages et les nombreuses cartes de l’île. Il dit calmement en s’adressant principalement à Andrew : « Ils pacifient la zone de leur débarquement. Sidimote, Kurikat… si je me fie à cette carte… se sont là des zones désertiques, de larges plaines… idéales pour y ouvrir des failles gigantesques pour l’arrivée prochaine de l’armée de Cécrops. »

Gurkan s’approcha et regarda par-dessus l’épaule du Jalanien. Meecham continua : « C’est ainsi que Cécrops procède. Il envois toujours dans un premier temps ce genre de garnisons sécuriser un périmètre autour de la première Faille… car de celle-ci vont surgir au compte goutte plus tard, d’autres garnissons. Et plus tard… certainement dans cette partie désertique de l’île, ils vont ouvrirent d’autres failles, de gigantesques failles capables de faire passer des milliers d’hommes… des centaines de milliers en une seule fois. »

Il croisa le regard d’Andrew : « Pour l’instant, il doit y avoir seulement un millier d’hommes au pied du Mont Kobol… et dans ces milles hommes… deux cents soldats du Fléau et une ménagerie d’éléphants géant de combat. » Il regarda le jeune Karl. « Les hommes que vous avez croisés et qui cartographiaient vos terres, sont charger de cartographier le territoire ennemi, d’y prendre connaissances des ressources, de ses forces et de ses faiblesses, afin de mieux faciliter l’invasion. »

Devant la mine déconfite des l’assemblées, Meecham sourit à moitié et il ajouta sur un ton rassurant : « Heureusement, si on en croit ce que vous nous avez raconté, ils n’ont qu’une sorcière. Ils vont sans doute se cantonner à rester dans la zone du Mont Kobol un moment. Si l’histoire nous à bien apprit une chose, c’est que l’énergie qu’il faut pour ouvrir une faille suffisamment large pour permettre à une garnison de mille hommes de la franchir, est colossale. Trop colossale pour que cette sorcière recommence dans les semaines à venir. »
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Andrew Kant
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MessageSujet: Re: 01 - Quand sonne Winowa.   Ven 28 Mar - 15:23

Andrew écoutait calmement les informations des nouveaux arrivants et le raisonnement de Meecham. La situation n'annonçait rien de bon, même si le jalanien avait raison. Mavican avait eu besoin de beaucoup d'énergie pour la Faille... une sorcière ne pourrait pas utiliser de pouvoir en permanence. Cela leur laissait une semaine, mais malgré l'optimisme timide de Meecham, Andrew, qui avait tendance à voir tout en noir, ces temps derniers, dit avec gravité :

- Cela nous laisse, quoi... une voire deux semaines... Vu la facilité avec laquelle ils sécurisent leur zone d'arrivée, Crécrops ne tardera pas à envoyer deux ou trois sorciers supplémentaires pour augmenter le nombre de soldats pouvant emprunter le passage... Et même si nous parvenons à unir Hanka, Oderne et les autres villages pour constituer une armée, ils seront trop nombreux pour que nous puissions résiter longtemps. Il n'y a pas de guerriers surpuissants, ici, à part à Hanka. Leurs patrouilles sont puissantes. Mais même avec eux, il faut déjà parvenir à les unir à nous et ça... ça prendra au minimum un mois...

- Mais, si c'est plus court, nous aurions une chance de les contenir et même de les repousser.

- Supposons qu'Hanka se rallie à nous dans les délais les plus brefs, nous pourrions créer un avant-poste et y envoyer au fur et à mesure des soldats pour éviter leur progression. Lorsque leur nombre sera suffisant, alors nous pourrons les attaquer.

- Ayez confiance en Pëlos, s'il nous a protégé jusqu'à présent, c'est qu'il veille sur nous tous. Il a conduit ces villageaois jusqu'ici. Je ne crois pas non plus en un Dieu Unique mais, Pëlos semble croire en un peuple uni. S'il nous soutient, nous devrions être capables de résister à cette menace.

Helen parlait avec conviction et même si elle partageait pas les idées de Razelle, elle les respectait quand même. Laë reprit la parole, visiblement, pensive :

- S'ils ont des mages, ils disposent d'un avantage conséquent... il ne faut le sous-estimer... Et puis, les Jalaniens ne sont pas le seul danger... Dorthal doit être lui aussi sur le pied de guerre... mais avec les mages d'Yrilia, nous pourrions gagner un léger avantage à notre tour...

- L'ennui, c'est que vos sous-fifres ne vous obéissent plus et qu'ils veulent nous voir morts. Au moins Kirion sera satisfait comme ça, il pourra danser sur nos cadavres et raconter des blagues à Dorthal sur la façon dont il nous a traité.

Kant avait usé d'un ton froid et sec. Et c'était en partie pour ça que la Reine ne lui avait toujours pas parlé de l'ombre. De toute façon qui l'aurait cru, à part Meecham et peut-être Helen ? Elle baissa simpleemnt les yeux, et se tut. Constatant que l'ambiance était plus froide Helen annonça :

- Razelle, Karl, si nous devons faire face, nous avons besoin de votre aide en retour. Vos peuples ont souffert mais la division ne ferait que les mener à une mort certaine. Une guerre s'annonce et nous aurons beosin de guerriers, tout autant que de guérisseurs...

- Nous avons perdu du temps... j'ai perdu du temps... Lydée se reconstruit peu à peu mais nous devons nous concentrer sur cette nouvelle menace et commencer à résister dès maintenant.

Andrew eut un regard vers Gurkan et poursuivit :

- Il faut rassembler le plus de gens possible.

Il regarda la carte et désigna les points au fur et à mesure qu'il s'expliquait :

- Nous devrions commencer par rallier les plus petites communautés, les villages au nord, Powona, Thunket puis Elidas. Pour les villages au sud de Kurikat et Sidimote, nous pourrions demander l'aide d'Hanka, vu qu'il sont plus près d'eux. Il faut rallier les hankiens à nous, en premier. Leur puissance militaire est supérieure à celle d'Oderne et ce sont ceux avec qui nous avons le moins d'affinités. Si nous parvenons à trouver un accord, le plus difficile sera fait.

- Qui et quand ? La mission est dangereuse, il faut prévoir des soldats pour protéger les émissaires. Sinon Hanka les réduira en esclavage.

- J'irais à Hanka...

- Pas question ! Ce serait tenter Kobol...

- Après tout ce que nos communautés éprouvent l'une envers l'autre, je pense que l'on peut mettre de côté notre fierté et envoyer le chef de Lydée leur demander de l'aide. Je ne suis pas Boric, si nous voulons être crédibles, il faut tendre la main en toute humilité. Hanka ne nous prendra pas au sérieux si nous envoyons des représentants.

Il n'avait pas tout à fait tort. Mais les choses se bousculaient. Peut-être s'étaient-ils trop reposés sur leurs lauriers... Quoiqu'il en soit, le débat était ouvert et Kant, le savait, il serait difficile de mettre tout le monde d'accord.
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MessageSujet: Re: 01 - Quand sonne Winowa.   Ven 28 Mar - 20:28

Brusquement, Gurkan intervenu. Il parla si fort que Razelle en sursauta de surprise et renversa son gobelet d’eau. « Helen à raison, Kant ! Il n’est pas question que tu ailles à Hanka. Ils ne respectent rien ! Aucune hiérarchie ! Que tu sois un idiot de chasseur sans importance ou le Chef de Lydée, ils s’en moquent. Ils ne glorifient que les guerriers… que les hommes durs et forts. Tu n’es pas sans savoir qu’ils vouent un culte à la violence, à la force et à la discipline. »

Même si une paisible animosité régnait entre Gurkan et Andrew, les deux hommes restaient tout de même courtois l’un envers l’autre. La gloire de Lydée et de la population passaient avant leurs griefs. Les seules rares discussions qu’ils partageaient ensemble depuis deux mois étaient toujours et exclusivement tournées vers Lydée. Jamais plus ils ne s’étaient parlés comme deux anciens camarades.

D’une voix paniquée, Alcin dit : « Vous n’y pensez pas sérieusement, Andrew. Tout homme peut être esclaves là-bas… S’il ne se bat pas pour sa liberté, c’est qu’il ne mérite pas d’être libre. La première chose qu’ils vont faire, c’est tenter de vous asservir ! Vous sentez vous capable de vous défendre ? Vous devrez certainement tuer de sang froid afin de prouver que vous êtes déterminé. La pitié et la clémence seraient signes de faiblesse. » Il laissa échapper un sourire triste. « Pardonnez-moi, Andrew, mais je ne vous vois pas faire couler le sang. »

Toujours d’un ton ferme, Gurkan renchérit : « En plus, tu sembles oublier qui tu es désormais ! Tu es ici le seul capable de tuer les… » Il se coupa, jetant un bref regard à Karl et à Razelle, puis il reprit : « … les qui-tu-sais. Nous n’allons pas risquer de te perdre aux mains des Hankiens. Ce n’est pas une question de fierté ou même d’honneur, mais une question de bon sens. Tu es trop important pour risquer ta vie là-bas. Même si je voue une haine débordante pour les Hankiens, j’irais moi-même… avec quelques hommes… les sommer de nous rejoindre dans cette guerre contre l’armée de Cécrops. »

L’atmosphère était tendue. Gurkan et Andrew se tenaient tête et si les deux hommes auraient possédé le pouvoir d’allumer des feux avec les yeux, un brasier indomptable serait sans aucun doute entrain de ravager le palais à l’heure actuelle. Afin de décrisper les deux hommes, Meecham s’approcha d’Andrew, puis il dit : « J’aimerais revenir sur un point. Il est évident que nous manquerons toujours de force militaire et qu’il nous faut pour espérer tenir tête à l’armée de Cécrops, également posséder une puissance magique. En apprenant l’histoire de votre monde et de vos communautés en compagnie de Jewel, il m’a semblé entendre qu’il existait des mages à Hanka… »

Gurkan rectifia : « Des Augures… »

Alcin hoqueta : « Je ne dirais pas que les Augures sont des mages. Certes, la magie qu’ils manipulent est présente, mais c’est une magie primitive, sauvage, brutale et dénuée de lois. Ils ne peuvent atteindre raisonnablement le rang de mages, et face à de vraie maître initié à la magie pure, ils ne font pas le poids. Les Augures ne nous sont d’aucune utilité. »

Le guerrier jalanien répondit : « Sur ce point, nous divergeons. Peut-être que face à des mages, oui ils ne valent pas grand-chose, mais face à une armée d’hommes, de simples hommes, je pense que leur magie, même primitive, peut être utile. Elle peut leur donner du fil à retordre. »

« Se tourner vers ce genre de magie n’est pas une bonne chose. »

« En temps de guerre, il faut savoir faire des sacrifices, Alcin. » Railla Gurkan d’un ton ferme, puis il se tourna vers Andrew : « Je suggère que tu ailles t’occuper de Powana et de Thunket avec qui tu veux, pendant que j’irais avec quelques hommes et Meecham à Hanka. »

Karl se leva brusquement. « Quoiqu’il en soit, le peu de mes hommes encore en vie sont à votre disposition, Chef de Lydée… tout comme nos derniers centauris… bien que j’espérais pouvoir garder quelques étalons et quelques femelles pour la reproduction. »

Razelle se leva à son tour et regarda Andrew fixement : « Nous en avons longuement discutés avec les Anciens en venant à votre rencontre. Nous étions conscient qu’il nous serait demandé de prendre part à cette guerre qui s’annonce contre le Chaos. Nous ne sommes pas des guerriers, mais nous sommes d’habiles paysans, et nous pourrions nous rendre utiles à notre façon, sans pour autant parcourir les champs de batailles une épée à la main. Aucune terre n’a de secret pour les nôtres… tout pousse grâce à notre savoir, et nos baumes soulagent les maux. »
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MessageSujet: Re: 01 - Quand sonne Winowa.   Lun 31 Mar - 14:54

Andrew regardait Gurkan avec des yeux qui ne cachaient pas ses sentiments. En clair, s'il avait pu lui mettre son poing sur la figure, il l'aurait fait. La petite remarque sur les hommes forts et durs avait touché dans le mille la susceptibilité du chef de Lydée. Que sa décision fasse débat, il le comprenait même si sa patience disparaissait peu à peu... mais que Gurkan s'en prenne à ce qu'il vivait, ça, il l'avalait très difficilement. Et oui, le guerrier n'avait surement pas cherché à le froisser, mais Kant avait interprêté ses propos de façon brutale. Il y voyait là une remarque acerbe concernant la santé de Logan et le fait qu'il s'en soucie beaucoup. En gros, Gurkan avait mis le doigt sur le plus gros point faible d'Andrew : son fils. Laë qui jusqu'à présent n'avait pas montré de motivation quelconque annonça :

- Gurkan, Meecham, vous pouvez compter sur une personne supplémentaire. J'irais à Hanka.

Andrew resta stupéfait. Mais de plus en plus exaspéré, il roula des yeux et frappa sur la table où étaient posées les cartes. Sa voix calme bien que légèrement tremblante, suffisait à faire taire les autres :

- Vous, si vous voulez vous faire tuer, alors allez-y, suivez-nous et puis qu'on en finisse.

- Pourquoi devrais-je mourir ?

Et pour la première fois, Laë montrait des signes d'agacement elle aussi. Andrew lui répondit au tac au tac :

- Vous êtes une femme ! Qui pensez-vous convaincre une fois à Hanka ? Ils feront de vous une prostituée, histoire de tuer leur temps !

En toute réplique, la reine lui offrit un sourire mystérieux et ajouta :

- Qui a dit que je me laisserais faire ? Vous me sous-estimez, uniquement parce que je n'ai pas d'attributs qui pendouillent entre mes cuisses. De toute façon, cette décision ne concerne que moi, je suis ici en alliée pas en esclave, par conséquent, j'ai le choix de vous obéir ou pas. Je ne pense pas qu'il ait été question que je sois votre vassale !

Kant lui lança un regard noir, profondément indigné. Helen en revanche, ne put réprimer un léger rire. Bien qu'elle soit prêtresse, elle avait toujours défendu avec un point d'honneur l'égalité des femmes avec les hommes dans le village. Et même si elle devait le respect à Andrew, elle était d'accord avec Laë.

- Vous avez raison, dans ce cas, les soldats ne seront pas chargés de vous protéger, il vous faudra subvenir à votre protection toute seule !

- Soit ! Si cela est nécessaire, je me défendrais moi-même. Mais, vous semblez oublier que de là où je viens, nous avons quelques savoirs de base, même si nous sommes pacifistes. Ne craignez pas pour ma survie, inquiétez-vous plutôt de la votre, Andrew !

Le visage de Kant vira au rouge et les muscles de sa machoire se crispèrent. Une veine battait à sa tempe droite et il explosa :

- J'irais à Hanka, si je le décide ! J'ai été désigné comme chef pour prendre des décisions alors je m'en occupe ! J'irais à Hanka avec Gurkan, Meecham et des guerriers. Pour Powona et Thunket, ces villages ne nous sont pas hostiles, les rallier ne devrait pas relever d'une grande difficulté. Kodo, tu pourrais t'en charger. Ils ont toujours eu un respect énorme pour les Qwels. Raconte-leur la vérité, sauf sur ce que tu sais...

- D'accord.

Kodo fit un signe de tête d'approbation tandis qu'Helen, Alcin et Gurkan désapprouvaient. Andrew poursuivit, un peu moins calme :

- Pour te répondre, Gurkan, je sais me défendre et je n'ai pas dans l'intention qu'ils me glorifient. Je me battrais pour ma liberté, car je n'ai pas l'intention de me rendre ! Au final, nous nous battons tous pour notre liberté. Je préfère cent fois aller à Hanka que me rendre dans Jalane pour y être tué par Thorin ! Ma décision est prise et elle est définitive, j'irais à Hanka, que ça plaise, ou pas.

- Tu es un imbécile ! Si nous te perdons toi, à quoi cela servira d'aller combattre Thorin ?

Piqué au vif, Andrew répondit sur un ton sec et venimeux :

- Et bien, si vous doutez, il ne fallait pas me désigner ! On peut reprocéder à un vote si ça vous chante ! La question n'est même pas que je sois chef de Lydée ou pas ! Même si je ne l'étais pas, vous ne voudrez pas que je vienne... je ne suis pas fort et dur, sinon, je ne passerais pas deux mois de ma vie à veiller sur mon fils mourant, non, j'irais me battre contre des je-ne-sais-pas-quoi sans m'en soucier. Si vous ne me faites pas confiance, alors, je laisse tomber le commandement de Lydée et vous pourrez élire qui vous plaira !
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MessageSujet: Re: 01 - Quand sonne Winowa.   Lun 31 Mar - 16:46

Excédé, Gurkan serra les poings, puis il cracha d’un air méprisant : « Ne sous pas stupide ! Tu n’as rien compris ! Nous craignons simplement de perdre la seule personne qui pourrait faire réfléchir à deux fois Thorin de nous attaquer. Tu es important, Kant, j’espère que tu t’en rends compte. Alors, oui, c’est toi le chef de Lydée, et si tu souhaites venir à Hanka, nous accepterons ta décision… » Un élan de protestation de la part d’Helen et d’Alcin s’éleva mais il retomba aussitôt le lourd regard de Gurkan froncer. « … Si elle est mûrement réfléchie et non prise sur un coup de sang. » Il planta son regard profondément menaçant dans celui de Kant : « J'espère que tu ne fais pas ça pour nous prouver quoique ce soit. Un conseil… si tu dois tuer pour ta survie… tue. Sans états d’âmes… car ils n’en auront pas pour toi. »

Alcin soupira : « Faites-vous vraiment le bon choix Andrew ? Car, il n’y a rien de mal à rester au chevet de votre fils. »

Puis, tout à coup, la lourde porte de bois s’ouvrit et Déjanire pénétra dans la pièce, des parchemins dans les mains. Son beau chignon de cérémonie semblait avoir été secoué dans tous les sens. Elle s’approcha d’Andrew : « Nous avons commencé le recensement. Ce sont là, les noms de toutes les personnes présentes dans le Grand Hall… »

Après une longue discussion d’une heure, l’état des lieux, des nouveaux arrivants et des nouvelles ressources fut consigné dans d’épais parchemins par Helen, Déjanire et Alcin. Karl et Razelle furent très coopératifs, acceptant de se soumettre à toutes les questions des Lydéens afin de prouver leur bonne foi. Laë qui pouvait lire les pensées de surface, affirma à plusieurs reprises leur entière sincérité.

Les nouveaux arrivants étaient au nombre de deux cent vingt-six. Cent soixante-dix Sidimotiens pour cinquante-six Kurikanais. Karl possédait dix-neuf guerriers, quinze centauris, un joli stock d’armes et quelques vivres. La majeure partie des Sidimitiens se trouvaient être des paysans, alors qu’une vingtaines d’entres eux étaient des religieux de Danaé et des guérisseurs. Razelle et les siens avaient apporter de nombreuses plantes, graines et autres tubercules qu’elle affirmait pourvoir faire pousser dans n’importe quelle terre. Alcin fut ravi d’une telle nouvelle et ne le cacha pas.

Au final et après compte, la cité comportait trois cent soixante et une âmes, tous peuples confondus. Il avait été décidé que les femmes et les enfants resteraient dormir au palais avec les Lydéens sans domiciles, tandis que les autres resteraient sous des tentes sur la grande place de Ténolas. Avec l’aide de Déjanire, Razelle et Alcin tentèrent de trouver à tout un chacun un rôle à tenir dans la communauté. Un grand nombre d’hommes fut affectés à la rénovation des bâtiments de la ville sous les ordres de Garrett et de Korelus, tandis qu’une autre partie se concentrerait sur l’agriculture et l’irrigation des nouvelles terres cultivables. Quant aux guérisseurs, ils resteraient au palais et soigneraient les blessés. Karl avait même acceptés, non sans une certaine appréhension, d’offrir les services de ses derniers guerriers.

Debout devant la table à fixer une carte les bras croisés, Gurkan, Andrew, Kodo, Helen et Meecham se questionnaient sur la bonne marche à suivre des opérations. Combien d’hommes devaient-ils emmener ? Ils étaient à l’écart des autres dont l’attention était réclamée par une Déjanire autoritaire.

Gurkan s’adressa à Andrew d’un ton bas : « Je n’aime pas l’idée de laisser la cité aux mains d’étrangers que nous connaissons à peine. Nous ne pouvons pas monopoliser un maximum de nos guerriers pour nous accompagner. Nous devrions utiliser ceux de Karl… même si je doute qu’ils soit aussi habilles et performants que nos hommes. »

Meecham demanda doucement : « Malgré ce que Laë à affirmer sur leur sincérité, vous ne leur faites pas confiance ? »

« Je ne fais confiance qu’aux Lydéens, Meecham. » Railla le guerrier. « Si nous ne laissons pas suffisamment de nos guerriers ici, qu’est-ce qui les empêcherait de nous voler le commandement de la cité ? »

Meecham comprenait. « Ils semblent pourtant dévoués à notre cause. »

« Ça, nous verrons bien. » Gurkan se tourna vers Andrew. « Je propose d’utiliser cinq de nos guerriers et une dizaine de ceux de Karl. Pour accompagner Kodo, deux des guerriers de Karl devraient être bien assez. »
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MessageSujet: Re: 01 - Quand sonne Winowa.   Lun 31 Mar - 19:58

Un étendard pourpre et argent flottait au sommet de la plus haute tour du palais. Ce dernier avait été construit en granit scrupuleusement taillé. Dans la cour principale une foule était rassemblée. Au milieu, un autel de bronze était entouré de silhouettes encapuchonnées. Tout semblait silencieux, presque étouffant. Dans la salle du trône, où coulaient mille fontaines, quelques chandelles de bronze éclairait un homme aux traits fins, assis sur le rebord de marbre d'une vasque.

- Maître, le peuple attend votre discours.

- Qu'il patiente ! J'attends une affaire urgente !

- Mais, cela fait deux heures que vous m'avez dit la même chose. La foule s'impatiente...

Dorthal posa son regard vers son interlocuteur. C'était un homme âgé, dont le visage était ravagé de cicatrices, à tel point qu'il était hideux à regarder. Mais, le nouveau Roi posa se leva avec une habile élégance et s'approcha de lui pour poser sa main gantée sur son épaule. Debout, il paraissait très élancé, mais aussi d'une maigreur extrême. Ses longs ceveux bruns descendait en cascade jusqu'à ses omoplates. Il reprit la parole, d'une voix compatissante :

- Dis-leur que s'ils n'ont pas le temps d'attendre mon discours, qu'ils montent sur l'autel et subissent le châtiment réservé aux traîtres...

- Mais...

- Cela fait beaucoup d'injonctions dans tes dialogues, vieillard ! La Reine Laë n'est guère ici, alors, je tâche de conserver ses anciens conseillers à côté de moi. Ce serait bien désagréable pour moi de me séparer de quelqu'un dans ton genre... ne m'y force pas.

- Bien... maître...

Le vieil homme sortit de la vaste salle et Dorthal esquissa un sourire en coin. Il reprit sa place sur le bord de la vasque et attendit. Dix longues minutes passèrent, dehors des murmures commençaient à faire un léger brouhaha. Aussi subitement qu'un coup de foudre, les rideaux se tirèrent dans un courant d'air et les flammes s'éteignirent. Plongée dans l'obscurité, la pièce devint soudainement silencieuse. L'eau avait cessé de couler. Un sifflement s'élèva alors :

- Mon rapport...

Dorthal soupira et claqua des doigts. Presqu'aussitôt une lueur bleue apparut et éclaira les choses autour de lui. Juste en face, une ombre d'une noirceur insondable et la taille d'un homme vacillait. Elle avait des contours indistincts.

- Bien... je commençais à croire que tu avais oublié ton pacte avec moi...

- Parfois, j'aimerais... je ne suis pas ici pour manifester le moindre signe d'affection à votre égard. J'accomplis ma part du contrat, et vous la vôtre.

- Quelle affection tu me portes ! C'est touchant... alors, fais-moi donc ton rapport, que l'on en finisse... où est ce chien de mage ?

- Ce n'est pas un mage... un simple humain, touché par un pouvoir immense dont il ne mesure pas les infinies possibilités...

Le regard animé d'une lueur curieuse, Dorthal questionna :

- Un pouvoir ?

- Oui... mais, vous ne m'avez pas convoqué pour que je vous parle de ça... j'accomplirais juste ma mission, et ensuite, vous me renverrez.

- Non ! J'exige que tu parles sur ce maudit pouvoir ? Qu'est-ce qu'un humains peut-il avoir de si grand en lui pour disposer d'un capacité immense ?

- Ce n'est pas ce pourquoi je suis là.

Rageur, le Roi donna un coup violent dans une vasque qui se brisa en deux. Il pointa un doigt vers l'esprit et demanda, d'un ton haineux :

- Ton rapport alors !

- Les membres de sa patrie ont usé de leurs méthodes archaïques pour reconstruire leur village ailleurs... A Ténolas...

- QUOI ? Des traîtres, meurtrier dans la cité de mes ancêtres ??? LES FILS DE CHIENNE !!!

Et il brisa avec une violence inouïe une autre vasque. L'esprit, avec une indifférence exemplaire, poursuivit :

- Ils se battent pour la même cause que nous. Leur chef veut rallier l'ensemble des Sulas.

- Tss... Quel bel utopiste ! Cet imbécile sera mort avant d'avoir essayé.

- La Reine Laë est auprès d'eux.

- TRAITRESSE !!!

- Je persiste à croire qu'elle est sage et réfléchie. J'attends maintenant que vous accomplissiez ce pour quoi j'ai accepté de vous aider.

- Tue-le ! Tue cet humain et envoie son pouvoir dans le chaos !

- Non... j'ai accompli ma mission, vous vouliez des informations, en voilà. Maintenant, j'exige que vous prononciez l'incantation.

- Tu seras bien obligé de tuer un être humain innocent pour retourner en paix auprès des autres...

- Oui, mais ce choix-là m'appartient et j'ai déjà repéré ma cible...

- Très bien... Kol'arth nirem jolak !

Aussitôt qu'il eut prononcé ses l'esprit disparut, les flammes se rallumèrent laissant Dorthal dans la salle. Il emjamba les débris de vasque et se dirigea vers le balcon. Aucun applaudissement n'accueillit son arrivée mais les bruits cessèrent. Sa voix cristalline raisonna alors dans toute la cour, audible de tous :

- Amis et frères ! Il m'a été difficile de venir parler en ces lieux... Je respect trop cet endroit pour ne pas m'en vouloir. Mais, Yrilia connait des jours bien sombres... J'ai appris d'un esprit fidèle que notre Reine avait rejoint l'ennemi... ces... meurtriers... Ma déception est terrible... mais, nous ne devons pas céder à l'abandon. Ces assassins paieront pour le sang que le mage qu'ils nous ont envoyé a versé ! VENGEANCE !

Le mot trouva son écho dans la foule qui applaudit à tout rompre. dorthal retourna à l'intérieur, un indéniable sourire sur les lèvres. Il serra son poing gauche et dit à lui même :

- Tremblez... souffrez comme mon peuple... je n'aurais de cesse que de vous avoir exterminés jusqu'au dernier...

******

- Excellente idée, bien qu'à mon avis nous n'ayons pas grand chose à redouter de leur part. Ils me semblent honnêtes. Mais, tu as raison, je crois que nous devrions être prudents. En mon absence, Déjanire s'occupera du Lydée, après tout, elle s'est très bien débrouillée, jusqu'à présent.

- De toute façon, même avec peu de guerriers, nous disposons de beaucoup d'hommes, plus ou moins forts. Avant que nous arrivions aux ruines, nombre d'entre eux ont combattus pour protéger les survivants. Et croyez-moi, je ne me serais aps doutée que de simples artisans ou de simples prêtres pouvaient manier aussi bien une arme coupante.

- Kodo être certain qu'eux ne pas avoir mauvaises intentions. Mais prudence s'imposer.

- Parfait, alors. Nous ferons comme ça pour les guerriers. Il faudra quand même éviter leur mort. Moins nous subirons de perte maintenant et plus forts nous serons pour la suite.

- Vous devriez prendre aussi un ou deux guérisseurs... avec vous. Avec la mort de Koah, vous n'aurez aucune personne susceptible de vous aider dans votre voyage. Un ou deux hommes de Razelle pourrait nous être utiles à tous.

- Bonne idée. Nous en prendrons deux, ce devrait être suffisant et cela ne vous pénalisera pas dans votre travail...

- Je persiste à dire que c'est une idée folle, Andrew, tu devrais rester ici.

- Non... je dois aider à cette alliance. Si je viens, nous serons plus crédibles.

Andrew posa son regard sur Gurkan. Le guerrier avait eu raison, il agissait un peu par fierté mais personne n'arriverait à le faire changer d'avis... aussi têtu qu'une mule, aurait dit, son regretté ami, Guerel.

- On devrait peut-être sélectionner aussi quelques archers. Les tigres blancs sont dangereux et ils sont sur notre route.

- Mis à part toi... je ne vois pas grand monde qui puisse tirer correctement avec un arc.

Kant lança un coup d'oeil à Helen puis regarda à nouveau Gurkan :

- Tu as une idée ? Peut-être que Karl dispose de quelques archers...
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MessageSujet: Re: 01 - Quand sonne Winowa.   Lun 31 Mar - 21:46

Gurkan opina, mais avant qu’il ne puisse répondre, Meecham prit la parole. Le jalanien souriait à mi-lèvres d’un air plutôt fier. Il dit : « Andrew, vous semblez oublier que vous possédez mon arc. Sans vous égalez pour autant, vous qui avez tuer Mavican, je peux me vanter être un assez bon archer tout de même. » Il se gratta le menton. « Et s’il vous faut une experte en lancée de dagues, Fazina est redoutable. Mais je préfèrerais qu’elle reste ici à veiller sur Poméra… » Il détourna le regard. « … et Jewel. »

Les autres échangèrent un regard entendu, à mi-chemin entre l’amusement et la taquinerie. Kodo battit des paupières rapidement, les yeux faussement tendres, ce qui fit rire à demi Gurkan. Meecham se renfrogna, n’appréciant visiblement pas cette vague d’amusement à son égard.

Le grand guerrier métissé dit d’un air indifférent : « Il me semble avoir vu quelques archers de Karl tout à l’heure. Je m’occupe de rassembler les hommes avec lui. Nous serons près à partir à l’aube. » Il fixa Andrew d’un regard froid. « D’ici, là… prends les dispositions nécessaire au cas où tu ne reviendrais pas, Kant. »

Et après une réunion récapitulative où Andrew donna des ordres précis mais surtout, non discutables, ils prirent conger. Alcin partit s'occuper des rations et Gurkan s’en alla avec Kodo, suivit d’un Karl entendu qui finissait rapidement son gobelet de bière. Lorsqu’ils franchirent les portes, la musique traditionnelle leur parvenu du Grand Hall. Après s’être légèrement incliné, Meecham rejoignit la table où Déjànire reprit d’énoncer un à un les nombreux objectifs à atteindre ce mois-ci. Razelle était exaltée par tant d’idées ingénieuses. Le courant entre les deux femmes semblait passer assez bien, si bien que plusieurs fois elles partirent dans un fou rire qu’elles seules pouvaient en comprendre la subtilité.

Assit près de Laë, Meecham murmura après s’être assurer que personne ne l’écoutait : « Vous devriez peut-être penser à rester Votre Altesse. Vous seule pouvez voir cet esprit qui rode autour des malades. Vous ne devriez pas partir. Vous devriez rester à son chevet et veiller sur lui jusqu’au retour d’Andrew. » Il fit un regard désolé. « Loin de moi l’idée de vous ordonnez Votre Altesse, et pardonnez-moi mais je me sentirais plus serein si je savais qu’une puissante Ensorceleuse veillait sur la communauté. »

Lorsque Jewel entra une carafe d’eau serrée entre les mains, aussitôt elle plissa les yeux lorsqu’elle vit Meecham un peu trop près de Laë. Le regard du jalanien croisa celui de la jeune femme un instant. Cependant, Jewel ne s’approcha pas de lui. Elle se contenta de rejoindre Andrew qui était assit en compagnie d’Helen à la table des cartes. D’une douce voix un peu effrayée, elle demanda :

« C’est vrai ce qu’on raconte dans le Gra